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Conflit israélo-arabe: Les «fautes» palestiniennes

par G. O.

Le directeur de ‘Madaniya' affirmait en 2017 que «le Mouvement National Palestinien est l'unique Mouvement de Libération Nationale au Monde à avoir commis deux fautes stratégiques à l'effet de le projeter dans une impasse tragique».

La première, affirme-t-il, est «sa renonciation à la lutte armée de l'OLP avant la satisfaction de ses objectifs nationaux, autrement dit la répudiation de la guérilla, (...), un des fondements du combat national. Cette première faute majeure a rendu le mouvement palestinien captif de l'agenda des parrains d'Oslo, les États-Unis. La deuxième faute est la dérive stratégique du Hamas lors de la guerre de Syrie (2011-2017). La décision du Hamas de privilégier une alliance avec les pétromonarchies, sur une base sectaire, en reniant ses anciens frères d'armes, -la Syrie, l'Iran et le Hezbollah libanais, pourtant artisans de sa propulsion militaire-, a constitué une dérive rarissime dans les annales des guerres de libération nationale (...)». Dans une note préliminaire à la publication sur son site de l'intervention de Abdel Bari Atwane, dans le colloque organisé, en 2018, à Genève, par l'ISDH que dirige Haytham Manna, René Naba souligne que «la transaction du siècle, conçue par le gendre du président américain Donald Trump, Jared Kushner, et le prince héritier saoudien Mohamad Ben Salman, en vue d'un règlement au rabais du conflit israélo-palestinien, par la constitution d'un bantoustan palestinien sur les débris de la Palestine du mandat britannique, marque le pas, entravée d'une part, par les retombées du scandale planétaire suscité par l'épouvantable équarrissage au Consulat saoudien à Istanbul de Jamal Khashoggi, ancien compagnon de route des groupements terroristes islamistes reconverti dans l'honorabilité journalistique en sa qualité de contributeur du ‘Washington Post', et, d'autre part, les difficultés judiciaires du premier ministre israélien Benyamin Nethanyahu, le conduisant à engager une fuite en avant par l'organisation d'élections anticipées».

Trump crée l'OTAN arabe

Avant la mise en œuvre de la transaction, l'administration Trump a, indique-t-il, «accéléré la mise sur pied d'une OTAN arabe constituée de huit pays sunnites, (les pétromonarchies du Golfe, la Jordanie et l'Egypte), dans une alliance souterraine avec Israël, en vue de contenir l'Iran et masquer ainsi l'annonce du retrait honteux des Etats Unis de Syrie». Dans son intervention à Genève, Abdel Bari Atwane rappelait que «les termes de la négociation israélo-arabe étaient définis par la Résolution 242 du Conseil de sécurité de l'ONU adoptée le 22 novembre 1967 qui prévoyait globalement un échange de «la paix contre les territoires arabes occupés» par Israël (Sinaï, Cisjordanie, Golan, Jérusalem-Est). Par glissement, le terme a été «la Paix contre la Paix», sans mention des territoires arabes à restituer, dans la mesure où Israël, à la faveur de la neutralisation de l'Egypte du champ de bataille (traité de Washington 1979) a multiplié les faits accomplis durant cette période allant de l'annexion du Golan, à la proclamation de Jérusalem comme capitale éternelle et unifiée de l'Etat d'Israël. Le 3ème glissement exclut la paix et les territoires et vise comme objectif «le calme», de manière à assurer la tranquillité d'Israël, sans que cela ne règle le moindre problème que sa présence a générés en terre arabe». L'auteur affirme que «la mise en application de la transaction du siècle s'est concrétisée par les six mesures suivantes: la nomination de David Friedman, partisan résolu de la colonisation israélienne de la Cisjordanie et financier de la campagne présidentielle de Donald Trump au poste d'ambassadeur des Etats-Unis en Israël, le transfert de l'ambassade des Etats-Unis de Tel Aviv vers Jérusalem, une mesure unilatérale décidée par le président américain Donald Trump le 14 mai 2018...

Le fait accompli

... à l'occasion du 70ème anniversaire de la proclamation unilatérale de l'indépendance de l'Etat hébreu, la reconnaissance de Jérusalem comme capitale de l'Etat d'Israël et du peuple juif (...), la suppression de l'aide américaine à l'UNRWA, (...), la fermeture du bureau de l'OLP à Washington, la constitution d'une «OTAN arabe» par des pays arabes exclusivement sunnites, -les pétromonarchies du Golfe, l'Egypte et la Jordanie- en vue de faire face à l'Iran et à toute éventuelle contestation que la finalisation de la transaction susciterait, les colonies de peuplement israéliennes de Cisjordanie qui abritent près de 800.000 colons, sont en voie de rattachement à Israël sans la moindre protestation internationale, dans une démarche préludant au transfert de la population palestinienne vivant à l'intérieur de l'Etat hébreu vers la Cisjordanie et dont le terme ultime sera l'établissement d'une confédération jordano-palestinienne». Atwane explique que «la stratégie israélo-américaine vise à affamer le peuple palestinien et le peuple jordanien en vue de les faire plier et accepter ce projet(...). Israéliens et Américains caressent le projet de contourner le processus des négociations directes en rattachant directement la Cisjordanie à la Jordanie, sans y inclure Israël, et sans passer par l'étape de la proclamation de l'indépendance de la Palestine, ni par la phase du référendum d'approbation de cette entité. (...). Aux termes de l'accord entre l'OLP et la Jordanie, la future confédération devrait englober en outre Israël et se constituer à l'indépendance de la Palestine. Mais l'idée que la localité d'Abu Dis (près d'El Qods) puisse remplacer Jérusalem-Est va à l'encontre des accords d'Oslo de 1993 qui prévoyaient que la partie orientale de la ville sainte soit la capitale de l'Etat de Palestine (...).