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Ils avaient pris le départ d'El Kala: Huit «harraga» secourus au large de la Tunisie

par Moncef Wafi

Les ‘harraga' algériens refont parler d'eux et cette fois-ci, leurs échos nous parviennent de la Tunisie où une unité de la garde maritime a sauvé huit d'entre eux, âgés entre 20 et 30 ans, appelant au secours du côté ouest de l'île de la Galite du gouvernorat de Bizerte. Le ministère tunisien de la Défense nationale a indiqué, dans un communiqué, qu'ils avaient quitté les côtes d'El Kala, dans la wilaya d'El Tarf, dans la nuit du 24 au 25 août, pour rejoindre les côtes italiennes.

Les migrants algériens ont été transférés au port de Tabarka et remis à la Garde nationale, afin de finaliser les procédures. Ce n'est pas la première fois que les garde-côtes tunisiens portent secours à des ‘harraga' en détresse puisqu'en novembre 2015, vingt-cinq Algériens ont été secourus au large de Bizerte.

Leur embarcation avait pris de l'eau avant de tomber en panne de carburant. Pourtant, la suite des événements n'est pas toujours propice aux Algériens qui se retrouvent souvent dans les geôles tunisiennes. En 2016, des dizaines de familles de ‘harraga' disparus en mer ou détenus dans les prisons tunisiennes, avaient tenu un sit-in de protestation devant le consulat de Tunisie, à Annaba, en scandant : «Libérez nos enfants, rendez-nous nos enfants».

De nombreuses familles étaient toujours à la recherche de leurs fils portés disparus ou retenus par les services pénitentiaires tunisiens. Le Consul tunisien à Annaba avait reçu deux représentants des familles et une requête lui a été remise. L'avocat des familles des ‘haraga', Me Zerguine Kouceila, avait lancé un ultimatum aux autorités tunisiennes pour libérer lesdits détenus, sinon une plainte à l'encontre de l'Etat tunisien allait être déposée au Tribunal de Genève. L'avocat avait souligné qu'un recours allait être déposé auprès de l'ONU.

Depuis décembre 2015, le phénomène de l'émigration clandestine a repris avec force comme ce fut le cas depuis son extension en 2006, ce qui a fait réagir les autorités italiennes, première cible avec l'Espagne, des ‘harraga' algériens.

La prochaine visite du très controversé ministre italien de l'Intérieur, Matteo Salvini, en Algérie, Tunisie et au Maroc devra s'articuler, autour de ce dossier. Rappelons que la question de l'immigration clandestine est le cheval de bataille de la coalition, entre la Ligue et le ‘Mouvement 5 Étoiles', au pouvoir en Italie, depuis mai dernier, dont le programme commun, hostile à l'immigration, prévoit l'expulsion de 500.000 personnes en 5 ans et la fermeture des frontières aux migrants. Les ‘harraga' algériens font, depuis quelque temps, l'actualité en Italie et particulièrement, dans la région de Sardaigne avec la montée au créneau des politiques issus du parti de Berlusconi, ‘Forza Italia'. L'ancien président de la région, en poste de 2009 à 2014, Ugo Cappellacci a interpellé le gouvernement à intervenir dans le dossier des ‘harraga' en affirmant que «les débarquements d'immigrants illégaux sur l'axe Algérie-Sardaigne sont une urgence nationale», appelant à «une intervention décisive du gouvernement».