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Les préparatifs de guerre en sous-main des puissances atlantistes anglo-saxonnes

par Khider Mesloub

Ironie de l'histoire, pendant que la masse des citoyens occidentale, tétanisée par la peur de la mort et paupérisée par la guerre de classe livrée par ses dirigeants, investit les lucratifs laboratoires et les rentables vaccinodromes pour se shooter à l'opium vaccinal, avoir sa dose de vaccin (curieusement, en France, ViteMaDose est le nom donné à l'application gérant les rendez-vous vaccinaux, rappelant étrangement les bêlements plaintifs des toxicomanes en état de manque de drogue), les puissants du monde atlantiste investissent leurs capitaux pour refonder l'économie à leur seul profit, leur énergie policière pour blinder leur pouvoir au moyen de la vigoureuse dictature sanitaire et vaccinale affichant une santé boursière florissante et insolente, se livrer aux préparatifs de guerre par la course au réarmement, matérialisée par l'achat d'engins de morts acquis en lieu et place d'infrastructures hospitalières et matériels médicaux toujours autant sacrifiés sur l'autel du capital, alors que nous sommes censés être en pleine crise de pandémie de Covid-19.

En effet, en pleine pandémie présumée réunir, dans un partenariat pacifique, tous les pays pour lutter unanimement contre le virus, les pays atlantistes, notamment les États-Unis, le Royaume-Uni et l'Australie viennent de sceller un nouveau pacte de sécurité «AUKUS» - partenariat militaire -, concrétisé par l'acquisition par l'Australie de sous-marins à propulsion nucléaire américains, contrat finalisé au détriment de leur «allié» la France, initialement sélectionnée comme principal partenaire- fournisseur par un accord officiellement signé en 2019 entre l'État australien et Naval Group, entreprise française détenue majoritairement par l'État français.

Ce «coup dans le dos», comme l'a qualifié le ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, vient rappeler qu'en matière de relations internationales, il n'y a jamais d'amis, tout juste des alliés partageant des intérêts communs aléatoires et éphémères. Ce camouflet infligé par l'Amérique de Biden aux intérêts de la France est le deuxième en l'espace de quelques mois : le premier avait permis aux Américains d'imposer leurs avions de chasse à la Suisse, au détriment du Rafale. L'Etat français est décontenancé par ce deuxième coup de Trafalgar asséné par la puissance hégémonique américaine.

Georges W. Bush n'avait-il pas déjà averti ses alliés en 2001 : «Vous êtes avec nous ou vous êtes contre nous !». Autrement dit : «vous acceptez la tutelle américaine en serrant les rangs autour du commandement de l'OTAN – notre instrument d'agression militaire – ou vous êtes expulsés de l'Alliance !», en particulier dans cette période de réalignement mondial nécessitant un front anti-Chine déterminé à affronter le nouvel Empire chinois concurrent.

La formation de ce nouveau pacte anglo-saxon composé par un noyau dur - États-Unis-Royaume-Uni-Australie -, participe de la détermination de l'Amérique de se diriger vers la guerre globale contre l'Empire chinois émergent. Aussi, désormais l'Europe est placée devant un dilemme : soit participer à cette inexorable guerre en mobilisant ses troupes pour attaquer la Russie, alliée de la Chine, avec les catastrophiques conséquences humaines prévisibles : extermination de centaines de milliers de personnes ; soit demeurer neutre, avec, également, les catastrophiques conséquences économiques et géostratégiques inévitables : implosion de l'Europe.

Le gouvernement australien justifie l'acquisition de sous-marins à propulsion nucléaire (encore récemment armement écarté pour respecter le TNP - traité de non-prolifération nucléaire –) au nom de «la sécurité nationale, menacée, selon Canberra, par la Chine». Mais, en réalité, sous la pression des États-Unis qui ont délibérément décampé de l'Afghanistan (et non pas chassés par les moyenâgeux Talibans, ces hordes islamistes sanguinaires déguenillés, comme le proclament certains observateurs pétris d'anti-américanisme primaire. De même, contrairement aux informations répandues, les Américains n'ont pas été contraints d'abandonner leurs armements dans leur prétendue débandade, mais les ont sciemment livrés aux Talibans pour leur permettre d'assurer, dans leur futur État en transition, le maintien de l'ordre établi contre la populace afghane tentée par la révolte insurrectionnelle, l'agitation subversive sociale, et surtout mater les groupes rebelles armés menaçant la stabilité du pays. Le départ précipité chaotique organisé spectaculairement par les États-Unis a été une mise en scène pour ne pas être accusés d'avoir cédé officiellement des armes aux Talibans. Les Américains, en fins stratèges, avaient besoin, depuis vingt ans, des Talibans vivants, pour justifier leur maintien en Afghanistan. Aujourd'hui, ils ont besoin de Talibans surarmés, pour maintenir l'ordre dans ce pays féodal en proie aux guerres tribales et à l'instabilité) pour recentrer leurs forces dans la zone indo-pacifique, l'Australie a dû se ranger sous la bannière de l'Empire américain désireux de resserrer ses liens avec ses alliés atlantistes historiques en vue de ses préparatifs de guerre contre la Chine.

Cette nouvelle alliance anglo-saxonne AUKUS, qui vient compléter l'autre pilier de la stratégie indo-pacifique de la puissance impérialiste américaine, QUAD – composé de l'Inde, du Japon, de l'Australie et des États-Unis –, conclue pour contrer l'ascension de la Chine dans le Pacifique, s'inscrit dans la suite logique de la confrontation stratégique entretenue avec la Chine par les États-Unis, aujourd'hui exacerbée par le nouveau président démocrate, Joe Biden.

Nouveau président auréolé de toutes les vertus humanistes par les médias mainstream, encensé comme l'incarnation du pacifisme comparé à son prédécesseur, Trump, anathématisé, décrit comme un va-t-en-guerre. Or, Trump a été l'un des rares présidents de l'histoire récente américaine à n'avoir pas engagé les États-Unis dans un nouveau conflit, faisant de lui le chef d'État le plus pacifique depuis Eisenhower. Il est utile de rappeler que ce fut sous le règne d'Obama, «prix Nobel de la paix», que l'État militariste américain avait entamé sa réorganisation par le déplacement de son système d'agression militaire du Moyen-Orient et de l'Europe de l'Est en direction de l'Extrême-Orient (dont la Mer de Chine et l'Asie du Sud-Est).

Enfin, Pékin n'a pas tardé à réagir. Elle a dénoncé la vente «irresponsable» de submersibles, et «une mentalité de guerre froide» ouverte par les États-Unis, allant jusqu'à qualifier Biden de «chef de gang de rue». Nous dirions un vieux chef d'État, impuissant économiquement, en rut belliqueux.

Ironie du sort, en France, pendant que l'inconséquent gouvernement Macron aussi amateur qu'immature livre la «guerre fratricide» à son peuple avec le PASS sanitaire, la puissance américaine de Biden, aussi commercialement rouée que diplomatiquement douée, commet en sous-main contre la France le CASSE du siècle en lui raflant le juteux contrat des sous-marins.

De même, ironie de l'histoire, pendant que l'humanité, tétanisée, est confinée par les gouvernants pour échapper à la virtuelle menace d'un prétendu serial Keller, le Covid-19 (cette arlésienne), une réelle menace se précise, autrement plus concrètement meurtrière que le débonnaire coronavirus : la Troisième Guerre mondiale. Troisième Guerre mondiale préparée par les mêmes dirigeants qui prétendent se soucier de la santé des populations, se battre pour sauver des vies humaines des griffes inoffensives du coronavirus, pendant qu'ils leur réservent une mort certaine sous les bombes, voire armes nucléaires.