
Des incidents ont été enregistrés hier lors du sit-in des enseignants
contractuels membres du Conseil national des enseignants contractuels au niveau
du siège du ministère de l'Education nationale. Ces derniers, après s'être
rassemblés, en espérant être reçus par le ministre de tutelle en vain, dans la
matinée, ont décidé d'organiser une marche vers El-Mouradia, mais ils ont été
empêchés d'y accéder avant d'être matraqués par les forces de l'ordre qui
quadrillaient les lieux. Plusieurs enseignants, pour la majorité des femmes,
qui scandaient des slogans liés à leurs revendications ont été malmenés,
bousculés. Certains enseignants ont été blessés et évacués à l'hôpital. Dans la
foulée, un jeune photographe reporter dans un journal, qui couvrait le sit-in a
été frappé, puis embarqué dans un fourgon et retenu pendant deux heures, selon
son témoignage. Le film de son reportage a été détruit. Un rassemblement de
journalistes a été tenu, l'après-midi, dans l'enceinte de la Maison de la
presse Tahar Djaout pour dénoncer «l'abus d'autorité et l'usage de la violence
contre les journalistes». Une plainte sera déposée par la FIJ pour exiger
l'ouverture d'une enquête. Idir Achour, secrétaire général du Conseil des
Lycées d'Algérie (CLA) s'est dit outré par cette répression qui n'épargne
personne. «Nous allons récupérer la rue, a-t-il déclaré, qui nous appartient et
ni les intimidations du ministre et ni l'abus de pouvoir ne nous arrêteront, au
contraire, nous allons persister et radicaliser notre mouvement. Nous allons
vers la paralysie totale du secteur de l'Education à partir de la semaine
prochaine. La situation à laquelle nous assistons conforte le retour de la
dictature, les enseignants sont reçus par la bastonnade et même les
journalistes ont été malmenés. C'est inadmissible. Il faut dire que
l'intégration et la régularisation des enseignants contractuels fait partie de
nos revendications et nous ne laisserons pas faire», dira-t-il. Pour rappel,
les enseignants contractuels n'en sont pas à leur premier mouvement de
protestation, cela fait des années que leur problème est pendant. Les
contestataires ont estimé que la seule issue demeure leur intégration. «Qu'ils
règlent leur problème entre eux, ont-ils affirmé, mais il ne faut pas nous
prendre en otages». Certains sont dans l'attente d'une régularisation de leur
situation depuis plus de 7 ans. «Une conférence de presse est organisée
aujourd'hui pour déterminer les actions à prendre», nous a dit le secrétaire
général du CLA.