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Grève des médecins résidents: Le pourrissement

par Ghania Oukazi

Le ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique pense à exclure les médecins résidents grévistes en annulant leur cursus universitaire.

Des indiscrétions du cabinet du ministère de Tahar Hadjar font ainsi craindre le pire aux médecins résidents qui sont en grève depuis le 14 novembre dernier. Après l'échec de leurs pourparlers avec le ministère de la Santé et la commission mixte, les grévistes ont demandé d'être reçus par le ministre de l'Enseignement supérieur (MESRS) «dans l'espoir de voir l'examen du DEMS réorganisé et fixé à une date ultérieure mais précise», nous disent certains d'entre eux. Ils devaient être reçus hier à la faculté de médecine de Ben Aknoun pas par le ministre mais par une directrice centrale, chef de service pneumologie à l'hôpital de Bab El Oued. L'on pense ainsi que Hadjar n'a pas jugé intéressant ou utile de les recevoir en personne. «Le pourrissement de la situation et l'entêtement des résidents à vouloir arracher des droits impossibles comme l'annulation du service civil et du service national font que les responsables ne leur donnent pas d'importance, ils veulent voir jusqu'où pourra aller leur acharnement et leur manque de sérieux», nous fait savoir un haut fonctionnaire de l'Etat. L'on pense que «les résidents eux-mêmes sont lassés de poursuivre un mouvement qui semble buter contre un mur». Par leur demande d'une réunion avec le MESRS, ils avaient, nous dit-on, «l'espoir de demander le report de l'examen du DEMS parce qu'ils sont persuadés que s'il est tout de suite prévu, une grande majorité d'entre les grévistes ira le passer, ils craignent en tout cas un essoufflement réel de leur mouvement». L'on rappelle que les délais des examens sont largement dépassés puisque chaque année une première session est programmée entre décembre et janvier et une seconde ce mois-ci.

Il faut croire qu'aucune partie du conflit ne veut céder «encore moins s'attendre à ce qu'il y ait un arbitrage du président de la République comme ça a été le cas pour les enseignants grévistes», affirment nos sources. L'on estime que «le président de la République n'interviendra probablement pas parce que la revendication que les résidents mettent en tête de liste est l'annulation du service civil et du service national, ce qui est une aberration et ce que le président n'acceptera jamais parce que le service civil est pour consacrer une solidarité nationale qui lui est chère tout autant que le service national qui lui, plus est, soutient la force de ses armées(…).»

Si les choses évoluent comme le veut le MESRS, les résidents vont être les seuls perdants puisque nous dit-on «les 4es années perdront leur cursus, ne passeront pas leur DEMS et s'ils sont appelés au service national, ils seront pris comme médecins généralistes». Pis encore, au ministère de l'Enseignement supérieur, on entend dire que «si ces résidents pensent à repasser l'année prochaine leur DEMS, ils le feront à titre de candidats libres». Les premières années qui ont commencé leurs cours le 8 novembre dernier ne sont pas mieux lotis tant l'on pense que «comme leurs aînés, ils méritent eux aussi l'exclusion». Nombreux sont les chefs de services de CHU qui affirment que «les résidents se sont rendu compte que sans eux les services hospitaliers marchent, les consultations et les soins sont quotidiens, il n'y a aucun service qui s'est arrêté de travailler…».