Envoyer à un ami | Version à imprimer | Version en PDF

Oran: Les cinq cadres de STH maintenus en détention

par Houari Saaïdia

La chambre d'accusation de la Cour d'Oran a statué hier sur les appels formulés contre les ordonnances du juge d'instruction dans l'affaire STH. Ainsi, les avocats de la défense ont été déboutés dans leur demande de remise en liberté des cinq cadres placés en détention provisoire, dont le P-DG de cette filiale de Sonatrach. En effet, l'instance judiciaire a confirmé les décisions du magistrat instructeur, en vertu de quoi le P-DG ainsi que quatre autres membres du staff dirigeant seront maintenus en détention jusqu'à nouvel ordre. Les quatre autres cadres incarcérés depuis le 25 novembre dernier sont le directeur régional, le directeur général adjoint, le directeur technique et le chargé des affaires juridiques, rappelle-t-on. Néanmoins, le collectif de défense a réussi à limiter les dégâts, pour ainsi dire, et ce en réalisant un objectif partiel, celui de la confirmation de la liberté provisoire accordée aux trois autres accusés, à savoir le directeur des finances, le DRH et le chargé de la sécurité interne. Ceux-ci faisaient l'objet d'un recours formulé par le parquet, qui avait requis contre eux le mandat de dépôt.

 Il est à rappeler que ces cadres de la Société d'exploitation et de gestion des terminaux marins à hydrocarbures, filiale du groupe Sonatrach qui en détient 60% des parts du capital social, sont poursuivis pour «passation de marché non conforme aux dispositions du code des marchés publics», notamment. L'affaire est relative à des transactions suspectes, conclues par la STH à coups de devises fortes avec des opérateurs étrangers, pour la fourniture d'équipements, dont notamment des flexibles pour le chargement du pétrole et du gaz dans les navires ainsi qu'un lot de matériel destiné au renforcement de la sécurité industrielle des installations pétrochimiques dans l'infrastructure portuaire. En bref, il est reproché à l'ancien staff dirigeant de cette entreprise, créée en 2003 et opérationnelle en 2004, «d'être passé outre le code des marchés publics qui oblige le contractant public à lancer un appel d'offres lorsque le montant du marché dépasse les 8 millions de DA et d'avoir surfacturé a posteriori certains articles de la commande».

 De leur côté, les mis en cause soutiennent que leurs démarches étaient dans les règles et obéissaient au texte en vigueur, la circulaire ministérielle A408 R15 du 12 octobre 2004 en l'occurrence, qui «définit le recours au gré à gré sous certaines conditions», selon eux.