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Effets dévastateurs

par Abdelkrim Zerzouri

Les Etats-Unis dangereusement empêtrés dans la guerre au Moyen-Orient ? Malgré l'assurance affichée en public par le président Trump, tout montre que cette guerre peut coûter très cher à son pays, à son image et à l'avenir politique de son parti républicain, qui aura du mal à résister à la pression des démocrates lors des prochains rendez-vous électoraux, dont les très prochaines élections de mi-mandat pour le renouvellement des représentants des deux chambres du Congrès, prévues le 3 novembre 2026, qui peuvent aboutir à une recomposition de la scène politique américaine et préparer la prochaine élection présidentielle. La guerre pourrait-elle jamais être un coup de poker ? Si on gagne, on peut récolter des bénéfices sur le plan politique et économique, mais si on perd, on paie cash ses erreurs.

Ses alliés dans la région et ses conseillers au Pentagone ont exprimé leur opposition à des attaques contre l'Iran. Mais, le président Trump, sous la poussée de Netanyahu, n'a pas écouté ces voix qui lui demandaient d'éviter un engagement frontal dans une guerre contre l'Iran. Pour mémoire, Netanyahu avait exercé un forcing terrible sur l'ex-président Joe Biden pour le pousser à entrer en guerre contre l'Iran. Mais son forcing a buté contre une position inébranlable de l'administration Biden, s'opposant d'une manière catégorique à des frappes israéliennes sur les installations nucléaires de l'Iran. Que dire alors de frappes américaines sur ces installations ?

En avril 2024, quand l'Iran avait mené des attaques contre Israël en signe de représailles à une frappe israélienne, provocatrice, qui a ciblé l'ambassade d'Iran à Damas, et qui a fait plusieurs morts, l'ex-président Joe Biden avait réaffirmé à Netanyahou «l'engagement inébranlable des États-Unis en faveur de la sécurité d'Israël», mais il lui a également assuré que les États-Unis s'opposaient et ne participeraient pas à une offensive militaire contre l'Iran. D'autres tentatives suivront pour entraîner les Etats-Unis dans une guerre directe contre l'Iran, qui se sont soldées par une opposition sans appel de l'administration américaine sous le contrôle des démocrates. Mieux, l'ex-président Joe Biden privilégiait la voie diplomatique pour gérer le dossier nucléaire iranien, engageant des négociations à ce propos avec les Iraniens, au grand dam des sionistes.

Mais, loin de baisser les bras, ces derniers ont attendu le nouveau locataire à la Maison Blanche pour faire tourner le vent en faveur d'un entraînement des Etats-Unis dans une guerre frontale contre l'Iran. Élu sous un programme de paix dans le monde, le président Trump se retrouve ainsi coincé dans une guerre qu'il voulait chirurgicale mais qui prend des allures d'une guerre d'usure, avec des effets dévastateurs sur l'économie mondiale. Le président Trump peut-il faire marche arrière et arrêter le désastre ? Difficile à envisager, tant les sionistes l'enfoncent chaque jour un peu plus dans le bourbier de cette guerre qui se propage dans la toute la région du Moyen-Orient et bien au-delà.