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Algériennes, Algériens, 2017 sera, incontestablement, votre meilleure année

par Brahim Chahed

« L'humanité ne se pose jamais que les problèmes qu'elle peut résoudre. Le problème ne surgit que là où les conditions matérielles pour le résoudre existent déjà. » Karl Marx.

Ç a y est c'est 2017. Attention le chiffre n'a aucun mérite. C'est cet instant magique qui correspond au passage d'une année vers l'autre qui nous attire et nous fait rêver. C'est ce moment, aussi bref soit-il, qui nous emballe et fait briller nos yeux. C'est cet instant, à la fois doux et dur, qui nous permet d'entrevoir notre futur et d'espérer un avenir meilleur pour nous tous.

Bon nombre de mes connaissances voient en moi cet être pessimiste qui ne voit que noirceur et incertitudes. Moi, je me vois plutôt réaliste. Mais à quoi bon se voir autrement que ceux qui vous côtoient. Avoir raison c'est revenir à avoir tort si notre idée est singulière, si elle ne va pas dans le sens commun. Pour tout ça, j'ai décidé de commencer cette année 2017 par une note d'espoir. Dans mon article je me suis permis toutes les folies, j'ai laissé libre cours à mon imagination et mes fantaisies, j'ai reproduis tout ce que je voudrais qu'il en soit et ça m'a conduit à reconnaître, l'année 2017, comme notre meilleure année chers compatriotes, alors profitons et soyons heureux.

Utopiste, vous me verrez et utopiste je le suis en l'espace d'un article mais sachez que les utopistes du passé ont anticipé notre monde d'aujourd'hui.     

Ils ont cru à l'impossible, contre vents et marées, ils l'ont soit vu naître ou cru devenir et ils ont eu raison. Pouviez-vous parler de congés payés et de retraites à nos aïeux travailleurs ? Pouviez-vous parler de Barack Obama à nos ancêtres africains déracinés et conduits de force à des contrées lointaines ? Pouviez-vous parler de la robotique, du cellulaire, des avancés dans les domaines de la médecine, de l'informatique ? Certainement pas.

Voici ce qui va changer nos vies en 2017 :

Trump Vs Poutine: Duo ou duel ? alors qu'on nous parle de Poutinisation du monde, l'Amérique a déjà choisi pour elle et pour le monde un nouveau maître dans la personne de Donald Trump. Battant tous les pronostics, Donald Trump a réussi l'impossible et sera, donc, intronisé roi de l'Amérique et du monde, le 20 janvier 2017.

Il formera avec Poutine un duo pragmatique mais intransigeant. Contrairement à ce que les gens prédisent, l'américanisation a encore de beaux jours devant elle. Je pense sincèrement que Poutine apprendra plus encore de Trump que Trump de Poutine. Pourquoi ? Parce que Poutine pouvait agir sans être limité par des règles et des obligations, alors que Trump s'est fait dans un environnement réglé sur tous ses aspects et, il est plus difficile de sortir gagnant, en étant obligé de respecter des normes et des règles qu'en ayant les mains totalement libres. Le duo se formera, probablement, vers la fin de mandat de Trump qui, à 70 ans, doit être un homme pressé, et se confortera au second mandat, si Trump décidait de se représentait, qui à mon avis ne se fera pas. En tout état de cause, les deux hommes forts du monde sont, curieusement, à la fois semblables parce qu'ils savent très bien ce qu'ils veulent et dissemblables de par leurs parcours, ne se feront pas autant la guerre qu'autrefois même si Trump n'a que peu d'influence sur cette guerre. Enfin, je pense que pour les Américains, Trump sera un bon président.

L'Europe divisée ? le vieux contient verra des bouleversements, cette année 2017, déjà le séisme du Brexit qu'ils ont du mal à mettre en œuvre, l'année 2017 sera une année électorale pour les pays les plus influents de l'Europe.

Les cameras se tourneront d'abord vers l'Allemagne où il y aura les présidentielles, en février puis les législatives probablement, vers la fin de l‘année. Ensuite la France qui organisera, en mai, les présidentielles et en juin les législatives.

En Allemagne, les difficultés d'Angela Merkel ne font que commencer. L'année 2017 sera, probablement, l'année de sa chute et la perte de ses soutiens, en raison, principalement, de son entêtement dans le dossier des refugiés et de l'immigration.

En France, les problèmes internes et l'incapacité des hommes politiques, du moment, à incarner la grandeur historique française réduiront son influence en Europe, dans un premier temps et en Afrique après. Les bouleversements qu'on connus successivement l'Italie, l'Espagne et la Grèce vont, de plus en plus, diviser l'Europe. Les Scandinaves, eux, s'en sortent mieux mais restent peu influents sur le devenir de l'Europe.

Stabilité en Afrique ? Ceux qui connaissent l'Afrique et les Africains vous diront que cette stabilité n'est qu'un mirage et ne verront, en Afrique, que luttes fratricides et éternels recommencements.

Malgré la jeunesse du continent, les ressources fossiles et la beauté de la nature, l'Afrique reste loin derrière le concert des nations, dans le développement humain et les dialogues citoyens. En 2017, le contient verra de loin, le plus grand nombre d'élections par rapport au reste du monde. Législatives en Algérie et en Gambie, en avril, législatives au Sénégal, au Gabon et au Congo et législatives et présidentielles au Soudan du Sud, en juillet. Législatives en Angola, présidentielles au Rwanda et législatives et présidentielles au Kenya en août. Législatives et présidentielles, en octobre, au Liberia et novembre au Sierra Léone. Enfin, les présidentielles en Somalie, les municipales et régionales en Tunisie et les locales en Algérie, avant fin 2017. L'Afrique et ses atouts restent, malheureusement, lettres mortes, dans la bouche de sa classe politique qu'elle soit dirigeante ou pas ; en revanche ses ressources sont pillées et sa jeunesse livrée au désœuvrement et au désespoir.

L'Afrique demeure, pour le reste du monde, source de migrants, de kidnappeurs et refuge de fanatiques dangereux où qu'ils soient.

Un monde arabe influent ? il est peu probable que le monde arabe puisse avoir une influence quelconque dans notre monde d'aujourd'hui. Ni berceau du savoir, ni source de découvertes, les ressources financières d'antan fondent comme sel dans l'eau, je ne vois, vraiment, pas comment le monde arabe pourrait influer quoi que ce soit.

Les pays arabes, ceux qui dépensaient sans compter se heurtent avec la réalité économico-sociale : des ressources limitées Vs des besoins illimités / des attentes légitimes Vs la responsabilité politique. Le reste ne peut qu'espérer des aides et de l'assistance. l'Afrique de Nord, havre de paix ? à peine 180 millions d'habitants, des territoires immenses, la mer, l'eau, le pétrole et le gaz, le fer et bien d'autres ressources naturelles, de l'agriculture, petite industrie et des peuples généreux qui se contentent de peu et rarement impatients. Ni l'Egypte, ni la Tunisie ni le Maroc ne sont dans la position de l'Algérie, nous avons ce qu'a l'Egypte de mieux, ce qu'a le Maroc de mieux et ce qu'a la Tunisie de mieux. C'est pour vous une devinette, pas pour moi, souvenez-vous, je suis l'optimiste et voici pourquoi :

Les mesures d'austérité contenues dans la loi de finances pour 2017 vont avoir un effet très limité au bonheur des Algériens. Toutes les augmentations ont été largement anticipées par tous les protagonistes, au cours de l'année 2016, depuis le temps qu'on en parle.

Nous allons probablement perdre le Fonds de régulation des recettes mais qu'importe, nous ne voulons plus compter sur un argent qui ne va qu'aggraver notre attentisme.

Les effets baisse des prix du pétrole seront largement compensés par la baisse des prix des matières premières, le taux de change dinar/dollar réduira le déficit budgétaire et la parité dollar/euro, largement en faveur du dollar, allégera significativement, le déficit commercial puisque qu'on achète en euros et on vend en dollars.

La sélection algérienne de football va jouer une finale de coupe d'Afrique des nations, en février 2017. Je pense que nous allons l'emporter et ça nous apportera joie et bonheur, le peuple entier, en quête de réussite, s'appropriera cette victoire et ça nous aidera à aborder les choses différemment. Pourquoi ? Et bien parce que primo, nous avons une génération de joueurs des plus prestigieuses qui évoluent dans des clubs respectables et ces joueurs forment un collectif doué et réaliste. Secundo, ayant fait l'erreur de provoquer la génération Madjer-Assad-Belloumi, ils seront obligés de gagner. Ils joueront chaque match avec un cœur en sang et sans concession. Tertio, Monsieur Raouraoua est aux poteaux, il se sent épié, il a consommé son capital estime pour ce qu'il a réalisé, il doit renouveler ses exploits, il reconnaît devoir la victoire au peuple. il fera ce qu'il faudra et non seulement ce qu'il pourra, pour recréer les conditions de la gloire du Mondial. Les élections législatives courant avril vont redessiner le paysage politique de l'Algérie, Elles viennent sous les auspices de la nouvelle Constitution. Au-delà des personnes et même des partis, nous verrons émerger une nouvelle génération d'hommes et de femmes politiques, cultivant le don de soi. Reconnaissons-le, en toute sportivité, peu de gens se sentaient représentés.

C'est, donc, sans regret que nous allons réélire nos représentants, mais allons, tout de même, perdre un être cher à la vie politique, économique et sociale du pays durant ce mandat, le député Missoum (parce qu'il ne se représentera pas, d'après ses dires) qui aura été sans conteste l'homme politique qui a posé le plus de problèmes au gouvernement. Bien que son style soit en-deçà du niveau intellectuel espéré et que ses attaques personnelles soient honnies, ses investigations laissent perplexes, son courage séduit et son audace plaît. Il a occupé un grand espace et a été à l'origine du limogeage de plusieurs dirigeants et même de nombres de ministres de la République. La vie politique verra la confirmation de la suprématie du FLN qui se rattrapera après les bourdes de Monsieur Saïdani qui a semé la division et la suspicion et provoqué l'ire et le ressentiment, de tout le monde, contre le FLN. Il vivra des difficultés à maîtriser le processus d'élimination des quelques opportunistes de la dernière législature mais trouvera, en ses seins, la force de reconquérir la confiance des militants d'abord et des électeurs ensuite. Le RND verra se renforcer l'influence de Monsieur Ouyahia, l'homme ‘providence', qui saura taire ses détracteurs parce qu'il les connaît, tous et bien. Ahmed Ouyahia profitera pour faire émerger de nouveaux loups, totalement acquis à sa cause et saura attendre. Monsieur Ouyahia n'est que patience.

Les islamistes, même réunis, prendront ce qui reste ou le peu qui reste. Ils sont, totalement, désavoués et, bizarrement plus les islamistes ont de l'influence dans le monde moins ils n'en ont en Algérie. Talaie Al houriat de Monsieur Benflis pourrait tirer son épingle du jeu, à condition de ne pas participer aux législatives et il ne participera pas puisqu'il n'a aucune confiance dans le pouvoir et, il n'a pas intérêt à laisser, au pouvoir, le soin de le créditer à son bon-vouloir et déterminer sa base électorale. Mais après, il devra se positionner en parti politique à part entière et non pas en appareil, dont l'unique et seule finalité est de présenter un candidat à la présidence.

Tout le reste essayera de se greffer à l'une ou l'autre des parties, gouvernement inclus.

Après les élections, et même avant, peut-être, nous verrons la fin des walis-ministres, des inconnus-ministres et des dirigeants cooptés pour de mauvaises raisons.

Je pense que le politique reprendra la main qu'il a perdue en grande partie avec l'arrivée de Monsieur Sellal, à la tête du gouvernement.

Nous aurons, au moins, un gouvernement politique cohérent et des responsables de départements ministériels capables d'analyse et de discernement des défis de l'Algérie et des enjeux géopolitiques et stratégiques dont elle est la convoitise.

Des ministres de cette trempe sonneraient le glas des tentatives du patron des patrons Monsieur Ali Haddad à avoir main mise sur la vie des Algériens. La citoyenneté, loin du lien individu-travail que veut nous imposer le patronat, n'est jamais, définitivement, acquise, elle se construit, tout le temps et se nourrit, en permanence, pour se redéfinir régulièrement.

Monsieur Haddad et son organisation, aux allures d'un gouvernement, reprendra sa place et sa dimension et participera, avec tous les Algériens au développement du pays et tout le monde n'en sera que plus content.

Nous verrons la fin du gaspillage des ressources par l'Etat, centre de coûts par excellence, des ressources tirées de la rente pétrolière qu'il faudra oublier à jamais. Tous les décisionnaires l'auront compris, il n'y a plus d'argent à gaspiller, il y aura tout le temps des problèmes à régler, des citoyens à servir et des comptes à rendre et c'est à partir de 2017. Les citoyens sauront, qu'eux aussi, doivent être économes et ils le feront avec grand plaisir et cela va nous réussir.

Nous verrons la fin de rétro-commissions et des responsables qui exigent qu'une partie importante de l'agent public revienne pour enrichir des cercles mafieux et désœuvrés. Ceux qui veulent travailler auront l'opportunité de le faire, dans la transparence, l'égalité et la légalité. Nos projets, particulièrement les plus structurants, seront plus rentables, coûteront moins cher et seront réalisés dans des délais raisonnables, nos enfants et nous-mêmes pourront, non seulement, en profiter en toute quiétude mais aussi et surtout s'enorgueillir.

Nous verrons la fin de l'attentisme de tout un peuple. Les uns pour des logements gratuits ou pratiquement gratuits, les autres pour des prêts et autres aides insensés économiquement et injustes socialement et d'autres encore pour des marchés sans contrepartie ou sans contrepartie sérieuse. Les Algériens se prendront en main et le feront avec brio et étonneront plus d'un.

Nous aurons terminé avec les débats de la retraite qui nous ont pourri la vie, en 2016, les uns parce qu'ils n'auront pas encore atteint 50 ans, au 31/12/2016, les autres parce qu'ils ne savent pas s'ils doivent partir pou pas, d'autres encore parce qu'ils veulent rester au travail jusqu'à la fin.

Je crois, sincèrement, que ce qui a été décidé était une erreur. D'abord, parce qu'on confond possibilités et réalités, on aurait dû comprendre, par des calculs simples, que la retraite à 50 ans ne poserait pas de problèmes sérieux à la caisse, que peu de prétendants allaient faire valoir la retraite après 32 ans de cotisation. Ensuite, allonger la possibilité de travailler jusqu'à 65 ans, à l'instar de beaucoup de pays, dans le monde, est une preuve de méconnaissance de la pyramide des âges, en Algérie, où pour une personne âgée de plus de 60 ans, l'Algérie compte personnes âgées de 15 à 59 ans contre 2,5 dans les pays développés sur lesquels on veut prendre exemple. C'est une mesure qui produira l'effet inverse de celui recherché. Enfin, pour garantir une retraite respectable aux Algériens, il va falloir réfléchir, en profondeur, et se poser la question de l'emploi au lieu de poser la question de la retraite. Pourquoi veulent-ils tous partir ? Pourquoi nous n'arrivons pas à créer des emplois productifs ?

Enfin, les experts, spécialistes et autres cercles de réflexion vont passer du diagnostic aux solutions. Il ne s'agira plus de « qui » ni de « quoi » mais du « comment ». La tâche sera moins difficile et les résultats suivront.

Ce ne sont pas là des prédictions, je n'en ai pas les compétences. C'est ce qui va arriver, en 2017, si on y croit vraiment. « Fais de ta vie un rêve et de ton rêve une réalité», disait Antoine de Saint Exupéry.