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Les syndicats autonomes fêtent le 1er Mai

par S. E. K.

L'intersyndicale de la fonction publique (IAFP) a fêté le 1er Mai à sa manière. Autant, disent ses représentants, que les syndicats autonomes se réclament une représentativité dans leurs secteurs respectifs, autant ils sont confinés aux oubliettes. Représentants de syndicats autonomes (Cnapest, CLA, CNES (coordination), SATEF, SNAPAP, syndicat des contractuels...) rejoints par des représentants de partis politiques (FFS, RCD, CCDR, MDS), de la ligue des droits de l'homme LADDH ainsi que des représentantes d'associations féminines ont célébré jeudi dernier le 1er Mai dans la nouvelle structure appelée «Maison des syndicats», située dans le quartier populaire de Bel Air (Glacière) dans la commune de Bachdjarah. Un espace qui abritera dorénavant les activités des syndicats autonomes. «Non aux atteintes aux libertés syndicales, pour le soutien aux syndicalistes réprimés pour activités syndicales et pour une solidarité active pour la défense du pouvoir d'achat», pouvait-on lire sur des banderoles accrochées aux murs de la salle. Ce sont les thèmes qui ont fait l'essentiel des interventions. Prenant la parole, les représentants syndicaux sont revenus sur les luttes ouvrières à travers le monde, couronnées d'acquis sociaux grâce aux combats des travailleurs. Un retour en arrière menace de plus en plus ces acquis, selon les intervenants. Fermetures d'entreprises économiques et mises au chômage des travailleurs, paupérisation de larges couches sociales, nivellement des salaires par le bas, remise en cause du service public et des libertés syndicales considérées comme le «moteur qui conditionne toutes les libertés sont les réelles menaces sur les travailleurs dans notre pays», estiment les participants.

Dans ce contexte, l'on relève des témoignages de travailleurs de Hassi Messaoud qui font état de licenciement abusif par leur employeur (filiale d'une entreprise étrangère) pour avoir créé en toute légalité un syndicat. Les travailleurs au sein de cette entreprise, selon un témoignage, «vivent une situation d'apartheid». Une entreprise «qui n'a rien investi et qui gagne des millions de dollars». Un témoignage qui met au devant de la scène la question du respect des libertés syndicales par les entreprises étrangères. «Comment voulez-vous que les entreprises étrangères respectent les libertés syndicales lorsque celles-ci sont piétinées par nos compatriotes ?», s'est interrogé un syndicaliste.

La question de la représentativité a été abordée lors de cette manifestation, au cours de laquelle il a été déploré le fait que les syndicats autonomes ne soient pas associés au dialogue comme partenaire social. Evoquant l'exclusion systématique des syndicats autonomes de tout dialogue et le refus de les associer aux négociations lors des bipartites et tripartites, l'intersyndicale déplore les propos d'un responsable de la centrale syndicale affirmant que «seule l'UGTA est habilitée à parler au nom des travailleurs».

Le sit-in que devait organiser l'intersyndicale hier matin devant le palais du gouvernement a été annulé par ses initiateurs.