
La décision de justice datant du 10 septembre relative à l'expulsion de
l'Unité des moulins d'Oran d'Eriad Sidi Bel-Abbès, sise à Oued Tlélat, sera
exécutée dans une quinzaine de jours. C'est ce que vient de nous apprendre un
membre du conseil syndical de cette entreprise. Notre interlocuteur ajoute que
le notaire ayant établi l'acte de propriété au profit de l'Union des
coopératives agricoles (UCA) s'est rétracté après avoir fait une investigation
au niveau de la conservation foncière de la wilaya d'Oran concluant que le
droit de l'UCA sur cette unité n'est pas fondé. Dans un document remis à la
justice et datant du 22 novembre dernier, le notaire en question rappelle les
documents qui lui ont servi de base pour l'établissement de l'acte de propriété
au nom de l'UCA dont une copie du procès-verbal émanant de la réunion du
conseil d'administration tenu le 1er décembre 1954 qui a décidé du changement
d'appellation de la société des docks de Sainte Barbe-du-Tlélat (SICA) en Union
des coopératives agricoles (UCA), ainsi que le statut de création approuvé par
son assemblée générale du 20 mars 1977. Le notaire précise qu'en raison de la
destruction des documents, suite à un incendie qui a ravagé le bâtiment
contenant toutes les archives de la conservation foncière durant la période
coloniale, il était impossible de vérifier l'authenticité des documents
fournis. En plus, même au niveau du cadastre, il était également difficile de
situer le statut juridique de ladite assiette d'une superficie de près de 3
hectares. Or, fait remarquer le notaire, la minoterie affectée en 1964 à la SN
Sempac fait partie du terrain en question. Pour la genèse, le conflit entre les
Moulins d'Oran et l'Union des coopératives agricoles (UCA) porte sur l'assiette
foncière de l'ex-ferme Rivas Marie Manuda affectée après l'indépendance à
l'UCA, pour les silos et l'actuelle minoterie au profit d'ERIAD. Selon le
syndicat, l'acte notarié ayant servi de base pour cette mesure présente des
carences du fait qu'il a été établi uniquement à partir d'un transfert de
propriété datant de 1951 de ladite ferme au profit de la SICA, une entreprise
coloniale chargée de la gestion des docks et qui donna naissance à l'UCA après
l'indépendance. Or, ce transfert établi est constitué d'un dossier composé des
différentes décisions d'affectation au profit de l'ex-SN SEMPAC à partir de
1965 et l'ex-propriétaire a été indemnisé. Pour l'histoire, ce transfert au
profit d'une entité économique de l'ère coloniale devenait caduc suite à la
décision de nationalisation du 22 mai 1964 englobant toutes les minoteries du
pays pour donner naissance à la SN SEMPAC, dont l'ex-ferme aujourd'hui au
centre de ce conflit. Par ailleurs, l'exploitation de ce site, sur lequel la
filiale a investi pas moins de 30 milliards de cts pour la construction de 12
silos, a été confirmée au profit de l'entreprise publique par arrêté
ministériel publié au JORA du 17 janvier 1978 et signé par l'ancien ministre de
l'Industrie et de l'énergie, Belaïd Abdeslam. A signaler que l'unité, la seule
unité publique de production de semoule pour la wilaya d'Oran, emploie 184
travailleurs et produit 3.000 quintaux par jour.
Contacté à cet effet, le
directeur de l'UCA a indiqué que son entreprise n'a fait que demander son droit
de restitution des biens qui lui reviennent de droit au même titre que la
restitution des terres agricoles nationalisées dans le cadre de la révolution
agraire à leurs propriétaires. Pour notre interlocuteur, certes la justice a
tranché en faveur de l'UCA, mais une solution à l'amiable reste possible et que
la porte du dialogue avec les responsables des Moulins d'Oran reste ouverte.