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Au fil... des jours - Communication politique : nouvelles du front ! (2ème partie)

par Belkacem Ahcene-Djaballah *

  Lundi 13 août 2018 :

«Dans les années à venir, il fera plus chaud et plus sec en Algérie», selon un enseignant chercheur à l'Université de Rouen, Zineddine Nouaceur, membre d'un laboratoire de recherche du CNRS spécialisé dans le domaine du climat et des risques environnementaux, co-fondateur du réseau Eau et Climat au Maghreb et qui a rédigé ou participé à la rédaction de plusieurs ouvrages traitant du climat et ses changements en Algérie et en Afrique du Nord. Il livre son point de vue dans un récent entretien, au site d'informations Tsa-algerie.com (12 août), sur les risques que fait courir le réchauffement climatique à l'Algérie. Il ne manquait plus que ça ! Sa conclusion impose à nos décideurs un suivi rigoureux dès maintenant, ou au plus tôt : «Pour la population et la société algériennes, il faut veiller dès le jeune âge à réintroduire la notion de respect et de partage du milieu de vie (l'environnement est ce qui nous entoure, environnement naturel, habitat et infrastructure. Ndlr : l'eau y compris ). Aujourd'hui ce respect existe, mais il est confiné dans chaque habitat ou maison, il est individuel et privé ; le lieu public (anciennement appelé «Beylek» ) doit être revalorisé dans le sens d'un lieu commun partagé par tous et sauvegardé pour les générations futures. Cette démarche est nécessaire et elle doit être générationnelle et introduite dans le schéma éducatif du ministère de l'Éducation nationale. La part des programmes qui évoquent les grandes problématiques environnementales doit être renforcée et prolongée sur les 3 cycles de l'enseignement (primaire, collège et lycée)». Selon l'expert, si l'on considère les moyens dont dispose le pays, la mobilisation en faveur des actions pour l'atténuation et l'adaptation sera rapide et efficace. Donc, un problème de planification, de communication, de sensiblisation et d'action... et non plus de discours politique de circonstance... prêchant... dans les «déserts» et vite emportés par les «grands vents».

Mardi 14 août 2018 :

A défaut d'obtenir avec facilité et rapidité le visa, les Algériens ont trouvé l'astuce : mettre la main sur un document attestant qu'un grand-père a participé aux guerres livrées par la France et s'offrir ainsi la nationalité française. Et, il paraît qu'ils sont près de 70 000 Algériens à avoir suivi cette procédure lors des 18 derniers mois, soit durant la période comprise entre le 2 janvier 2017 et le 30 juin 2018. Ces dizaines de milliers de demandes ont été effectuées auprès du Centre des anciens combattants algériens de l'armée française, révèle le représentant de cette catégorie d'anciens combattants algériens au journal quotidien arabophone «Ech Chourouk».

Il s'agit donc simplement d'obtenir les justificatifs nécessaires permettant aux descendants de solliciter légalement la nationalité française par filiation. Ce sont généralement les fils et les petits-fils des anciens combattants, voire eux-mêmes quand ils sont en vie, qui ont déposé ces dossiers.

En effet, le titre de reconnaissance de la Nation (française) est délivré, conformément à l'article 266-1 modifié par le décret 2001-362, aux individus ayant pris part à une guerre menée par la France après une demande officielle de la personne concernée avec pour condition la détention d'une carte d'ancien combattant.

Donc, les demandes ont explosé depuis 2004 dans le sillage de l'assouplissement des procédures introduites par les autorités françaises depuis 2004 pour l'obtention de la carte d'ancien combattant, mais aussi du titre de «reconnaissance de la nation».

A noter que près d'un demi-million (400.000) Algériens ont obtenu la nationalité française entre 1998 et 2017 selon le ministère français de l'Intérieur... et 500 000 ont quitté le pays entre 1995 et 2012 obtenant d'autres nationalités, selon le président de l'Union générale des ressortissants algériens établis à l'étranger. Ce qui est énnnnnnorme ! Et même inquiétant, ceci dit sans en vouloir à ceux qui ont désormais la double nationalité...

Un autre chiffre qui interpelle : il paraît (selon une étude de Boston Consulting Group : étude réalisée auprès de 27% de femmes et 71% d'hommes dont l'âge de la majorité interrogée varie de 27 à 37 ans), un cabinet international de conseil en stratégie, 84% des Algériens interrogés «sont prêts à s'expatrier si un emploi leur est garanti». Tous ces chiffres sont-ils à comptabliser dans les «réalisations» des années 2000 ?

Mercredi 15 août 2018 :

Lu pour vous un «Point de vue «du politologue Mohamed Hennad sur «Des régimes de gouvernance en général et du régime algérien en particulier» (El Watan, lundi 13 août 2018). Il nous fournit une check-list pratique de 13 questions pour savoir si un organe de défense nationale est effectivement «républicain».

Les questions : Niveau d'instruction (civile et militaire) ?/ Statut dans l'Etat ?/ Obéissance à une autorité civile ? / Ministre civil ou non de la Dn ?/Les chefs militaires, les CM (et leurs services spéciaux ) interviennent-ils dans les grandes décisions politiques et dans le choix des hauts responsables ?/ Mobilité du personnel politique (dans un régime militaire, on prend les mêmes et on recommence) ? Le budget est-il discuté, adopté, et contrôlé par les représentants de la nation ?/ Les salaires des CM comparés à ceux des personnels civils ? / Les privilèges dont les CM jouissent ? / La discipline des casernes est-elle fondée sur des considérations fonctionnelles ou plutôt arbitraires ? / Les CM s'adonnent-ils au «business» ? / Quel est le patrimoine mobilier et immobilier des CM et de leur progéniture ? Combien de CM sont passés devant les tribunaux pour fautes graves ?

Vous notez chaque question en fonction de la réponse que vous dégagez (de 1 à 3 points sauf la première question, notée de 1 à 4)... et, plus la note finale s'approche de 40 points, plus le régime, «y compris le nôtre, sera considéré de nature militaire».

Jeudi 16 août 2018 :

Lors d'un discours prononcé à l'occasion de la commémoration du code du statut personnel et de la fête nationale de la Femme, le président tunisien, Béji Caïd Essebsi, a déclaré officiellement que la Tunisie est «un état civil et soumis à la Constitution». «Nous n'avons aucune relation avec l'histoire du Coran ou celle de la religion. Nous œuvrons sur la base de la Constitution dont les dispositions sont impératives. Celui qui pense que la Tunisie se réfère à la religion, il a tort car c'est faux».

Lors de cette cérémonie officielle, le président Essebsi a affirmé qu'il est nécessaire de changer les dispositions du code du statut personnel et a officiellement tranché sur la question de l'égalité dans l'héritage, soulignant que l'égalité entre homme et femme dans l'héritage doit être édicté par une loi. Voilà qui a déplu... à certains de nos politiciens et de nos journalistes qui se sont mis à tenir des discours... frisant «l'ingérence dans les affaires intérieures d'un pays étranger», «frère et ami» de surcroît. Peur de la contagion ? Démagogie ? Opportunisme politique ? Surenchère politicienne ? Ou simple ignorance de l'évolution (nécessaire, à mon avis) des sociétés, dont celles musulmanes ? Sauf si l'on se prend pour une «nation» élue donnant bien plus de leçons qu'à en apprendre!

Notons que la Tunisie est l'un des premiers pays musulmans à avoir autorisé le mariage de Tunisiennes avec des étrangers sans que ces derniers se convertissent à l'Islam. Bourguiba a construit sa notoriété (qui dure encore) en raison de ses prises de position cultu(r)elles, parfois avec trop de vigueur. La passion et la conviction conjuguées... Beji Caid Essebsi, qui l'a bien connu, le sait bien et il a bien retenu la leçon... N'est-ce pas son droit de chercher à inscrire son nom sur les tablettes de la postérité... non pas en allant dans le sens du vent de la religiosité frileuse ou peureuse mais dans celui du progrès sociétal adapté au monde moderne, connecté au réel et non à on ne sait quel paradis perdu ou à retrouver.

Vendredi 17 août 2018 :

Lu pour vous : «Sans doute la classe disposant du pouvoir politique considère-t-elle qu'il est plus facile de contrôler une société d'idiots que de gouverner un peuple intelligent. C'est un mauvais calcul, car «l'illettrisme engendre la violence» (comme moyen d'expression et, pire, de pensée), «et l'insécurité appelle la tyrannie» (Ingrid Riocreux, La langue des médias, Éditions du Toucan, France)

Samedi 18 août 2018 :

La DGSN a appelé, récemment, dans un communiqué diffusé sur son site officiel, les citoyens à faire preuve de «vigilance» et à se méfier des «fake news» diffusées sur les réseaux sociaux, à propos de la vie professionnelle et familiale de personnes appartenant à cette institution.

La DGSN, ajoute la même source, «se réserve le droit d'engager des poursuites en justice contre les personnes qui diffusent ces fausses informations».

Le communiqué de la DGSN ne donne pas de détails précis sur le contenu de ces «fake news», mais il s'agit des rumeurs qui ont proliféré ces derniers temps sur les réseaux sociaux, faisant état d'»arrestations», d'»interdictions de sorties du territoire» d'anciens cadres de la DGSN dont il a été mis fin aux fonctions.

L'appel sera-t-il entendu ? On l'espère, mais on ne se fait guère d'illusions. Car, malgré les «menaces» de poursuites judiciaires, légitimes en cas d'infraction repertoriée par la loi, le pli est pris et le tsunami numérique est devenu quasi-incontrôlable... partout à travers le monde démocratique (ou se disant ou se prétendant comme tel). Les conférences et les points de presse et même les communiqués de presse ne suffisent pas, ne suffisent plus. La seule solution : une transparence encore plus grande, plus rapide et plus large au niveau des institutions et des personnalités assumant ou ayant assumé (à leurs risques et périls) des fonctions publiques... sur lesquelles le citoyen lambda estime avoir un droit de regard. Il y a été habitué (et/ou poussé)... par le discours politique... un discours éternellement démagogique, car dans le feu de l'«action» on s'oublie assez vite, disant ainsi soit des vérités (à ne pas dire) soit des «idioties».

Dimanche 19 août 2018 :

Deux Régions militaires, importantes, il est vrai ( 1ère et 5ème ) changent de «chefs» et voilà qui désarçonne les médias algériens. Car, c'est le temps des congés et les analystes ne sont pas là. On consulte les «sources» : le départ des généraux-majors est une chose «normale», disent-elles. «Problèmes de santé» pour certains»... «Injecter du sang neuf !» pour d'autres... «Appelés à d‘autres fonctions !», selon les plus optimistes... Le problème, c'est que ces changements arrivent bien loin du 5 Juillet et du 1er Novembre, dates symboliques nous ayant habitués aux départs, aux arrivées et aux promotions. Le problème, c'est que, juste avant, on a assisté au départ d'autres responsables au niveau du ministère lui-même ( à la Gendarmerie nationale, aux Finances et au Service national)... et de la Sûreté nationale (dirigée par un... général-major). Le problème, c'est que tout cela arrive juste après le scandale de «l'affaire de la cocaïne saisie au port d'Oran»... et avant la présidentielle de 2019. Le problème c'est le mode de communication pour le moins bizarre avec laquelle les changements se produisent : souvent, il n'y a pas de communiqués qui annoncent ces changements mais seulement des infos par le biais de fuites dans certains médias bien précis (pas les médias publics comme d'habitude). Mais passons ! «Une sortie de caserne hors saison» titre le soir même un site électronique d'informations... Donc, génératrice, chez nos concitoyens, d'interrogations et de supputations légitimes. Bien sûr, en matière de com' les simples communiqués ne suffisent pas (ne suffisent plus, car le citoyen d'aujourd'hui n'a rien à voir avec celui des années 70-80 et même 90 ) à tout expliquer et les «fuites» encore moins... mais l'essentiel, pour l'instant, n'a-t-il pas été d'informer rapidement des changements et de ne pas, de ne plus laisser la «rumeur» et les «fake news» commettre leurs dégâts habituels. Sauf, sauf... s'il y a «anguille sous roche» pour faire oublier certains dossiers !

Lundi 20 août 2018 :

Depuis quelques jours, en effet, Amine Zaoui fait face à une violente campagne sur les réseaux sociaux et au niveau de certaines chaînes privées «algériennes» off-shore. L'écrivain et universitaire, qui tient une chronique hebdomadaire toujours pleine de dures vérités, dans le quotidien francophone Liberté, a écrit, récemment, un texte où il vilipende la société pour certaines de ses pratiques arriérées. Il assimile, en gros, les images des Algériens introduisant les moutons et autres bêtes dans les zones urbaines à l'occasion de l'Aïd, à une bédouinisation de la société : «(…) Avec les moutons qui envahissent les belles rues, la bédouinisation-islamique se généralise»

«Elle touche des universitaires, c'est-à-dire des douktours. La bédouinisation-islamique contamine des politiques, c'est-à-dire des chefs des partis de la gauche et ceux de la droite... tous maladroits et «gauches»... «Tout le monde court après son mouton afin de peser les testicules de la bête et enregistrer la musique de ses bêlements ! SVP, arrêtez cette bédouinisation de nos belles villes algériennes», a-t-il ajouté.

Certains «critiques avancent que Zaoui ne vit pas en Algérie, ou ne connaît pas ( ?!) sa société. D'autres vont plus loin... appelant même à la violence contre Zaoui. Ils estiment que l'auteur est «contre l'islam». La campagne a même fait adhérer des personnalités publiques et certains syndicalistes... comme le député islamiste, Hassan Aribi qui poursuit ses «croisades» contre tous ceux qu'il juge réfractaires à l'islam et aux «constantes nationales».

Heureusement, sur les réseaux sociaux, il n'y a pas que des adversaires de Zaoui. L'homme compte également beaucoup des soutiens, politologues, journalistes et intellectuels. Car, en fait, Amine Zaoui a tout simplement dit tout haut ce que tout le monde pense tout bas... et ce ne sont pas les millions de peaux «récoltées» (on verra le résultat réel dans quelques jours) qui vont se transformer en tamis cachant le soleil et faitre oublier les gros dégâts faits à la cité, aux habitants (dont, peut-être, des épidémies mortelles dues aux rassemblements anarchiques et incontrôlés d'animaux) et à l'environnement. Sans compter les chocs traumatiques chez les enfants face aux cérémonies d'«égorgement».

A suivre