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Une prime d'installation pour les médecins résidents

par Yazid Alilat

Légère décrispation dans le dossier des médecins résidents, en grève ouverte depuis le mois de décembre dernier à l'appui de revendications socioprofessionnelles, dont la suppression du service civil, ou du moins la levée de son caractère obligatoire.

Hier dimanche, lors d'une autre rencontre entre les représentants des médecins résidents, le Camra, et des responsables du ministère de la Santé, il y a eu un léger dégel de la situation, avec deux importantes propositions. La première est relative à la révision à la baisse du nombre de spécialités faisant l'objet du service civil, la seconde est une prime à l'installation aux médecins résidents, annoncée par le ministre, Mokhtar Hesbellaoui, qui a assisté à cette rencontre. Annoncée jeudi dernier, la rencontre d'hier dimanche entre le Collectif des médecins résidents algériens et des responsables du ministère, le Pr Bendib étant le ‘'régulateur'' de ces discussions, a donc accouché de propositions qui ont été soumises au Camra. La commission chargée du dossier des revendications des médecins résidents a proposé hier dimanche la révision à la baisse du nombre de spécialités concernées par le service civil. La commission a indiqué, sans les spécifier, que le service civil ne concernera dorénavant que 20 spécialités sur les 38 actuelles. En fait, jusqu'à présent, le service civil concernait 38 des 67 spécialités médicales appliquées en Algérie. C'est l'inspecteur général du ministère de la Santé, Omar Beredjouane, qui a annoncé cette proposition. Mais, cette proposition, une importante concession du ministère aux grévistes, ne devrait pas être entérinée par les médecins résidents, qui, faut-il le rappeler, exigent soit la suppression de ce système introduit en 1984, soit sa révision, soit la levée de son caractère obligatoire. ‘'Mais pas qu'il soit maintenu sous une autre forme'', estime une source proche des médecins résidents. ‘'Nous voulons une levée du caractère obligatoire du service civil, ou un réaménagement'', indique au Quotidien d'Oran un médecin résident de l'hôpital Ferroudja de Blida. La rencontre d'hier dimanche entre les deux parties avait comme ordre du jour exclusivement le point du service civil. Par ailleurs, le ministre de la Santé, présent à cette rencontre, a annoncé de son côté que le Premier ministre Ahmed Ouyahia a proposé aux médecins résidents une prime d'installation dans leurs fonctions au niveau des wilayas d'affectation, et prise en charge par les walis. «Le Premier ministre a proposé, après concertation, une prime d'installation qui sera accordée par les collectivités locales aux médecins-résidents et ce, en fonction des zones et après la création du cadre juridique», a-t-il dit, précisant que la fourchette de cette prime «n'a pas encore été arrêtée». Le ministre, qui a rappelé que son département «ne fermera jamais les portes du dialogue'', dira qu'il ne peut travailler ‘'sans se référer aux lois de la République et à la réglementation en vigueur dans son secteur». «Nous avons réglé grâce à ce cadre juridique certaines préoccupations», a t-il souligné, mais sans aborder directement la pierre d'achoppement des négociations, le caractère obligatoire du service civil, entre son département et les représentants des médecins résidents. Mais, il ajoute que la Commission intersectorielle va étudier également «les différents dysfonctionnements» que rencontre le secteur de la Santé, dont les problèmes de transport et le manque de matériels et celui du service civil. «La commission devra formuler, lors de cette rencontre, d'autres propositions», a-t-il dit, insistant sur le fait que son département aspire à «réorganiser le système de santé». Pour autant, le ministre n'a pas fait grand mystère de son inquiétude devant la persistance de la grève, appelant les médecins résidents à reprendre ‘'travail dans l'immédiat». Et, ‘'chacun de nous doit assurer et assumer ses responsabilités», a-t-il averti.

Par ailleurs, les autres dossiers relatifs aux revendications des médecins résidents sont en voie de règlement, selon le ministre, notamment le regroupement familial, un logement décent, la formation continue et l'amélioration des services techniques. L'autre douche froide de cette journée aura été le gel des salaires de la corporation, qui «ne peut pas être révisé à l'heure actuelle», selon M. Hesbellaoui. Les autres revendications des médecins résidents portent sur la révision du statut général du résident et le droit aux oeuvres sociales.