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Rassemblement annoncé devant le ministère: Les médecins résidents renouent avec la protesta

par Yazid Alilat

Les médecins résidents renouent, ce dimanche, avec la «protesta», en rappelant au ministre de la Santé qu'il n'a pas tenu ses promesses, faites en contrepartie du gel du mouvement de grève, observé pendant huit mois.

Dans un communiqué, daté de vendredi, le Collectif autonome des médecins résidents algériens (Camra) a indiqué que le mouvement de protestation reprendra, ce dimanche 2 septembre. Le Camra annonce ainsi que les médecins résidents affiliés au collectif « protesteront, pacifiquement, contre le mutisme et les promesses non tenues des deux ministères de tutelles, le 2 septembre, devant le siège du ministère de la Santé. » L'un des objectifs de ce sit-in devant le ministère est « la réouverture du dialogue ». Le dialogue entre le ministère de la Santé et le Camra est au point mort, depuis le mois d'avril dernier, et aucune avancée n'avait été enregistrée au bout de huit mois de grève des médecins et dentistes résidents. Le ministère avait fait des propositions au printemps dernier, notamment pour le service civil, le statut des résidents, la prime de zone, la dotation des structures qui en sont dépourvues de plateaux techniques, mais qui ont été jugées insuffisantes par le Collectif, notamment sur la durée du service civil et le service national, qui relève du ministère de la Défense. Ce dimanche, les résidents en médecine vont interpeller les ministères de la Santé et de l'Enseignement supérieur pour l'exécution des décisions ou promesses contenues dans le procès-verbal, établi au mois d'avril dernier. Ils demanderont, également, l'organisation d'une session de rattrapage pour les candidats « recalés » au DEMS qui s'est déroulé en juillet, ainsi que la réintégration de l'ensemble des résidents exclus. Il y a, également, l'autre interrogation, celle de savoir si l'année pédagogique sera validée ou non, car si le ministère est favorable, certains professeurs, chefs de services, ne le sont pas. Bref, un autre « casse-tête » pour le ministère de la Santé, qui sera en appel face à ce nouveau front, celui des médecins résidents, qui entendent reprendre leur mouvement de protestation.

Le Camara avait, en fait, annoncé le 23 juin dernier, que le gel de la grève est un « signe de bonne volonté après la déclaration du ministre (de la Santé, Ndlr), promettant des solutions concrètes, s'il y a une reprise du travail des résidents. » Dès lors, le Camra rappelle que le gel de la grève « est conditionné par un dialogue objectif et des solutions concrètes ». Pour autant, le ministère de la Santé n'a donné aucune suite ni concrétisé ses promesses. « Depuis une semaine, il n'y a rien. Aucun écho du ministère de l'Enseignement supérieur, encore moins celui de la Santé. Rien », avait affirmé à notre rédaction le Dr Sadek Hamlaoui, délégué du Camra. « Le ministère de la Santé ne nous a pas contacté, et n'a donné ni de date, ni de proposition », a-t-il ajouté. Pourtant, le ministre de la Santé Mokhtar Hasbellaoui avait indiqué que « les médecins grévistes doivent d'abord arrêter la grève. Je précise qu'il ne s'agit pas de reprendre uniquement les gardes de nuit et durant les week-ends, mais de renouer avec l'activité hospitalière habituelle. Autrement dit, je ne les recevrai pas tant qu'ils seront en grève. »

Les revendications des résidents portent, essentiellement, sur l'abrogation du caractère obligatoire du service civil et son remplacement par un autre système de couverture sanitaire, le droit à la dispense du service militaire, le droit à une formation de qualité, la révision du statut général du résident, le droit aux Œuvres sociales, ainsi que le droit à l'agrément d'installation, à titre privé de spécialistes en biologie clinique. Dans le même communiqué du 23 juin dernier, le Camra avait, également, souligné que « nous ne renonçons pas à nos revendications que nous voulons formuler avec pragmatisme, dans le cadre de négociations responsables, afin d'établir un compromis acceptable par tous. Des solutions existent, nous en sommes convaincus et doivent pouvoir s'articuler dans une démarche nouvelle avec l'exigence d'une sortie de crise rapide, garantissant la protection des droits de tous les résidents.»