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Pour connaître la vérité sur l'inflation, mesdames, messieurs les Membres du gouvernement, allons faire le marché ensemble

par Abderrahmane Mebtoul*

"En Algérie, il n'y a pas de pauvres mais des nécessiteux" nous annonçait un ex ministre, en 2011, en plein écran ENTV. Ma femme se plaint depuis que l'on a annoncé le financement non conventionnel par la planche à billets, que notre budget est insuffisant.

Je lui ai dit que selon certains de nos responsables, vivant loin de la population, au sein de bureaux feutrés, il y aura une maîtrise des prix et que selon eux cette hausse est conjoncturelle et que la planche à billets n'aura pas d'effets inflationnistes. J'ai donc décidé le 1er octobre 2017 d'aller faire le marché, en comparant les prix de certains produits de septembre 2009 et ceux de septembre 2017, ayant choisi, le même mois pour des comparaisons objectives. J'invite mesdames et messieurs les Membres du gouvernement de me suivre.

1.-Evolution de certains produits entre septembre 2009 et septembre 2017

1.1.- Prix légumes (en kg)

Pomme de terre 40/50 dinars en septembre 2009- 80/90 dinars en septembre 2017

Salade verte 100 dinars en 2009, en 2017 150 dinars

Concombre 60/80 dinars en 2009, 120 dinars en 2017

Courgette 100 dinars en 2009,150 dinars en 2017

Tomate 80 dinars en 2009, 180/200 dinars en 2017

Carotte 30/40 dinars en 2009,100 dinars en 2017

Navet 80 dinars en 2009, 130 dinars en 2017

Haricot vert 100 dinars, en 2009, 200/250 dinars en 2017

Poivron vert 50 dinars, en 2009, 100 dinars en 2017

1.2.- Prix des fruits (en kg)

Raisin 120 dinars en 2009, 200 dinars en 2017

Pêches 180 dinars en 2009, 200/300 dinars selon la qualité, en 2017

Poires 150 dinars en 2009, 200/250 dinars selon la qualité, en 2017

Dattes 350/450 dinars en 2009, 700 dinars en 2017

1.3- Viande (en kg)

Agneau 900 dinars en 2009, 1600/1700 dinars en 2017

Bœuf veau 1.000 dinars en 2009, 1800 dinars en 2017

Dinde 500 dinars en 2009, 900/1000 dinars en 2017

Foie 1.500 dinars en 2009, 2300 dinars en 2017

Poulet 250 dinars en 2009, 350 dinars en 2017

Œufs 8 dinars (l'unité) en 2009, 12 dinars en 2017

1.4- Poissons (kg)

Crevette royale 1.800 dinars en 2009, plus de 2.200 dinars en 2017

Merlan 1.500 dinars en 2009, 1500/1800 dinars en 2017

Sardine 100 dinars en 2009, entre 250/400 dinars en 2017 selon la taille

Pour le congelé en septembre 2017, il est de 500 dinars le merlan, 650 dinars le rouget, 850/900 dinars les raies.

1.5.-Légumes secs depuis la suspension ou limitation des importations

Tous les produits importés, déséquilibre offre demande, et dérapage du dinar officiel et sur le marché parallèle -chocolats, mayonnaise etc, ont subi une augmentation entre 30/70% sauf pour les produits subventionnés, huile de table , sucre, farine, pâtes, lait vendu en sachet.

Entre décembre 2016 et septembre 2017

Mayonnaise 'Lesieur' 180 à 250 dinars

Café 150 dinars à 200 dinars

Lentilles 150 dinars le kg à 200 dinars le kg

Haricot sec 160 dinars à 240 dinars

1.6.- Frais de la rentrée scolaire

Dans la foulée et avec la rentrée scolaire j'ai pris le soin de demander le prix d'un tablier et d'un cartable moyen, prix pour le premier entre 1.600 /2.000 dinars (de meilleure qualité 2.300 / 2.500 dinars) et le cartable entre 1.800 et 2.000 dinars (et meilleure qualité entre 2.500 / 3.500 dinars) sans compter d'autres frais comme les livres, les cahiers, les stylos et des habits neufs et les chaussures. Le constat est, donc, amer pour les petites bourses, en l'absence de mécanismes de régulation et de contrôle, les prix des produits de large consommation connaissent, comme de coutume, notamment à la veille de chaque mois de Ramadan, des fêtes religieuses ainsi qu'à l'approche des rentrées sociales, des augmentations sans précédent, les discours gouvernementaux et les organisations censés sensibiliser les commerçants ayant peu d'impacts, prêchant dans le désert, les lois économiques étant insensibles aux slogans politiques.

1.7.- euros sur le marché parallèle

Un euro était coté entre 140/150 dinars en 2009 et actuellement il fluctue entre 195/200 dinars, soit un accroissement entre 13/15%. Celui qui avait 100 milliards de centimes et les a convertis, en 2009, a gagné une plus-value en sept (7) ans, entre 13 et 15 milliards de centimes soit 185 et 215 millions de centimes par an.

2.-Les raisons du processus inflationniste

Le taux d'inflation officiel entre 1989 et août 2016 a été le suivant : 17,87% en 1989 ; 25,88% en 1991 un pic de 31,68% en 1992 ; 21,9% en 1995 ; 5% en 1998. En 1999 : 4/2% ; en 2000 : 2% ; 2001 et 2002 : 3% ; en 2003 : 3,5% ; en 2004 : 3,1% ; en 2005 1,9% ; en 2006 : 3% ; en 2007 : 3,5% ; en 2008 : 4,5% en 2009, 5,7% en 2010, 5% ; en 2011, 4,5%, en 2012, 8,9%, en 2013, 3,3%, en 2014, 2,9%, en 2015, 6,7% en 2016 et s'oriente, officiellement, vers plus de 7%, fin 2017 et si on aligne les produits subventionnés sur le prix du marché libre, le taux d'inflation dépasserait 10%. On ne peut invoquer, pour expliquer l'inflation et par là, la détérioration du pouvoir d'achat de la majorité des Algériens, uniquement les effets des augmentations des salaires dont le ratio entre 2012 et 2016 baisse, dans le produit intérieur brut. Comme il est faux d'imputer, cette hausse des prix à l'extérieur où nous assistons à la déflation. Se pose la question face à la déflation (baisse des prix au niveau mondial) qui a eu des répercussions sur la baisse du niveau des importations algériennes mais pas sur les prix pour les consommateurs. Pourquoi le consommateur algérien n'en bénéfice pas ? La raison essentielle de la non répercussion de cette baisse des prix au niveau mondial est que la Banque centrale d'Algérie a dévalué simultanément (et c'est un paradoxe puisque la cotation de ces monnaies n'évolue pas dans le même sens) le dinar par rapport à la fois au dollar et à l'euro. Comme il serait suicidaire de vouloir doubler les salaires pour des raisons populistes ce qui entraînerait une hyper-inflation non maîtrisable du fait de la mauvaise gouvernance. En fait, la raison fondamentale du processus inflationniste, en Algérie, trouve son fondement dans le mode d'accumulation biaisé où il n'existe pas de proportionnalité entre la dépense publique et les impacts économiques et sociaux et si l'on continue dans cette voie hasardeuse de l'assainissement répété des entreprises publiques, couplé d'une inefficacité des dépenses publiques. C'est la conséquence d'un manque de cohérence et de visibilité dans la politique économique et sociale, avec la corruption socialisée qui engendre une démobilisation générale, se répercutant sur la productivité globale. Aussi, premièrement, l'inflation provient de la faiblesse de la production et de la productivité interne, du fait que 97/98% des exportations sont le résultat des hydrocarbures, à l'état brut et semi-brut tenant compte des déchets d'hydrocarbures comptabilisés dans la rubrique exportation hors hydrocarbures. C'est que plus de 95% du tissu économique sont constitués de PMI/PME organisées sur des structures familiales, ne possédant pas de management stratégique, ne pouvant pas faire face à la concurrence internationale. -La deuxième raison du processus inflationniste, est à la fois la dévaluation rampante du dinar. La cotation officielle ,en 2001, était de 69,20 dinars un euro et en septembre 2017 plus de 130 dinars. On peut établir un coefficient de corrélation entre la cotation du dinar, le niveau des réserves de change, provenant des hydrocarbures et l'évolution des recettes des hydrocarbures pour un taux d'environ 70%, 30% étant dus aux phénomènes spéculatifs et aux sections hors hydrocarbures, bien que limitées. Avec une diminution des réserves de change inférieure à 20 milliards de dollars, pouvant tendre vers zéroà l'horizon 2020 au rythme de la dépense publique actuelle, la cotation du dinar s'établirait à entre 200/250 dinars pour un euro, au cours officiel et plus de 300 dinars pour un euro sur le marché parallèle. La troisième raison du processus inflationniste est la dominance de la sphère informelle ; produit des dysfonctionnements des appareils de l'Etat et du manque de vision stratégique qui bloquent l'émergence d'entreprises productives. Il s'agira d'éclairer l'opinion publique afin d'éviter la cacophonie sur le montant exact de la sphère informelle, en ne faisant pas de confusion, en distinguant la part dans le PIB qui serait d'environ 45% selon l'ONS, en référence à l'emploi qui serait selon le ministère du Travail, à environ 35/40% et en référence à la masse monétaire, en circulation, qui serait d'environ 40%. Et en référence à la masse monétaire en circulation, le montant de la monnaie fiduciaire qui selon le Gouverneur de la Banque d'Algérie serait d'environ 35%, en 2016, en augmentation par rapport à 2012 et à l'intérieur de ce montant la part effective de la sphère informelle spéculatives (moins de 17 milliards de dollars selon le Premier ministre) et la part détenue normalement par les ménages pour leurs besoins quotidiens. L'ex Premier ministre Abdelmalek Sellal a avancé (APS 2016) le montant de 37 milliards de dollars et l'ex ministre des Finances Benkhlafa, entre 40/50 milliards de dollars, sans préciser les références aux indicateurs économiques ou financiers, la méthode d'évaluation existant (quatre) donnant chacune un montant différent soit par rapport au PIB, au revenu national ou par rapport à la masse monétaire en circulation. (voir étude pour l'Institut français des Relations internationales sur la sphère informelle au Maghreb, du Pr A. Mebtoul -Paris décembre 2013). Au niveau de cette sphère, tout se traite en cash, alors que la base de l'économie moderne se fonde sur le crédit, et qu'au-delà de 100 dollars, la carte de crédit est souvent exigée. Cette sphère contrôle quatre segments-clefs : fruits et légumes, viande, poisson pour les marchandises locales et pour l'importation : textile - chaussures.

3.- Eclater le revenu national par couches sociales pour comprendre les impacts du processus inflationnistes

Il y a urgence d'une enquête précise, pour des raisons politiques, relative à la répartition, par couches sociales, du revenu national, se contentant de donner un agrégat global d'amélioration du revenu global. Se pose la question sur la validité d'une ancienne enquête internationale où, selon les estimations des programmes des Nations unies pour le Développement et de la Banque mondiale, le taux des personnes qui vivent sous le seuil de la pauvreté en Algérie, qui gagnent moins de 2 dollars par jour, serait estimé à plus de 20 % de l'ensemble des habitants, les employés touchant des salaires variant entre 12.000 et 35.000 dinars constitueraient plus de 60 % de la masse salariale, alors que les employés dont les salaires entre 100.000 et 300.000 dinars constitueraient de 10% de cette dernière et donc que 2,8% des revenus de l'Algérie sont répartis sur 10% des classes les plus démunies de l'Algérie, alors que 20% des catégories les plus riches bénéficieraient de 42,6 % de la fortune et des revenus. Fait nouveau, une partie de la classe moyenne commence à disparaître, graduellement et à rejoindre la classe pauvre. Les tensions sociales sont atténuées, artificiellement, grâce aux recettes des hydrocarbures qui permettent des subventions pour la farine, la semoule et le lait et une somme colossale des transferts sociaux mais mal gérés et mal ciblés qui ne profitent pas toujours aux plus démunis. Ces tensions sociales, de plus en plus criardes, avec l'individualisation sont, également, atténuées par la crise du logement qui renforce la solidarité familiale (même marmite, mêmes charges), l'emprise de la sphère informelle qui sert de soupape de sécurité ainsi que les emplois-rentes, assurant une paix sociale fictive transitoire grâce à la rente des hydrocarbures. Mais en cas de chute des cours du pétrole, qu'adviendra-t-il avec son épuisement prévu horizon 2030, avec plus de 50 millions d'habitants c'est-à-dire demain ?

4.-Urgence d'une gouvernance rénovée : condition de la croissance du PIB

Face à la pression démographique, le PIB reconverti en dollars baisse passant de 206,70 milliards de dollars en 2012 à 157,95 milliards de dollars en 2016 dont selon l'ONS 40/45% soit une baisse de plus de 30%. Pour le FMI le taux de croissance devrai être seulement de 1,7% en 2017 et moins de 1% en 2018 avec un taux de chômage officiel incluant la sphère informelle (plus de 35%), les emplois temporaires, et les sureffectifs des administrations de 13,2% en 2018, 12,3% selon l'ONS en 2017). Les sorties de devises, en 2016, ont été d'environ 60 milliards de dollars -biens services et transferts légaux de capitaux. Pour 2017, elles varieront entre 55/60 milliards de dollars pour une entrée d'environ 32/33 milliards de dollars contre 29,5, en 2016.

Sur le marché parallèle, après les discours de sinistrose, " faillite de l'Algérie ", le cours en une année est passé de 180 dinars pour un euro, début 2016 à 198/200 dinars pour un euro à la mi-septembre 2016 avec une poussée inflationniste, sans précédent, pour les produits de première nécessité non subventionnés allant de 20 à 60% et plus pour certains produits. Sans une explication sereine et le retour à la confiance, l'effet d'anticipation risque d'avoir un effet désastreux, sur toutes les sphères économiques et sociales, posant un problème sécuritaire. Aussi, gouverner étant prévoir, les défis qui attendent l'Algérie sont immenses du fait de l'important retard accusé dans les réformes, se réfugiant dans le court terme, par des dépenses monétaires colossales, sans se préoccuper de la bonne gestion, assurant une paix sociale fictive, dépenses dues, non au travail et à l'intelligence mais grâce à cette ressource non renouvelable que sont les hydrocarbures.

L'Algérie a déjà plus de 50 années d'indépendance politique et depuis la première crise pétrolière, elle est dans une interminable transition n'étant ni une économie étatisée, ni une véritable économie de marché concurrentielle, expliquant le peu d'efficacité, tant de la régulation politique, sociale et économique. Si le processus inflationniste continue à ce rythme, entre 2017/2020, cela aura des incidences sur le taux d'intérêt des banques qui devraient le relever au moins de 2 à 3 points par rapport aux taux d'inflation réel, si elles veulent éviter la faillite. Ou, alors l'Etat devra recourir à nouveau à leur assainissement. Cela freinerait, à terme, le taux d'investissement utile, la plupart des opérateurs économiques préférant se réfugier soit dans les activités spéculatives, à court terme, actuellement dominantes.

Ce processus inflationniste aura pour conséquence l'accélération du divorce Etat / citoyens, accentué par l'effritement du système de la communication gouvernementale (vison paternaliste-bureaucratique du passé alors qu'avec Internet le monde est devenu une maison de verre) où nous assistons à un dialogue de sourds et comment ne pas se rappeler cette image de la télévision algérienne où, à une question sur le taux de chômage, un ministre affirmera que les enquêtes donnent moins de 10% et qu'un journaliste lui répliqua : êtes-vous sûr de vos données ? Oui, répond le ministre. Ce à quoi le journaliste répliqua, sous l'œil amusé de la présentatrice, non convaincue d'ailleurs, qu'il irait faire un tour dans les quartiers Algérie et qu'il dirait aux chômeurs que dorénavant leur appellation n'est plus chômeur, mais travailleur. Car, comment avec un taux de croissance avoisinant 2/3 % entre 2006/2016 peut-on, afficher un accroissement de l'emploi utile supérieur aux années précédentes (plus de 5%) inférieur au taux de croissance de la population active. Certains responsables doivent nuancer leurs déclarations euphoriques, loin de la réalité économique, de taux de croissance, hors hydrocarbures, dans la mesure où 80 % des segments hors hydrocarbures sont eux-mêmes irrigués par la rente hydrocarbures. Cela contredit les règles élémentaires de l'abc de l'Economie. Cela ne fait-il pas rappeler, vers la fin des années 1980 et après la grande pénurie que connaissait le pays, lors de la crise de 1986, à l'ENTV où un ministre algérien avançait, avec assurance, que le marché était saturé selon les données en sa possession, la présentatrice lui rétorquant s'il a fait un jour le marché et que la population algérienne ne mangeait pas les chiffres.

Conclusion

S'agissant d'un problème aussi complexe que celui de l'inflation, il me semble utile de préciser qu'une analyse objective doit tenir compte de la structure et des particularités de l'économie à laquelle ils sont appliqués, les aspects de structures de l'Economie internationale, de l'Economie interne résultant de l'option de la stratégie de développement économique, aux schémas de consommation générés, en son sein, pour des raisons historiques, d'influences socioculturelles et aux composantes des différentes forces sociales pour s'approprier une fraction du revenu national. Il y a lieu d'éviter de la part de certains responsables cette sinistrose que je ne partage pas ; l'Algérie n'étant nullement en faillite. Beaucoup de réalisations ont été faites mais également des insuffisances qu'ils s'agit de corriger. L'économie n'est pas une science exacte et doivent être prises en compte, les anticipations psychologiques, influant sur les comportements des ménages et des entreprises qui négatives vis-à-vis d'un futur incertain, peuvent conduire un pays à une dérive inflationniste. Cette sinistrose généralisée a fait beaucoup de dégâts et est source d'inquiétudes légitimes de bon nombre de nos citoyens, devant avoir, certes, un langage de vérité, mais également de les tranquilliser.

Le risque inflationniste est le frein à l'investissement productif, une spirale inflationniste, selon le cercle vicieux -revendications sociales, augmentation des salaires sans corrélation avec la productivité, inflation et revendications sociales. Avec l'inquiétude, vis-à-vis de l'avenir, l'absence de morale et la faiblesse de la gouvernance, tant centrale que locale, avec ce retour accéléré de l'inflation, qui contribue à une concentration du revenu au profit d'une minorité rentière, la majorité des Algériens veulent, tous, et immédiatement leur part de rente, quitte à conduire l'Algérie au suicide collectif. Le processus inflationniste que l'on comprime, artificiellement, par des subventions pour calmer le front social montre, forcément, ses limites, ne s'attaquant qu'aux fondamentaux. Les réserves de change actuelles qui seront inférieures à 97 milliards de dollars, fin 2017 sont une une richesse virtuelle provenant des hydrocarbures qu'il s'agira de transformer en richesses réelles.

Ceux qui donnent des leçons de nationalisme doivent savoir qu'à l'avenir l'amélioration du pouvoir d'achat et le véritable nationalisme des Algériens, quel que soit le niveau de responsabilité, se mesurera par leur contribution à la valeur ajoutée interne. Et sans mobilisation de la population, autour d'un large front national, tenant compte des différentes sensibilités, supposant une grande moralité de ceux qui dirigent la Cité, condition du rétablissement de la confiance, sans laquelle aucun développement de sortie de crise n'est possible. La véritable clef du développement réside en la ressource humaine et l'urgence d'une gouvernance rénovée. Car on ne décrète pas la fixation des prix, la création d'entreprises ou la création d'emplois, ce qui a abouti à des effets pervers. Car il s'agit de ne pas confondre le tout Etat des années 1970/1990 (solution de facilité des bureaucrates, en panne d'imagination) avec l'importance de l'Etat régulateur stratégique en économie de marché, mais qui suppose un degré de compétences élevé pour réguler, face aux enjeux de la mondialisation qui augure de profonds bouleversements géostratégiques, politiques , militaires, culturels et économiques entre 2017/2020/2030.

*Professeur des universités, expert international