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En Espagne: Enquête sur la centrale hybride de Hassi R'mel

par Yazid Alilat

Nouveau coup dur pour l'Algérie et son secteur de l'Energie, qui n'en finit pas avec les scandales liés à la corruption supposée. La justice espagnole a lancé une enquête sur de présupposés pots-de-vin versés par le groupe d'ingénierie espagnol ‘Abengoa' pour obtenir le marché de réalisation de la centrale hybride de Hassi R'mel, inaugurée en 2011. Selon ‘El Economista' et ‘El Correo de Andalucia', des enquêteurs, mandatés par la justice espagnole, avaient perquisitionné vendredi le siège du groupe à Séville, afin d'avoir de plus amples informations sur la gestion de ce projet par la filiale d»Abengoa', la société ‘Abener' en Algérie. La presse andalouse ajoute que les soupçons de la justice espagnole portent sur les termes de la réalisation du projet de la centrale hybride (solaire-gaz) ‘Solar Power Plant 1' dénommée SPP1. Ce projet, réalisé en joint-venture avec des entreprises algériennes et espagnoles, «faisait objet d'une enquête sur la période s'étalant entre 2006 et 2007», selon la presse andalouse, qui a indiqué que les enquêteurs de la police judiciaire espagnole avaient récupéré vendredi plus de 130 giga-octets d'informations.

Ces informations proviennent des e-mails envoyés par plusieurs ex-directeurs de la compagnie depuis 2007, dont l'ancien président de la filiale, ‘Abeinsa' Alfonso González. L'enquête avait été déclenchée en 2015, et la descente de vendredi au siège d' ‘Abengoa' par des enquêteurs, s'inscrit dans le cadre d'une enquête complémentaire, explique la presse espagnole. La justice locale pense qu'il y a eu malversations lors de la conclusion de ce projet de centrale hybride de Hassi R'mel, mise en service en juillet 2011. De son côté, ‘El Confidential' a indiqué que la police judiciaire espagnole a investi, jeudi dernier, le siège d' ‘Abengoa, à Palmas Altas, pour une enquête liée au rôle de l'entreprise dans le projet d'une usine hybride gaz-solaire inaugurée en 2011, en Algérie, avec un investissement de 315 millions d'euros. Selon ‘El Confidencial', il y a eu un paiement présumé de commissions. Pour sa part, le groupe ‘Abengoa' a indiqué avoir reçu «une demande, en 2015, concernant une enquête judiciaire en cours concernant certains aspects du projet SPP1, en Algérie, pour la période 2006-2007». «Cette exigence de la justice espagnole a été exécutée en fournissant les informations demandées et les explications pertinentes», a expliqué la multinationale sévillane. La société a également souligné, selon la presse andalouse, qu'elle était à la disposition des autorités et a offert «sa collaboration maximale pour l'identification de la documentation» saisie par les enquêteurs, qui ont pris environ 130 gigaoctets d'informations provenant d'e-mails de plusieurs ex-directeurs depuis 2007, y compris Alfonso González, Simosa IT (filiale informatique d'Abengoa). Les principaux actionnaires de la ‘Solar Power Plant One (SPP1) sont ‘Abener' à hauteur de 51%, la NEAL (New Energy Algeria) avec 20%, la Cofides (une compagnie espagnole de financement de projets) avec 15%, et enfin le groupe Sonatrach, avec 14%.

La centrale SPP1 est installée à la limite sud de la wilaya de Laghouat. Le projet en question a été conclu, en 2007, du temps de l'ex-ministre de l'Energie, Chakib Khellil.

Cette enquête de la justice espagnole sur de supposées malversations lors de la conclusion de ce projet, entre les différents co-contractants, vient agrandir la petite pile de scandales que collectionne désormais le secteur énergétique algérien, entre 2004 et 2010, une période durant laquelle de nombreux faits liés à des pots-de-vin ont éclaboussé le groupe algérien Sonatrach, autant avec des partenaires canadiens, qu'italiens notamment. L'enquête de la justice espagnole reste «ouverte», selon la presse locale.