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Un Algérien chez les Zoulous

par Un Reportage Réalisé Par Réda Brixi

Zoulou, Baleikou, laissez passer la bourlingue aux ondes baladeuses au pays de Mandela. Le territoire de l'Afrique du Sud est l'un des berceaux de l'humanité. Depuis les australopithèques, il y a trois millions d'années, Bushmens, Bantous, Zoulous, Afrikaners et Anglais ont prolongé cette première aventure humaine pour forger une nation nouvelle. L'avenir du pays est désormais voué à la recherche d'une unité respectant la multiplicité des cultures.

Comprendre l'Afrique du Sud aujourd'hui, c'est d'abord accepter l'idée qu'elle est un pays riche du tiers-monde (émergent) plutôt qu'un pays développé pauvre. Son essor dépend avant tout d'une stabilité politique et de son talent sur la scène internationale et des ultimes négociations sur les terres et les «townshipes». On dit que Mandela a été «soft», souple, génial, pour se débarrasser de «l'apartheid» évitant ainsi une confrontation de violence sans fin. L'Afrique du Sud s'est libérée de la crise raciste, mais plusieurs points demeurent à débattre afin que les Africains puissent jouir de leur indépendance. Le problème c'est que les blancs dominent encore l'économie et les Africains peinent encore dans les bidonvilles et le maintien à des postes subalternes malgré l'émergence d'une élite. Heureusement que le pays est immense et qu'il peut encore absorber une émigration sélectionnée comme celle du Canada. N'empêhe que l'héritage de la violence couve dans les grandes villes et les criminologies avec le Sida battent le record. Zoulou, baleikou, je m'enfonce droit au pays de «l'arc en ciel». Que sélectionner dans cet immense pays ? «Il fait deux fois la France», me déclare fièrement le chauffeur de taxi. Je lui réplique tout de go que l'Algérie en fait cinq fois aux temps où les Gaulois étaient nos ancêtres.

A Johannesburg, tout près de Pretoria, la capitale, je voulais d'abord visiter Soweto, ce township célèbre qui a mis le feu aux poudres par leurs soulèvements. Soweto, diminutif de south western towsnship, que peu de blancs afrikaners ont foulé de leurs pieds. Mais les touristes européens en font un pèlerinage. Pour quelle raison ? Tout simplement parce qu'on y rencontre l'essence, l'âme même de l'Afrique du Sud, ses quartiers populaires, ses marchés africains. C'est ici que s'est construite, au fil d'héroïques années, la victoire contre l'apartheid. Une visite non seulement affective, mais aussi sociale et culturelle. Soweto, c'est neuf ethnies, quatre millions sur 120 km². Avec un guide, je le suis de près. Il m'a revêtu d'un teeshirt avec une inscription certainement codée. En plus, s'ils savaient que j'étais algérien, l'estime en redoublerait car tout monde connait l'escapade de Mandela dans les camps d'entraînement à l'époque de l'Algérie glorieuse. Les jeunes ne font que clamer : one, two, tree, viva l'algérie quand il aperçoive le petit drapeau sur ma casquette. Les invitations pleuvaient pour un café sur le zinc et sous le zinc. Avec le Musée de l'Apartheid, la maison de Nelson Mandela à Soweto, nous avons une idée sur l'histoire récente de l'Afrique du Sud.

Si les blancs jouent au rugby, ici on tape sur tout ce qui est rond. A Soweto, le football est «l'opium du peuple» comme disait Karl Marx. Le gouvernement ne s'y est pas trompé. A l'occasion de la coupe du monde de 2010, un immense stade de 95.000 places a été construit à l'entrée de Soweto.

Dans l'immense soweto, chaque type d'habitation est gratifié d'un sobriquet, comme l'a déclaré auparavant, feu le président Kadhafi menaçant : Zinca par Zinca. Les baraques au toit de tôle arrondi se nomment éléphant Houses les bidons villes : shacks, les boutiques alignées dans un même bâtiment : train shops… Quand à la traditionnelle maisonnette de brique, la maison «boite d'allumette», elle se prolonge souvent d'une extension en tôle pour pouvoir loger toute la tribu qui vient de loin. Même les garages sont aménagés en pièce «habitable», comme à la plage de sidna Youchaa en été.

Le Musée, en plein centre, draine une foule de touristes intéressés de connaître les traces de Mandela, ce grand artisan de la paix. Musée assez spacieux situé dans un parc, il met en exergue la vie de Mandela depuis son enfance, son fameux bagne de «Rebben Island» avec ses 29 ans d'emprisonnement, son militantisme, sa création du parti de l'ANC, etc.

De la cité d'or à la cité perdue

Centre de gravité du pays, la région de Johanesburg se développa après la découverte de l'or en 1886. Soweto, immense bidonville, un réservoir d'ouvriers et dortoir de la ville industrielle de Johanesburg où s'entassent d'une façon anarchique, des baraques «boites d'allumettes». Tous les matins, c'est des milliers de minibus qui prennent la route du travail. Transport monopolisé par un «gang mafiosi», l'Etat impuissant se heurte à cette situation qui dure jusqu'à cette date. Il a même pensé à créer une route spéciale pour contrôler les faramineux gains. Mais en vain, le ver est dans le fruit. Avec les mines de diamants et d'or, la récupération des terres et l'enrayement des bidonvilles, les Africains négocient, négocient, encore.

Sun city, une Atlantide africaine

A deux heures de voiture, dans les montagnes sauvages du Pilanesberg, se niche le Las Vegas sud-africain, la rutilante Sun City. Ce luxueux site de villégiature et de divertissement a été créé par le magnant de l'hôtellerie sud africain Sol Kerzner. La vraie folie du complexe c'est le parc d'attraction : Lost City, un des fantasme du milliardaire les plus déments jamais réalisés, la folie d'un enfant gâté qui aurait voulu être tout à la fois Indiana Jones découvrant en pleine jungle la cité perdue, et un prince des Mille et une nuits, inauguré en 1992. Oeuvre pharaonique, Lost City se révèle un festival de fantaisies architecturales, de grottes, de tours, de clochetons, de gargouilles, de pinacles, d'arcades, de façades ciselées, un panel des mélanges de styles les plus fous de l'histoire, indo-gaudien, égypto-baroque, islamo-grec, saupoudré de manuelin portugais, de délire rococos, inouis. D'ailleurs, The palace of de Lost City, comble de l'élitisme avec bordj el Arab à dubai où il faut payer pour le visiter (et sur réservation SVP).

Comme pour Las Vegas, à visiter comme un fantastique délire architectural ou comme le symbole le plus époustouflant de la société de consommation.

Palace of the Lost City : à tout seigneur tout honneur, je suis venu en grande partie pour lui. Ce chef d'œuvre délirant où plus d'un million d'arbres furent plantés autour d'un palais des Mille et une nuits dans une frénésie de style inégalée. Plus de 5 000 ouvriers y travaillèrent en même temps. Pour élever les murs, 200 maçons empilaient un million de briques chaque mois, les électriciens posèrent 75 km de câbles, de fils électrique et 6 500 prises. Les motifs des tapis et tentures furent créés exclusivement, les portes de 338 chambres, toutes sculptées à la main. On entre dans le hall monumental, dont le dôme de 16 m de diamètre culmine à 25 m par une porte en bois de 17 m de haut. Trop lourde, elle ne se ferme jamais comme les portes des casinos de Las Végas. La description de ce palais est à n'en plus finir. Le résultat est une délectation à vous faire enivrer. Une saoulerie gratuite qui vous pousse à une méditation profonde accompagnée d'une sieste sublime.

The Los city Jungle totalement recrée, et avec quels moyens et talent ! Sur 25 ha, plus de 1 600 000 plantes (3 200 variétés différentes) arbres, bosquets et buissons (4 000 arbres adultes) replantés, dont de très gros baobads (certains pesaient 75 tonnes), forêt équatoriale par endroits reconstituée harmonieusement. Quelques sentiers aménagés assez larges, où se faufilent des camionnettes de safari aménagées en quête d'un plaisir à la découverte d'animaux sauvages. Le plasir des yeux est à son comble devant la grandeur nature d'une girafe ou d'un éléphant. En cours de route, quelques belles chutes d'eau, et deci delà quelques ruines de la cité perdue qui nécessitèrent quelque chose comme 30 millions de briques. The vallée of de Waves (la vallée des vagues) partie prenante de la Cité perdue, cette vallée des vagues est l'une des attractions majeures de Sun City. Arrivée fantastique par une immense grotte sculptée de silhouettes d'animaux, donnant sur une allée bordée d'éléphants.

(suite : au pays zoulou)