Envoyer à un ami | Version à imprimer | Version en PDF

En attente d'un relogement depuis plusieurs années: Les habitants du domaine «Jaider Mohamed» à Es-Senia bloquent la route

par D. B.

En attente d'un logement depuis plus de 3décennies, des mal-logés du domaine ‘Jaider Mohamed' , un groupement de masures, à la sortie d'Es-Senia, en allant vers la cité des 200 logements, ont bloqué l'axe routier, menant vers la cité des 200 logements. Tôt dans la matinée, des dizaines de familles ont dressé une tente au milieu de la route et installé des amas de pierres, causant un énorme bouchon et obligeant les automobilistes à faire tout un détour par le 4ème périphériques pour rallier Es-Senia. Pour parer à toute éventualité, un important dispositif sécuritaire a été mis en place par la gendarmerie. Selon les protestataires, cette action de protestation qui dure depuis les premières heures de la matinée, a été décidé par les habitants pour revendiquer le droit à un logement décent.

Nos interlocuteurs affirment que leurs habitations sont situées sur une terre agricole actée et qu'ils risquent, à tout moment, d'être chassés par la force publique. «Cela fait plusieurs années que nous interpellons les autorités pour nous intégrer dans les opérations de relogement initiées par la wilaya, mais rien n'a été fait», assure une vieille femme. Cette dernière indique que la Commission chargée du recensement s'est déplacée, sur les lieux, à 3 reprises, en 2004, 2007 et 2010 et a constaté de visu les conditions dans lesquelles vivent plus de 200 familles.

«Nous n'avions d'autres choix que de bloquer la route pour attirer l'attention des responsables sur les conditions désastreuses dans lesquelles vivent plus de 200 familles, entassées dans ce bidonville, certaines depuis plus de deux décennies. Des centaines, voire des milliers de familles ont été relogées depuis l'année dernière, et des bidonvilles ont été vidés et rasés, malheureusement aucune décision n'a été prise en ce qui nous concerne», assure un habitant des lieux. Ce dernier affirme que les familles qui, pour une raison ou une autre, ont élu domicile dans ce bidonville, souffrent le martyre et leurs conditions ne cessent de se dégrader, au fil des ans.

Des routes impraticables, des inondation à chaque petite pluie, l'insalubrité, le manque d'éclairage… «Les responsables ont affirmé qu'ils procéderont à l'éradication de tous les bidonvilles et au relogement des familles. Les dernières opérations qui ont touché les bidonvilles de Aïn Beida et Cheklaoua, nous ont donné espoir, malheureusement, nous n'avons rien vu venir. Pourquoi cette politique de deux poids, deux mesures ?» s'interrogent les protestataires. En dépit des nombreux appels lancés en direction des responsables pour trouver une solution à leurs doléances, y compris leur recasement, les choses sont restées telles qu'elles sont. «Aujourd'hui, nous n'avons d'autre espoir qu'une intervention personnelle du wali. Nous l'invitons à envoyer une commission pour constater les conditions dans lesquelles nous vivons», concluent les protestataires.

Pour rappel, l'ex-chef de daïra d'Es-Sénia avait révélé que 600 familles, vivant dans des bidonvilles, recensées en 2007, devront être relogées dans des logements décents, dans le cadre du Plan national de lutte contre l'habitat précaire. La prolifération des constructions illicites pose, toujours, problème aux autorités publiques. Selon un rapport établi par la Commission de l'aménagement urbain et de l'équipement de l'Assemblée populaire de la wilaya, quelque 155 bidonvilles ont été recensés, à travers les différentes communes de la wilaya.

Ces nouvelles statistiques fournies par la direction de la Programmation et du Suivi du budget (ex-direction de la Planification et de l'Aménagement du territoire, DPAT) indiquent que 32 bidonvilles ont été recensés, dans la seule commune d'Oran.