Envoyer à un ami | Version à imprimer | Version en PDF

De l'aventure du LMD en pédagogie

par Ali Derbala *



Lors de la réunion de la CRUC (Conférence régionale universitaire Centre), du 9 décembre 2013 qui a eu lieu à l'UMB Boumerdès, dans le procès-verbal de la réunion, dans son paragraphe 2 intitulé Soutenance de doctorat et Habilitation universitaire, des débats sur les catégories de journaux scientifiques se sont installés.

Deux responsables de la DGRSDT ont donné des informations et des éléments de réflexion afin de mieux guider le chercheur. On peut lire aussi que 251 micro-domaines sont répertoriés dans le Web of sciences qui est un bouquet se trouvant dans Thomson Reuters [1]. Cette catégorisation n'est pas encore publiée mais elle est effective ou appliquée pour sanctionner de brillants chercheurs.       Deux doctorants de notre département de mathématiques n'ont pas reçu l'autorisation de soutenance et un Maitre de conférences classe-A n'a pas été nommé Professeur alors qu'il remplit toutes les conditions requises [2]. Pourquoi nous-impose-t-on ce bouquet scientifique? En effet, s'il faut appliquer les recommandations de cette conférence pour les travaux antérieurs, il faut revoir les nominations de tous les MC-A et les professeurs. Les chercheurs ne sont pas impliqués dans la conception de cette base de données, sa planification et son implémentation.

Ce bouquet ne peut pas répondre aux aspirations actuelles de nos chercheurs et doctorants [3]. Les responsables des universités et les chercheurs vont mettre en œuvre cette base parce qu'elle est introduite d'une manière autoritaire.

THOMSON REUTERS : UN BOUQUET SCIENTIFIQUE DOMICILIANT WEB OF SCIENCE

Sous l'égide du MESRS, la DGRSDT a donné une catégorisation des revues scientifiques en un nombre au moins de huit. Thomson Reuters est d'origine américaine et capitaliste. Avec ce qui se dit et s'est dit sur la fameuse agence d'espionnage scientifique sur Internet et les communications la « NSA», il me semble qu'il faut être un peu prudent et vigilant. Depuis mes classes de lycée dans les années 73, dans tous les journaux d'Etat de l'époque tels El Moudjahid, Algérie-actualité etc., on n'a cessé de dénoncer l'impérialisme américain. On a même écrit dans ces journaux des slogans du genre « Un groupe de jeunes de l'UNJA de Ain El-Fekroun condamne l'impérialisme américain». Pourquoi les responsables actuels de la recherche, les responsables de la DGRSDT ne jurent que par cet organisme ? Aucun débat n'a été installé dans les autres universités scientifiques algériennes sur ce bouquet scientifique. Le même agissement ou la même modalité d'introduction du LMD, un système d'attribution de nouveaux diplômes, se répétera encore une fois en 2014 mais cette fois-ci dans la recherche.          De nos jours, on devient membre de Droit d'une société savante, non pas pour la somme de ses travaux scientifiques réalisés, mais en payant une adhésion (Membership Dues). Pour 2014 et pour adhérer à la société savante, la Société Américaine de Chimie [4], les prix sont de : -Regular or Reinstating Member 4.00 USD, Graduate Student Member .00 USD, First Year Graduate Student Member .50 USD, Undergraduate Student Member Without C&EN .00 USD, With C&EN electronic or print delivery .00 USD et Non-Scientist/Society Affiliate 4.00 USD. Comme mentionné en anglais et en italique, même un non scientifique peut devenir membre de cette société savante. L'exemple de cette American Chemical Society est révélateur des agissements des américains. Payer un article pour qu'il soit publié dans une revue scientifique est un acte répréhensible. L'auteur de l'article dans une revue payante achète sa publication. Ce n'est pas un acte scientifique mais commercial. Aucun discours scientifique dans ces bouquets ou ces sociétés savantes n'est tenu mais seulement des «tractations financières ».

IMPOSSIBILITE DE SOUTENANCE DES DOCTORANTS ET DONC DE NOMINATION DANS LES GRADES SUPERIEURS

Beaucoup de revues de renommée mondiale ne sont pas sur la liste des revues de ce fameux bouquet, surtout les revues des pays de l'Est et même américaines ou australiennes, pour me semble-il une question financière. Les chercheurs de notre département de mathématiques ont publié leurs travaux dans des revues qui ne sont pas sur la liste du fameux bouquet cité. Ils ont publié dans les revues suivantes. A. Discussiones Mathematicae Graph Theory, un journal de théorie des graphes non payant. Il date de 1995, soit 19 ans d'existence. Il est domicilié en Pologne d'où était originaire le grand professeur Bryll, Professeur de logique mathématique à l'USDBlida. Dans l'Editorial Board, j'ai retrouvé et reconnu deux grands chercheurs. Leurs articles étaient ma bibliographie de références et sur lesquels j'ai travaillé mon magister durant les années 1988-1991 sous l'égide du Professeur de renommée mondiale, Pr. Konrad Engel, un allemand de l'université de Rostock, en Allemagne. Il s'agit des professeurs : H.-D.O.F. Gronau (Rostock, Germany) et G.O.H. Katona (Budapest, Hungary), deux grands chercheurs en « Combinatorics». C'est les «Maîtres» de mon «Maître» le Professeur Konrad Engel.

UNE « PUDEUR» S'IMPOSE

B. The Australasian Journal of Combinatorics, Journal qui va devenir à «accès électronique» depuis 2014, gratuit pour publication et lecture. Certes, l'Australie c'est l'autre monde. Il y a des traditions, un autre système scientifique qui n'est pas celui de l'Europe. Il date depuis 1990, soit 24 ans d'existence. Les copies d'articles en papier ne seront plus imprimées.

La publication sera électronique, juste après l'acceptation des articles, l'accès à l'article sera «gratuit» pour tout individu. Cette gratuité de l'article augmentera sa visibilité à travers le monde entier. C'est un journal non payant.

C. AKCE International Journal of Graphs and Combinatorics, les articles acceptés sont arbitrés par les référés de la société de mathématiques Mathematical Reviews (AMS) et Zentralblatt MATH. Ce journal est accepté pour figurer dans SCOPUS. Il n'est pas payant. C'est un vrai journal scientifique, édité par une université et non pas par un groupe financier. Il date de 2004, soit 10 ans d'existence. D. IJAMC, International Journal of Applied Metaheuristic Computing [2, 5].

L'article publié dans cette revue classée catégorie B date de Juillet 2013. Il est antérieur à ce procès verbal. Ce Journal est indexé par plusieurs bases de données telles ACM Digital Library, Bacon's Media Directory, DBLP, Google Scholar, INSPEC, JournalITOCs, MediaFinder, The Standard Periodical Directory et Ulrich's Periodicals Directory. Les revues scientifiques de cette catégorie B proviennent des bases sélectives telle que SCOPUS d'Elsevier, «All databases» de Thomson Reuters (Medline, INSPEC, Biosis...etc) etc… Seulement, ce journal IJAMC n'est pas répertorié dans la liste incomplète de «publist... sciex», une liste de « Science Citation Index Expanded » fournit par la DGRSDT. Comme ils sont partisans du moindre effort, les membres de la CUN 2013, la commission universitaire nationale 2013, n'ont pas fait cet effort de recherche pour réaliser que la revue où mon article est publié, est cotée. Ils se sont contentés de la liste fournit par la DGRSDT. Le journal existe depuis 2010.

Il a déjà quatre années d'existence scientifique. Dans l'Editorial Board on peut lire que le Honorary Editor n'est autre que «Fred Glover» du centre de recherche OptTek, Inc. aux USA, l'inventeur de la métaheuristique «méthode taboue» ou «Taboo search Metaheuristic».

Dans un pays comme le notre, pourquoi faut-il attendre 10 ans pour qu'une revue soit reconnue?      Pourquoi attendre que les feuilles de la revue « jaunissent » pour qu'elle soit reconnue ? La réponse est que dans l' «échelle de la science», les algériens sont à l'«âge de la pierre », âge où il a fallu 300.000 ans pour tailler une pierre, 10.000 ans pour sortir d'une caverne etc.,…10 ans pour accepter une revue… «Normal» comme aiment reprendre nos jeunes ! Ils sont à l'âge de la paléontologie. De ce fait d'omission de porter sur la dite liste « publist...sciex », le journal scientifique Classe B cité ci dessus, eu égard à la somme de mes travaux réalisés depuis ma nomination au grade de MC-A et cela depuis 2004, je demande à Monsieur le Ministre MESRS, de bien vouloir instruire ou appeler à une «CUN 2013 extraordinaire» pour revoir ma nomination et de m'établir dans mon droit absolu d'être nommé au grade de Professeur de mathématiques.

Conclusion

Pourquoi nous-impose-t-on comme bouquet scientifique Thomson Reuters ? Rares sont élus les algériens, de quelques universités algériennes, membre scientifique de ces journaux.

Comment peut-on faire la fine bouche aux quatre revues citées ci-dessus sachant que jusqu'à cette date de février 2014, il n'existe aucune Revue Algérienne de Mathématiques où les chercheurs peuvent publier leurs travaux ?

La recherche en Algérie a été dotée d'un budget d'un milliard de dollars. C'est du Sabotage Scientifique.     La moralité de notre aventure est que la différence de salaire mensuel entre un MC-A et un professeur est en moyenne de 22.000 DA. Empruntant l'expression au chroniqueur Kamel Daoud du journal LQO, un « parkingueur» gagne quotidiennement cette différence de salaire.          C'est une honte, l'Algérie est devenue un pays sans morale, sans vertus, sans valeur humaine mais à valeur matérielle.

Voilà comment raisonnent les intellectuels algériens. D'autres professeurs algériens ont subi les agissements néfastes de leurs assistants ou de leurs anciens étudiants. Feu le Professeur sociologue Djamel Guerrid de l'université d'Oran a reçu un avis défavorable pour son projet PNR, cet avis n'était pas motivé et était donné par ses ancien(ne)s étudiant(e)s.

La professeure Nacira Zellal, de l'université Alger 2, a été spoliée de ses travaux et de ses projets de recherche dans l'orthophonie par ses ancien(ne)s étudiant(e)s.

L'un des professeurs qui a présenté à Boumerdès [1] cette catégorisation n'est autre qu'un de mes anciens assistants d'algèbre dans les années 90.

Ça doit suffire cette «bêtise humaine» purement imaginée car plusieurs fois dans les journaux, j'ai dénoncé une gestion bureaucratique de la recherche et sa 7.

* Universitaire

Halte à la bureaucratie dans la gestion des laboratoires de recherche en Algérie. El Watan, en deux parties. -Mardi 01 Décembre 2009, Rubrique : Idées-Débats, p.22. http://www.elwatan.com/Halte-a-la-bureaucratie-dans-la-Mercredi 02 Décembre 2009, http://www.elwatan.com/Halte-a-la-bureaucratie-dansla,144697