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Vol constantine-lyon: Controverse autour d'un avion d'Air Algérie

par M. Nadir

Pourquoi les autorités françaises ont-elles intercepté un Boeing 737 d'Air Algérie, la semaine passée, au large de Marseille ? C'est la question que se pose la compagnie aérienne nationale, en indiquant, par la voix de son chef de division des Affaires générales, M. Reda Toubal Seghir, avoir «demandé la transcription des messages radios entre l'avion et les services de contrôle aériens» pour «situer les éventuelles défaillances d'un côté comme de l'autre».

Mardi dernier, un avion assurant la liaison Constantine-Lyon avait été intercepté par un chasseur de l'armée de l'Air française, au large de Marseille. L'institution militaire, qui avait dépêché un ‘Mirage 2000', a indiqué dans un communiqué publié sur son site Internet que le Boeing 737 d'Air Algérie avait cessé de répondre au contrôle aérien français, un «manquement à l'obligation de maintenir un dialogue constant avec les aiguilleurs du ciel» qui avait alimenté «le doute sur les intentions de l'équipage». Arguments contestés par Air Algérie qui a assuré, jeudi dernier, que l'équipage du Boeing 737 avait observé le protocole et suivi son plan de vol, sans déviation de trajectoire. Au départ, l'avion «a été normalement transféré sur la fréquence du contrôle aérien français qui a donné un code radar et l'a autorisé à opérer, directement, vers un point de navigation. Une instruction qui a été suivie par l'équipage d'Air Algérie», a expliqué, à l'APS, Toubal Seghir en soulignant que depuis cet appel, l'équipage «n'a reçu aucun autre appel du contrôle aérien français jusqu'au moment où un avion d'une compagnie aérienne étrangère, opérant dans le même espace, a contacté notre équipage sur la fréquence de secours lui demandant d'entrer en contact avec le contrôle aérien français». Et c'est en communiquant avec les aiguilleurs du ciel français, que le Boeing 737 a appris qu'un avion de chasse avait été envoyé par l'armée pour une «procédure d'identification».

Le chef de division des Affaires générales d'Air Algérie a expliqué que le protocole, en vigueur, exige que l'équipage reste à l'écoute de deux fréquences (fréquence de contrôle aérien de la zone où l'avion se trouve et la fréquence unique de veille et de secours, utilisée par les pilotes, les contrôleurs aériens et les militaires) : «Or, à aucun moment, l'équipage de notre vol n'a reçu d'appel sur cette fréquence de secours prévue, justement, pour ce cas», a-t-il assuré. Le responsable a, par ailleurs, ajouté que le Centre de contrôle des opérations d'Air Algérie «n'a jamais reçu d'appel de la part du service aérien civil ou militaire, pour lui signifier ou l'informer d'une perte de communication avec ce vol», a encore précisé M. Toubal Seghir. En contact permanent avec des services de contrôle aérien, civils et militaires, le Centre de contrôle des opérations a, également, pour charge de communiquer toute situation particulière permettant de maintenir le contact entre les équipages en vol et les responsables au sol, via un système de communication propre par message écrit (système acars).

L'«interception» d'un avion consiste à faire décoller un avion de chasse pour, en cas de perte de contact avec un vol, approcher l'appareil et s'assurer de ses intentions.