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Espagne: Une prison où des migrants algériens étaient retenus, évacuée

par R.N.

Le ministère espagnol de l'Intérieur, très critiqué pour avoir placé dans une prison près de 600 migrants algériens, arrivés par la mer, a annoncé, mercredi, avoir vidé cet établissement où l'un d'entre eux avait été trouvé mort, fin décembre.

« Le centre d'Archidona (Andalousie, sud) habilité en novembre comme centre de rétention, ne compte plus aucun immigrant irrégulier', a annoncé le ministère dans un communiqué. L'usage de cette prison, toute neuve, comme centre de rétention pour étrangers - en attendant l'examen de leur demande de titre de séjour - avait fait polémique en Espagne où la loi stipule que « les lieux d'internement pour étrangers ne devront pas présenter de caractère pénitentiaire ». La polémique s'était, encore, avivée quand un des migrants, Mohamed Bouderbala, un Algérien de 36 ans, avait été retrouvé mort, le 29 décembre, dans sa cellule.

Selon la police espagnole, l'autopsie aurait révélé qu'il s'était « pendu avec un drap » et la justice avait conclu que personne n'était entré dans la cellule, selon les caméras de surveillance. Mais sa famille, en contact quotidien avec lui, n'a pas cru à son suicide. L'avocate de sa famille, Me Amanda Romero, avait critiqué, le 5 janvier, la « rapidité » avec laquelle le juge d'instruction avait classé l'affaire, en concluant au suicide, et elle avait fait appel. « Nous n'avions, aucunement, connaissance qu'ils allaient être transférés », a dit, mercredi, à l'AFP Me Romero, selon laquelle l'annonce a « quelque chose à voir » avec la mort de M. Bouderbala. Des élus du parti de gauche radicale ‘Podemos' avaient annoncé leur intention de visiter la prison, jeudi. Après des arrivées massives de migrants, par la mer, en quelques heures, fin novembre, « le ministre de l'Intérieur, Juan Ignacio Zoido, avait adopté cette mesure temporaire et provisoire, pour pouvoir les loger, face à ce qui était une situation d'urgence humanitaire », a affirmé le ministère. L'Intérieur a expliqué que les « 572 immigrants, tous algériens » qui y avaient été placés ont « été, petit à petit, transférés ailleurs », sans préciser leur destination. Un porte-parole a refusé de commenter le communiqué. « Mardi matin, il y avait (dans la prison) environ 107 personnes, il semble que la plupart ont été transférées vers d'autres centres de rétention » du pays, a dit, à l'AFP, le directeur de l'Association « Mßlaga Acoje », Alejandro Cortina, sans pouvoir évaluer le nombre de ceux renvoyés vers l'Algérie, depuis la fin novembre.