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Tension persistante à l'ENMTP

par A.Mallem

Dans une atmosphère lourde, chargée des menaces de grève, des assemblées générales de travailleurs se sont tenues, mardi et mercredi, dans les unités de production de l'Entreprise nationale des matériels de travaux publics (ENMTP) dont le siège social se trouve dans la zone industrielle de Ain Smara. Ces réunions ont été organisées, suite à l'échec des négociations sur les augmentations de salaires réclamées par le collectif des travailleurs de la zone, négociations qui, pour rappel, avaient été engagées, la semaine dernière, entre les représentants légaux des travailleurs et la direction générale de l'Entreprise. Selon M. Touati, secrétaire général de la section syndicale de la filiale Somatel-Liebherr (Ex-CPG) de l'ENMTP que nous avons interrogé hier, ces assemblées générales qui ont débuté, mardi, au sein des deux filiales Somatel-Liebherr et Somatel et se sont poursuivi, hier, à l'unité de production de la Sofafe, étaient destinées « à expliquer aux travailleurs les raisons avancées par le partenaire social qui font que, selon lui, dans la conjoncture économique et financière actuelle de l'entreprise, leurs revendications ne peuvent pas être acceptées, au risque de provoquer un déséquilibre financier de l'entreprise ».

Au début de ces réunions, les délégués du syndicat de l'UGTA ayant participé aux négociations salariales avec la direction générale de l'ENMTP, ont fait un compte-rendu complet des tractations qui ont été menées du 14 au 25 janvier en cours, tout en expliquant les arguments présentés par les représentants de la DG. Mais les travailleurs ont réitéré leurs revendications d'augmentation des salaires, arguant du fait que leur filiale, la Somatel-Liebherr, une joint-venture entre l'ENMTP qui détient 51% des parts et la société allemande Liebherr (49 %) possède la meilleure santé financière de toutes les autres et peut se permettre d'opérer une augmentation des salaires de ses travailleurs, mais les partenaires sociaux ont rejeté cette idée d'augmentation, disant que le problème concerne toute l'entreprise et qu'il faut lui apporter une solution globale. Les travailleurs et les représentants syndicaux ont profité de ces réunions pour réaffirmer leur plein soutien à leurs 5 camarades qui ont fait l'objet de poursuites judiciaires engagées contre eux par la direction générale après la grève du 14 janvier qui a duré 5 jours et ont exigé que ces poursuites soient abandonnées.

«Dans le cas contraire, nous ont déclaré, hier, des travailleurs de Somatel, au sortir de l'assemblée générale, nous serons obligés de déclencher une autre grève. Car, ici on voit bien la ‘hogra' exercée par les dirigeants de l'entreprise ». Selon eux, « nous devons couler et ne pas émettre de réclamations. Et si on le fait on est poursuivi en justice ». Et de poursuivre en disant que leur situation sociale qui se trouve à la limite de l'indigence, devient, de plus en plus, insupportable. «On ne vous cache pas que l'ensemble des travailleurs de la zone est au bord de l'explosion. Aussi, un autre débrayage n'est pas à écarter ». Interrogé à ce propos, M. Touati a répondu, sans hésiter, que « si cette éventualité est retenue par les travailleurs, à une étape ou à une autre des négociations, nous les syndicats, allons suivre le mouvement, en veillant, toutefois, à ce que le débrayage soit organisé dans les règles et en respect de la loi ».