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Pacte saoudo-américain, en 1973: La Raison dans l'histoire

par Medjdoub Hamed*

Le problème aujourd'hui sur la réalité du monde est très complexe, difficilement déchiffrable. En particulier, avec la pandémie Covid-19 qui a fait irruption en novembre-décembre 2019. Et les gouvernements du monde entier ne savent pas comment réagir face à la pandémie, que ce soit cette pandémie ou des pandémies futures, si ce n'est les mesures de distanciation, de confinement, du masque de protection, ou l'élaboration de vaccins pour lutter contre le germe viral.

Au 21e siècle, déjà trois épidémies mortelles sont déjà survenues, dont celle en cours. Selon les scientifiques, ces épidémies impliquent des coronavirus émergents, hébergés par des animaux et soudain transmis à l'homme : les SRAS-CoV et le MERS-CoV. Face à la propagation du coronavirus SARS-CoV-2 dans le monde, la recherche se mobilise pour accélérer la production des connaissances sur ce virus, sur la maladie qu'elle provoque (Covid-19) ainsi que les moyens de la guérir et de la prévenir.

Si cette pandémie va certainement s'essouffler comme les pandémies passées, il demeure qu'une menace réelle plane sur l'Humanité sur le plan sanitaire, dans les années ou décennies à venir. Et l'inconnu est le degré de virulence et donc le nombre de décès et de contaminés. Jusqu'à présent, la pandémie a fait plus de 142 millions de contaminés et plus de 3 millions de décès. Qu'en sera-t-il demain ?

Et rien ne nous permet de dire que cette menace pandémique SARS-CoV-2 n'a rien à voir avec la structure du monde telle qu'elle s'articule aujourd'hui. Bien sûr, on peut penser que le Covid-19 n'est qu'un aléa du hasard. Cependant rien n'est moins sûr. Les êtres humains ne disposent pas de leur avenir qui est toujours à se construire avec eux et sans eux. Donc une grande incertitude dans le devenir de l'Humanité.

Partant de ce constat, l'auteur se propose d'analyser la réalité du monde telle qu'elle est aujourd'hui et comment elle y est parvenue. L'analyse qui va suivre ne cherche qu'à montrer des « pistes historiques » qui ont joué dans la structure du monde actuel. Et ce faisant, elle cherche à opérer un dépassement tant les pistes historiques les laissent entrevoir. En clair, une logique, une raison apparaît dans le développement du monde.

Aussi, nous allons commencer par le monde musulman qui est aujourd'hui en pleine effervescence. De l'Islam, de l'islamisme, du nationalisme musulman, des monarchies arabes, en clair qu'en est-il de ce monde complexe qui est traversé par des forces embrouillées, enchevêtrées, difficiles à démêler ? Tout d'abord l'Islam, c'est une grande religion, elle a plus de 1,6 milliard de fidèles. C'est la troisième religion après la religion juive et la religion chrétienne. De l'Islam est issu l'islamisme. Celui-ci est né de courant de pensées diverses dont essentiellement le wahhabisme et le réformisme. Diverses explications sont données sur le sens de son irruption, tel le choc colonial, ou encore la confrontation des musulmans avec la modernité occidentale et sa domination, ou encore la « perte des valeurs » musulmanes qui auraient affaibli la ‘Oumma' musulmane.

D'autres avancent que le courant des ‘Frères musulmans', groupe fondé par Hassan el Banna, en 1928, serait à l'origine de l'islamisme. Selon, les historiens occidentaux cette confrérie est le premier mouvement à entrer sur la scène politique pour réclamer l'application de la Chariâ, la loi islamique, dans un premier temps en opposition à l'occupation britannique, en Égypte. En réalité, l'Islam comme l'islamisme remontent très loin, des premiers califats omeyyade, abbasside à l'empire ottoman. L'islamisme a toujours été politique, depuis la naissance de l'Islam. Donc que le courant islamiste en soit issu ne change en rien à la donne politique. Que ce soit la religion juive, chrétienne ou islamique, le pouvoir spirituel et donc religieux a toujours cherché à avoir l'ascendant sur le pouvoir temporel, et longtemps l'Eglise cumulait le pouvoir spirituel et le pouvoir temporel. Si, en Occident, le pouvoir temporel s'est émancipé de la tutelle de l'Église, cela est dû essentiellement au développement politique, économique et social qui a commandé la séparation du pouvoir spirituel de l'Église du pouvoir temporel reconnu aux souverains et aux pouvoirs civils qui ont la charge des affaires humaines et de l'ordre social, il n'en est pas de même pour le monde musulman.

Ce qui se passe dans le monde musulman est tout à fait naturel. On comprend pourquoi des républiques théocratiques musulmanes existent. Les républiques islamistes d'Iran, du Pakistan, par exemple. Des monarchies théocratiques, dont l'exemple rigoriste le plus frappant est l'Arabie saoudite. Certaines monarchies musulmanes théocratiques légèrement plus souples avec l'introduction du multipartisme, mais toujours dans le cadre islamique dans la constitution, constituent déjà un pas important dans l'évolution du monde de l'Islam.

Il en va de même des républiques nationalistes nées de la décolonisation, telles l'Algérie, la Tunisie, la Syrie, le Soudan... Mais toutes ces républiques font de l'Islam la religion d'État. Et là encore, l'Islam est protégé, et donne à la république nationaliste à la fois le pouvoir temporel et spirituel, et la font rejoindre, en quelque sorte, aux monarchies conservatrices et les républiques islamiques qui cumulent naturellement les deux pouvoirs.

L'islamisme et le nationalisme musulman et donc de la théocratie républicaine, de la monarchie conservatrice ou de la république nationaliste constitue un seul et même problème. Ils ont tous pour fondement commun, l'Islam, et l'islam est en fait l'identité des Musulmans dans le monde, comme les Occidentaux sont d'origine chrétienne, les Chinois ont différentes religions ancestrale, bouddhiste, taoïste, musulmane...

Un point important à souligner dans le réel entre l'islamisme et le dogme de l'Islam, une nette différence sépare le courant politique islamiste et l'Islam qui est une religion universelle. L'Islam ne s'adresse pas seulement aux Musulmans, mais à tous les êtres humains. D'autre part, l'Islam repose sur le Coran et la Tradition (Sunna), et le consensus des spécialistes de la Loi. Texte fondateur, le Coran est dans son intégralité la parole de Dieu dictée par l'Ange Gabriel au Prophète Mohamed (QSSSL). Alors que l'islamisme est constitué de plusieurs courants de pensées politiques aux discours divergents, et dont l'interprétation de l'islam propre à chaque courant agit en vue d'une action, d'un projet politique. Ces courants visent à transformer le système politique et social d'un État. L'islamisme est donc avant tout une visée politique, l'islam leur servant de cause pour la légitimation de la prise du pouvoir.

Et que défendent-ils les courants islamistes ? Le premier point est la Chariâ islamique, la loi édicté par les préceptes de l'Islam. Le second et le troisième point qui vont ensemble sont l'unité du monde musulman et le retour au califat.

Le quatrième point est l'élimination de toute ingérence étrangère. Se pose alors la question de la réalisation du projet islamique. Est-il possible dans un monde en pleine mutation où 194 États sont membres de l'Organisation des Nations Unies ? Faut-il alors effacer 22 pays arabes souverains et constituer un califat islamique ? Et ces pays ne viennent-ils pas de sortir tout juste de la colonisation de plus d'un siècle ? Et pourquoi le mouvement islamique ne s'est-il pas opposé à leur colonisation par l'Europe ? D'autre part, le mouvement prône toute élimination d'ingérence étrangère. Cependant n'est-ce pas les États-Unis et l'Arabie saoudite qui ont uni, financé et armé les islamistes arabes et afghans pour lutter contre l'armée rouge de l'ex-Union soviétique ? Et que ce sont ces islamistes qui ont mis en échec la deuxième armée du monde, lors de la guerre 1979-1989, en Afghanistan. Donc, quoique sont les contradictions dans le mouvement, l'islamisme constitue un mouvement idéologique religieux naturel dans l'histoire. Il a tout son sens dans la marche de l'histoire.

 Sur un plan plus général, tous les discours au fond sur l'Islam se valent, ceux qui sont au pouvoir comme ceux qui visent le pouvoir. La seule contrainte, c'est la marche de l'histoire. En clair, c'est elle qui, selon les conjonctures historiques, a propulsé tel ou tel mouvement dans la réalité politique que l'on connaît aujourd'hui, dans le monde musulman. Et il faut souligner que tout mouvement politique qui prend le pouvoir, quel qu'il soit, est légitimé par l'essence même de l'histoire qui l'« a fait émergé ». Et c'est cela qui fait prendre conscience du sens de la marche de l'histoire du monde.

Par exemple, la colonisation par l'Europe qui a duré plus d'un siècle pour certains pays arabes, puis les deux Guerres mondiales qui surviennent ces dernières, n'ont-elles pas bouleversé et mis fin à l'ordre colonial européen ? Les nations musulmanes n'existaient pas comme elles le sont aujourd'hui. A l'époque, avant la colonisation, c'était la ‘Oumma' musulmane qui avait cours, même divisée en quelques États. Des peuples regroupés pour la plupart et soumis aux califats puis à l'empire ottoman. Avec l'œuvre du temps dans l'histoire qui a fini par affaiblir l'empire ottoman, est venu le temps de son dépècement, au point qu'il a été surnommé l'« homme malade » de l'Europe. Ses territoires au Moyen-Orient et en Afrique du Nord passèrent sous la coupe des puissances coloniales européennes.

De même, des monarchies conservatrices arabes, grâce au soutien européen (britannique et français) en conflit avec la Porte sublime, ont vu le jour. C'est ainsi que, après trente ans de troubles et de guerres internes entre tribus et communautés, avec l'aide britannique, l'Arabie saoudite s'est constituée en État, en 1932. C'est dire l'importance des puissances européennes dans le destin du monde musulman.

Pour résumer la réalité de l'histoire, le monde musulman devait passer par la colonisation, et celle-ci lui a permis de disloquer cette ‘Oumma' telle qu'elle a vécu plus de dix siècles. La ‘Oumma' n'était plus viable au regard des avancées des progrès du monde. Les Arabes, et d'une manière générale, les Berbères et autres ethnies musulmanes ne sont-ils pas restés huit cents ans en Espagne, deux cents ans en Sicile et au sud de la France ? Des peuples venus d'Asie qui se sont islamisés n'ont-ils pas créé l'empire Ottoman au sud-est de l'Europe ? Celui-ci a régné pendant quatre siècles sur les Balkans ? La conquête musulmane a laissé un important héritage historique en Europe. Mais l'histoire de l'Humanité ne s'arrête pas, le monde change comme il a changé fortement en moins de 80 ans, ces dernières années. Le monde n'est plus reconnaissable à ce qu'il était au début du XXe siècle.

Un point important dans l'étrangeté de la marche de l'histoire. Bien avant, la décolonisation, des prémices annonciatrices faisaient apparaître que le monde musulman allait jouer un rôle pratiquement central dans la marche de l'histoire de l'Humanité. En effet, la découverte du pétrole dans le monde musulman dans la première moitié du XXe siècle va constituer un tournant majeur, à la fois pour le monde musulman et pour les puissances occidentales, dans leur stratégie pour dominer l'ensemble du monde. Les États-Unis n'ont-ils pas anticipé la marche de l'histoire ? Ils ont vu très loin la configuration du monde qui allait sortir après la fin de la Seconde Guerre mondiale ? Mais ils n'ont pas vu aussi leur déclin se préfigurer précisément par les ambitions géostratégiques qui allaient les propulser au rang de première puissance du monde.

N'ont-ils pas noué un pacte avec l'Arabie saoudite en 1945 ? Le fameux Pacte du Quincy que le président américain Franklin Roosevelt, de retour de la conférence de Yalta, en Crimée, avait conclu avec le roi Ibn Saoud, le 14 février 1945, à bord du croiseur USS Quincy. Et, étrangeté de la géographie et de l'histoire, c'est en Arabie saoudite, un pays désertique où se trouvent les Lieux Saints, La Mecque et Médine, deux villes-phares de l'Islam, et aussi les gisements de pétrole parmi les plus grands du monde. Et cet accord, en échange d'un accès au pétrole, engageait les États-Unis à protéger militairement la dynastie des Saoud.

 En 1948, les grandes puissances ont soutenu et créé l'État d'Israël en Palestine. La création d'un État juif a constitué une véritable onde de chocs au sein des peuples musulmans dont une grande partie était encore colonisée. Est-ce que les grandes puissances sont allées trop vite dans leur projet de domination du monde ? Ou est-ce l'histoire qui s'est accélérée pour sortir les peuples musulmans de leur léthargie de plusieurs siècles dans une Oumma figée par le poids du temps ? La débâcle de 1948 a accéléré le délitement de plusieurs monarchies. En Égypte, Irak et Syrie. Des monarchies renversées et des nationalistes prennent le pouvoir. Quatre guerres ont suivi avec Israël et son sponsor, les États-Unis qui, dans la réalité, ne regardent que leurs intérêts géostratégiques.

Même la guerre d'octobre 1973 a été programmée par les États-Unis, et très probablement à l'insu des Israéliens, en pleine fête du Kippour, qui ne voyaient pas l'attaque égyptienne venir, et très confiant en leur armée Tsahal. Alors que les États-Unis, par leurs satellites, avaient la situation en temps réel des forces armées égyptiennes massées sur la rive égyptienne du canal de Suez, prêtes à passer à l'attaque.

Il faut rappeler qu'à cette époque, en 1973, en pleine crise monétaire internationale, les pays d'Europe avaient refusé les dollars américains pour le règlement financier des transactions commerciales qu'ils avaient avec les États-Unis. Le dollar US, monnaie de compte internationale et monnaie de réserve mondiale, n'était plus adossé à l'or depuis la décision du président américain Richard Nixon qui a mis fin à la convertibilité du dollar en or, le 15 août 1971. Les États-Unis n'avaient plus assez d'or pour l'échanger contre leur monnaie. Il s'en est suivi un blocage pour le commerce extérieur américain. Les États-Unis ne pouvaient plus créer des dollars par la planche à billets pour financer leurs déficits commerciaux. Le seul moyen qui leur restait était d'augmenter le prix du pétrole pour obliger les pays européens d'acheter plus cher le pétrole du Moyen-Orient, et donc d'accepter des dollars créés ex nihilo. Et comme le pétrole, en entente avec l'Arabie saoudite, était facturé en dollars, une guerre avec Israël serait l'occasion idéale de provoquer un choc pétrolier. Et c'est ce qui est arrivé, quelques jours après la guerre, l'Arabie saoudite décréta un embargo contre les États-Unis pour soutien à Israël et quadrupla le prix du baril de pétrole.

A partir de cette date, les crises monétaires entre les États-Unis et l'Europe prirent fin, et les États-Unis, grâce au pétrodollar, recommencèrent à répercuter leurs déficits sur le reste du monde.

Étrangeté de l'histoire, « le pacte saoudo-américain n'est-il pas dicté d'abord par l'histoire avant de l'être par les Américains de connivence avec les Saoudiens ? » En effet, représentons-nous qu'il n'y ait pas eu de choc pétrolier en 1973 ni de quatrième guerre israélo-arabe, que serait-il passé sur le plan économique mondial ? Le prix du pétrole restant entre 2 et 3 dollars US, les États-Unis se trouvant obligés de mettre fin à leurs déficits extérieurs, et donc à créer moins de dollars, l'Europe et le Japon se trouvant à exporter moins de richesses à la puissance américaine et au reste du monde, ce dernier pauvre en devises occidentales pour cause de prix très bas du pétrole et des matières premières, la conséquence est immédiate.

La demande mondiale va fortement baisser, et qui dit demande mondiale dit offre mondiale. L'Europe et le Japon vont se trouver à « dégraisser » leurs industries, et donc à mettre au chômage des dizaines de millions d'ouvriers, de même pour leurs agriculteurs qui brûleront leurs cultures qui ne sont pas exportables, et donc des millions d'agriculteurs européens et américains, australiens sur la paille. De même pour le reste du monde qui sera obligé de restreindre ses exportations en pétrole et en matières premières. Partout les prix baissent, l'offre est plus forte que la demande mondiale. Une situation qui va nous rappeler la crise de 1929 et la Grande dépression des années 1930 qui a suivi.

Or, la situation des années 1930 ne s'est pas répétée. Pourquoi ? Parce que deux guerres mondiales absolument motivées ont eu lieu et leur vrai objectif était de libérer plus de deux tiers de l'Humanité de l'« esclavage coloniale ». Les êtres humains créés libres ne pouvaient restés indéfiniment esclaves de leur prochain dusse-t-il être colonial. Or, dans les années post 1970, il n'y avait rien à libérer, les empires coloniaux ont pratiquement disparu, ne restait que les luttes intestines dans plus de 100 nouveaux pays indépendants pour la prise de pouvoir et la rivalité des deux blocs Est et Ouest dans l'enjeu est la domination du monde. Et « tout ce beau monde a besoin de manger, de travailler pour exister». Sinon il ne saurait y avoir histoire du monde.

On comprend dès lors que, dans les années 1970, comme dans les décennies passées, l'histoire avec un grand H a suivi intentionnellement sa trajectoire, et « le Pacte saoudo-américain en 1973 a sauvé l'économie mondiale, et permis la croissance économique à l'ensemble des pays du monde. » Aussi, peut-on dire que le pacte saoudo-américain, comme aurait dit G. W. F. Hegel, relevait d'une « Raison » dans l'histoire. Oui, il existe potentiellement une « Raison » dans l'histoire, comme de nouveau, elle sera en marche dans les années 1980.

Que s'est-il passé dans les années 1980 ? Même si l'économie mondiale a été sauvée par le choc pétrolier et la hausse de la demande mondiale, les déficits américains, financés de nouveau par les pétrodollars, vont affecter les pays d'Europe et le Japon par des déficits extérieurs dus à la hausse des prix du pétrole. En tant qu'émetteurs de monnaies internationales, ces pays se retrouveront à opérer comme les États-Unis, et donc à recourir à la planche à billets, par conséquent à émettre massivement des liquidités monétaires ex nihilo (à partir de rien) pour financer les déficits de leurs balances commerciales. Et comme tous les pays occidentaux ont abandonné le change fixe, et désormais c'est le change flottant qui a cours sur les marchés internationaux, cette émission monétaire de part et d'autre, entre les États-Unis et le reste de l'Occident (Europe, Japon...) va se traduire par la hausse de l'inflation.

Un deuxième choc pétrolier fut nécessaire pour absorber la masse de dollars inflationniste dans le monde poussant à l'inflation les autres monnaies internationales. De nouveau, une décision historique est prise par Paul Volcker, le gouverneur de la Réserve fédérale ou Fed (Banque centrale américaine). Il releva le taux d'intérêt directeur court de la Fed, entre 1979 et 1980, de 10 % à 20 %. Les conséquences sont immédiates. Le reste du monde qui avait beaucoup emprunté, lors du boom de la hausse des prix pétroliers et des matières premières, à des taux d'intérêt faibles – les banques occidentales poussées à des prêts massifs et attractifs pour cause de forte hausse de création monétaire par les Banques centrales –, se retrouva piégé du jour au lendemain par l'endettement. La hausse des taux d'intérêt qui s'est généralisée en Occident fit envoler leur endettement.

La décennie 1980 fut le contraire de la décennie 1970 pour les pays hors-Occident que pour le reste du monde, certes celui-ci a été affecté plus par l'endettement. Mais cet endettement des pays du reste du monde, en particulier de l'Afrique, de l'Amérique du Sud, et une partie de l'Asie, comme nous le verrons, a été « nécessaire » pour la marche de l'Humanité. Rien ne vient sans cause, et tout ce qui arrive a un but, une finalité. Et c'est cela qui doit être compris dans le sens que « rien ne vient de rien », que tout a un sens.

Et là encore, dans cette nouvelle séquences de l'histoire, « c'est l'histoire qui a parlé ». Elle avait un objectif, elle avait une « Raison » dans l'histoire.

A suivre dans une prochaine analyse...

*Auteur et chercheur spécialisé en Economie mondiale, Relations internationales et Prospective