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De nouvelles directives adressées aux walis : Sécurité tous azimuts

par Houari Saaïdia

Les mesures de sécurité «exceptionnelles» décidées par l'Algérie sur «le plan interne», sur fond d'une dangereuse et imprévisible évolution du conflit armé au Mali, ont été significativement affermies, en termes de rigueur, et élargies, en termes de nomenclature des sites classés à risque et donc sujets à haute surveillance, et ce suite à l'attaque terroriste contre le site gazier de Tiguentourine d'In Amenas.

Ce ne sont plus seulement les zones pétrolières qui font désormais l'objet d'un relèvement du niveau de sécurité, comme l'a indiqué récemment en substance le ministre des Affaires étrangères, Mourad Medelsi, dans un entretien accordé à une agence d'information américaine Associated Press (AP), en marge du Forum économique mondial organisé à Davos, mais également tous les lieux institutionnels, civils et économiques abritant -ou juste fréquentés- (par) des étrangers. En effet, les 48 walis ont reçu, il y a quelques jours, des directives très strictes de la part du ministère de l'Intérieur et des Collectivités locales (MICL), dont la teneur est le renforcement immédiat du dispositif sécuritaire au niveau de tous les endroits marqués par une présence, régulière ou occasionnelle, de ressortissants étrangers. De la compagnie multinationale en passant par la société étrangère -quels qu'en soient la nature et le champ d'activité- l'institution, l'ambassade ou le consulat d'un pays étranger, jusqu'aux lieux de culte, sites touristiques, complexes hôteliers, établissements privés gérés par des étrangers…, tout est concerné par la note en question.

La wilaya d'Oran, bien que géographiquement située loin des évènements qui se déroulent aux frontières sud et sud-est du pays, n'en demeure pas moins une région cotée d'un degré de menace assez élevé et ce, en raison de deux facteurs principaux. Premièrement, rien que le port pétrochimique d'Arzew, classé n°2 à l'échelle mondiale après celui de Doha, de par sa valeur économico-stratégique, hisse vers le haut la capitale de l'Ouest sur l'échelle des villes susceptibles de faire l'objet d'un attentat terroriste dans cette conjoncture régionale exceptionnelle. Deuxième facteur: la forte présence de communautés étrangères dans cette wilaya, appelée à être un pôle économique méditerranéen à long terme, notamment avec la future zone industrielle de Oued Tlélat, annoncée pour être la plus grande ZI en Algérie en termes de superficie et en termes de densité d'investissement étranger.

A ces deux paramètres, il faut ajouter la spécificité d'Oran, qui se décline depuis quelques années non seulement comme une plaque tournante vers l'Europe pour le flux migratoire issu des pays subsahariens, mais, bien pire, une terre d'accueil en soi, voire une sorte d'Eldorado.

Dans ce contexte, «la commission de sécurité élargie» de cette wilaya a siégé, dernièrement, à l'hémicycle de la wilaya, avec comme ordre du jour : la mise en œuvre de l'instruction de la tutelle portant sur le renforcement du plan de sécurité interne. Ainsi, les instructions centrales ont été répercutées par le chef de l'exécutif de wilaya à l'échelle locale, à charge aux neuf chefs de daïra de les traduire en concret sur leurs terrains respectifs en leur qualité de chefs de comités de pilotage sous-préfectoraux.

Pour donner un aperçu sur le «sens très large» avec lequel devait être prise la correspondance gouvernementale porteuse des dispositions sécuritaires exceptionnelles, pour la daïra d'Oran, par exemple, même les lieux de culte à l'instar de la Chapelle de la Sainte Marie, près du fort de Santa Cruz, sur les hauteurs du mont Murdjadju surplombant la ville, ont été sécurisés en la circonstance par des sociétés de gardiennage privées, en appoint aux éléments de la police, de la Gendarmerie nationale et de la garde communale. D'autre part, les consulats de France et d'Espagne, le Centre culturel français, l'Institut espagnol de Cervantès, entre autres, sont également concernés par ce renforcement du dispositif sécuritaire.

Autre mesure prise, le redéploiement et le renforcement en effectif, en logistique et en armes de défense des différentes sociétés de gardiennage dans les sites concernés, notamment les complexes abritant des infrastructures d'hydrocarbures, ainsi que le renforcement des points de contrôle routiers sur les routes y convergeant.