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Il n'est point besoin, chez nous, de se promener microscope à la main pour saisir l'importance des dégâts causés par la destruction de toutes ces barrières que les sociétés, dans leur globalité, érigent dans le but de se protéger contre les dangers des dérives. Tels de nouveaux repères pour une société en désarroi, les torts, qui ne se comptent d'ailleurs plus, n'ont raté aucun domaine de la vie et ils ont englouti toutes les sphères de l'activité des hommes. Malhonnêteté, corruption, favoritisme, népotisme, incapacité, irresponsabilité, ... toutes ces mesquineries qu'un chirurgien a bien résumées un jour avant d'entrer dans la salle d'opération : « Ici, seuls l'argent et les connaissances comptent de nos jours ! ». Comme une mauvaise herbe, le sale business qui a pris racines depuis longtemps dans notre société, ne cesse de s'étaler, emportant sur son chemin, les derniers vestiges du bon sens, de la correction et de l'honnêteté. Rien n'échappe plus à l'appétit des affamés, pas même l'avenir de nos enfants. Que ce soit dans le transport, la santé, l'éducation, l'agriculture, l'industrie, le tourisme... là où l'on ose un regard, on est forcément frappé par l'état de délabrement qui prévaut. La décadence est là qui hurle à tue-tête sur nos routes éventrées, dans nos hôpitaux puants, dans nos écoles en ruine, dans nos usines en panne... la cause ? Tout le monde la connaît, et tout le monde fait semblant de l'ignorer. Ce sont les intrus qui ont détruit le pays et démoli la société. Il n'échappe en effet à personne que, laissés aux mains des « kherrada » tous les secteurs ont été hautement pervertis, au point où il est devenu difficile d'espérer un possible retour à une situation saine ! Les kherrada étant, eux-mêmes, de plusieurs sortes, chacun frappe à sa portée. Il y a, certes, ceux qui n'atteignent que les feuilles de la société, il y a aussi ceux qui en scient les branches, mais il y a, surtout, ceux qui attaquent les racines. On ne retrouve plus les fondements des choses et il est difficile de retrouver les repères sous le manteau épais de l'intrusion. Ici bas, ce sont les petits marchands de légumes, mal convertis en plus, qui apparaissent désormais en entrepreneurs, en hommes d'affaires, en patrons d'usines, de cliniques, ... là-bas, ce sont les manoeuvres qui penchent sur le stables de dessins pour configurer les plans de masse, les analphabètes rédigent les textes, les ignorants animent les conférences ... et comme personne n'est à sa place, il est dès lors inutile de s'étonner que ne nous ne connaissions que dérives et délabrement. Sans capacités ni aptitudes, les intrus ont développé des comportements prothèses et, peu importe si le costume est trop grand, les lunettes trop voyantes ou la cravate trop serrées, ils débarquent dans des voitures qu'ils savent à peine faire démarrer. Inaptes à se frayer un chemin dans le monde correct, ils ont inventé le palliatif qui les autorise, grâce à des fetwas prépayées, à occuper place dans une société qui, rongée par l'ignorance et emportée par les appétences, applaudit les mieux payants et comme moins on est et plus on paie, alors les faux, les intrus, les pseudos, les malades, les charlatans ... sont les mieux applaudis. Ils sont même les plus aimés et les mieux respectés. Par des contournements dont eux seuls ont le secret, nos intrus ont aujourd'hui des diplômes, ils en ont même les plus hauts et, pour ceux qui l'ont décidé, s'occupent de former les élites de demain. Ils gèrent le quotidien, le nôtre et celui de nos enfants, à leur guise sans avoir à rendre compte. Les conséquences ? Toutes ces routes que, ni en voiture ni à pied, nous ne pouvons plus emprunter, c'est l'œuvre d'indus entrepreneurs. Toutes ces cliniques qui n'ont d'intérêt que pour le paiement sans trop de choses à voir avec les soins, c'est l'œuvre d'indus patrons. Toutes ces associations qui, moyennant 3000 da, entassent nos enfants à soixante dans des garages pour des cours, soit disant, de soutien c'est aussi l'œuvre d'intrus. Toutes ces crises de produits agricoles qui nous collent à la peau à longueur d'année, c'est l'œuvre de charlatans. Toutes ces maladies honteuses qui nous glissent, au troisième millénaire, sous la porte, c'est la faute aux faux gestionnaires. Tout ce trafique de kif dont le volume inconcevable peut détruire tout ce qui reste de la société, c'est l'œuvre d'assoiffés de fortune comme seul notre pays peut en créer. Toutes ces voitures importées sans la pièce de rechange, c'est l'œuvre incontestable de pseudo-entreprises. Tous ces applaudissements insensés, c'est aussi l'œuvre d'intrus, de faux militants, de charlatans. Tous ces diplômes qui ne valent pas plus que le papier qui les mentionne, c'est le chef d'œuvre des éhontés. Mais les intrus et leurs semblables évitent la clarté du jour à laquelle ils ne sauraient résister. Tels des chauves-souris, ils préfèrent opérer dans l'obscurité mais aussi, tels des chauves-souris, ils ne vivent que de nuit, perdant ainsi la moitié de leur vie à se cacher pour éviter une éventuelle confrontation avec le soleil, avec le bon sens, avec l'honnêteté, avec leur conscience ! Et puisqu'ils savent qu'ils n'ont qu'une demi-vie, ils se pressent de ramasser tout ce qui peut l'être, d'amasser tout ce qui brille, quitte pour cela à marcher sur la nuque d'une société étourdie ! Dans leur course effrénée, les intrus et ceux qui leur ressemblent ne se rendent même pas compte qu'ils ont détruit le pays, qu'ils ont miné la société, qu'ils ont tout déchiré devant le silence incompréhensible d'un Etat qui se cherche et devant l'impuissance incroyable d'un peuple qui ne comprend pas pourquoi il y a tant d'intrus dans ce pays. |
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