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Tribunal criminel d'Oran: 5 ans de prison pour les agresseurs de Chinois

par M. Nadir

Trois Oranais, âgés entre 20 et 45 ans, ont été condamnés, hier, à 5 ans de prison ferme par le Tribunal criminel d'Oran, pour avoir agressé 2 Chinois, près de Oued Tlélat et les avoir dépouillés d'une voiture, 3 téléphones portables et 4.000 DA. Les faits remontent au petit matin du 1er juillet 2016, quand les 2 ressortissants chinois, qui pêchaient au bord d'un lac situé près de Oued Tlélat, ont été surpris par l'apparition de 3 hommes qui les ont forcés à leur remettre les clefs de leur véhicule, leurs cellulaires et l'argent qu'ils avaient en poche. Leurs agresseurs, B. Fethi, 28 ans, B. Yahia, 45 ans, et B. Azzeddine, 20 ans, rapidement identifiés et appréhendés par les services de la gendarmerie grâce aux indications des victimes, ont fait des aveux complets lors de l'enquête préliminaire et chez le magistrat instructeur. A l'issue de l'instruction, les 3 suspects ont été inculpés d'association de malfaiteurs et de vol qualifié.

A la barre lors du procès, les 3 accusés sont revenus sur leurs précédentes déclarations et se sont échangés les accusations, chacun affirmant que ce sont les autres qui l'ont impliqué dans cette affaire dans laquelle il n'avait joué aucun rôle. Tout en avouant avoir pris part à l'agression et tenté de vendre la voiture volée à Chteïbo, Fethi n'en a pas moins désigné Yahia comme l'instigateur du forfait. Lequel Yahia a juré n'avoir pas pris part à l'agression même s'il a reconnu se trouver dans les environs du lieu de l'agression : «Mais je ne suis pas descendu de la voiture louée par Fethi». Quant au troisième accusé, Azzeddine, il a admis avoir «assisté» à l'agression mais n'avoir commis aucun acte répréhensible hormis celui de ne pas avoir alerté les services de sécurité. En l'absence des victimes, il a été difficile pour le tribunal de déterminer avec exactitude le rôle joué par les accusés et la responsabilité qui incombe à chacun d'eux. Difficulté que le représentant du ministère public ne semble pas avoir éprouvée puisqu'il a affirmé qu'il était bien question d'association de malfaiteurs : «Le vol a été prémédité… Les accusés avaient épié les Chinois et s'étaient entendu sur leur forfait bien avant les faits… Et chacun d'eux avait une tâche bien précise», a-t-il soutenu. Ce que les avocats de la défense ont réfuté à l'unanimité: «Aucune preuve ne démontre qu'il y a eu entente pour la commission d'un crime. Le forfait a été accompli de manière accidentelle, il n'a pas été calculé», a déclaré l'un d'eux. «S'il est vrai qu'il y a eu vol, on ne peut parler d'entente et, donc, d'association de malfaiteurs», ont-il déclaré, en demandant l'acquittement pour ce chef d'inculpation.

Quant au vol, les avocats ont réclamé les circonstances atténuantes pour leurs clients en raison de la situation sociale difficile de l'un ou l'existence d'enfants espérant le retour de leur père. A l'issue des délibérations, le tribunal attribuera aux accusés le même degré de responsabilité dans le crime commis et les condamnera à cinq de prison ferme.