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Université: Des enseignants veulent des salaires de 100 millions par mois

par A. Mallem



Le mauvais temps et la période des examens n'ont pas permis aux enseignants universitaires de participer en masse au sit-in et à la marche de protestation organisés, hier matin, par la section de Constantine du Syndicat national des enseignants du supérieur (SNEU) devant la tour administrative de l'université Constantine 1 – Mentouri. «Beaucoup d'enseignants ont été retenus par des examens, mais ils ont promis de nous rejoindre dès qu'ils auront terminé», nous a expliqué, hier, M. Benmohamed, membre du SNEU, qui participait à la marche, en indiquant que la manifestation avait débuté vers 11h du matin avec une centaine de participants. Au cours du sit-in, la plateforme de revendications des enseignants du supérieur du pôle universitaire de Constantine a été lue aux participants qui ont voté à main levée la tenue d'une seconde assemblée générale après celle qui s'est tenue mercredi dernier 15 mai «pour fructifier les revendications avant de les transmettre à la tutelle administrative, le ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique (MESRS) et au bureau national du SNEU pour les endosser et les unifier au niveau de toutes les universités du pays», a ajouté notre interlocuteur.

Au cours de la marche organisée sur l'esplanade de la fac centrale, les protestataires ont brandi des banderoles sur lesquelles on pouvait lire : «Non à l'instruction de la honte !» (allusion faite à la note d'application émise par le secrétaire général du ministère aux chefs des établissements universitaires précisant qu'il n'existe aucune différence entre le doctorat ès sciences du système classique et le doctorat du système LMD, qui a servi d'élément déclencheur de la protestation que mènent les doctorants). Et c'est justement en réponse à cela qu'ils ont inscrit dans une seconde banderole le mot d'ordre : «Doctorat ès sciences = doctorat d'Etat». Interrogé sur l'action lancée par la coordination des trois universités de Constantine, M. Dib Nabil, coordinateur du mouvement, a répondu tout simplement : «Comme début, c'est positif», en indiquant avoir enrichi, hier, la plateforme de revendications par 3 points supplémentaires la portant ainsi à 13 revendications : la mise à disposition des enseignants de salles équipées, la mise en place de mécanismes de contrôle de l'argent des œuvres sociales et l'encouragement des initiatives individuelles et collectives des enseignants tendant à la promotion de la recherche scientifique.

Abordant l'une de leurs revendications essentielles, à savoir la question des salaires, les responsables du SNEU de Constantine ont révélé que l'enseignant universitaire actuel, avec le salaire misérable qu'il reçoit, «ne peut même pas acheter les livres dont il a besoin et s'abonner aux revues scientifiques spécialisées, son salaire ne dépassant pas le montant de 46.000 dinars (4,6 millions de centimes)». Aussi, le SNEU revendique une augmentation conséquente des salaires des enseignants en demandant une rétribution mensuelle de 40 millions de centimes pour le maître-assistant B, 50 pour le maître assistant A, 6O millions de centimes pour le maître de conférence B et 80 pour le maître de conférence A. Quant au professeur universitaire, grade le plus élevé à l'université, le SNEU revendique un salaire mensuel de 100 millions de centimes. Et il exige aussi que la classification des postes dans le statut de la fonction publique n°O3-O6 se fasse suivant la qualification scientifique. «On remarque souvent dans notre secteur que beaucoup de cadres ne possédant aucune qualification scientifique perçoivent pourtant des salaires supérieurs à ceux qu'ils en ont», affirment les enseignants universitaires dans leur plateforme de revendications.