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Promesses.., promesses..

par El Yazid Dib

Tenir sa promesse est une virilité comportementale. Son contraire est une débilité mentale. La promesse était chez les anciens comme un coup de fusil.

Quand la balle sort, elle ne tergiverse pas, ni ne garantit son retour. En ces temps-ci, la parole donnée est devenue un sms que l'on peut supprimer à l'envi. Elle ne constitue plus un capital de valeurs et de vertus, plus qu'elle n'est une méthode méprisable et sans race qu'utilisent les émasculés.

Elle continue à s'admettre chez bon nombre parmi ceux qui croient détenir les avenirs de tout un monde de mortels.

La promesse est partagée presque par tous les dirigeants pour être un dénominateur commun dans la sphère dite politique. A la différence que chez un manager la promesse est une stratégie fiable comptant sur des objectifs planifiés. Chez les autres, elle n'est que paroles… paroles…

L'on ne pourra jamais faire d'un candidat usuel une personnalité politique. Encore loin de pouvoir encastrer un cadre sans teint dans un encadrement typiquement politique. La chance en plus d'un appui providentiel sont capables en nos jours de faire du rien quelque chose.

Promettre et se débiner reste une déchirure dans l'innocence des crédules et des dépositaires de confiance. Sans fard, sans rougir, sans avoir en mire le lever du soleil ou la fonte des glaces ; ça devient une prouesse. Celle de forcer l'autre à prendre l'oubli et la résignation comme une réponse. Un jour viendra où tout se saura. Ou sont ces emphatiques oraisons, ces déclamatoires conjurations de faire une bonne autoroute ? des hôpitaux hospitaliers ? des écoles d'élite ? un football gagnant ? un après-pétrole florissant ? Une Algérie bienheureuse et un peuple content ? La sécurité y est, le bonheur est toujours en quête de trouvailles quoiqu'il se trouve partiellement sur le fronton de quelqu'un.

S'il s'agissait de créer un mirage ou déchiffrer un miracle ; le canular prometteur aurait un temps soit peu perduré et survit à ses fourbes. Mais lorsque la parole, n'est qu'une petite promesse possible pour générer un sourire, conférer un égard, ouvrir une écoute, réussir une école, loger une estime, il suffit juste de l'ajourner ou de l'estomper. A la limite de revoir sa copie tout en chuchotant davantage d'espoir.

Pouvoir profiler des entités politiques et s'émerveiller à dessiner un pays peut distinguer des signes de divinité à moindre foi. Pouvoir offrir des paradis, garantir des félicités et faillir à satisfaire une bagatelle tend toujours vers la paranoïa d'aimer tromper les autres ou les prendre pour des sots amnésiques. Car au moment où l'angoisse de l'échec vous étouffe, où vous manquez de pouvoir vous rendre heureux, c'est là où la vérité vous crache dessus. Elle vous rappelle sans procès que dire et ne pas tenir n'est qu'une indignité pourchassant sans cesse son producteur.

L'homme politique par définition pernicieuse nait et vit dans la soie artificielle de ses promesses. Il semble porter en son sein, dans sa parole les souffrances et les stigmates d'une enfance politique mal débutée. Si' l'on ne peut exclamer des sincérités, l'on peut aisément s'interdire de leurrer ou d'adopter les faussetés. Pourtant l'élu n'est pas censé ne provenir que d'une promesse ou d'un programme. Il est issu d'un peuple qui lui aussi et à son tour ne doit pas assurer les tromperies ni les ensemencer. Il peut passer sans se tenir à l'impossible. Il peut se faire aimer autant qu'il aime. Il peut grandir pour peu qu'il soit ce qu'il est.

« La terre promise » était un logement de fonction pour un peuple en exode invité à la longue marche suite à un jurement politique. La prophétie maintenant se fait valoir sur les réseaux et les écrans tactiles. Tout est acté. Scanné. Que ce soit dans les disques durs ou dans la mémoire de ceux qui n'oublient pas qu'un jour viendra où ils rappelleront la teneur des promesses… promesses…

Bientôt un nouvel espace publicitaire va s'ouvrir pour de nouvelles et neuves promesses. Toute une campagne. Consommez et n'oubliez pas.