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Des droits de TV enfin plus chers divisent le foot professionnel algérien

par Ahmed Yachi

L' arrivée dès 2013 de nouvelles télévisions privées intéressées par les droits d'images du football a poussé le monopole public finissant à accepter le principe d'une vraie valorisation du droit de diffuser le spectacle football. Mais le triplement espéré des revenus TV pour les clubs professionnels algériens est déjà gâché par une polémique sur la clé de partage de ce pactole pas encore engrangé.

La saison sportive écoulée, la ligue du football professionnel – LFP- a cédé à l'EPTV, l'entreprise publique de la télévision algérienne, les droits de retransmission des matchs de la première ligue contre 210 millions de dinars. Un montant jugé, alors, dérisoire par une partie du bureau de la LFP, notamment son vice-président Abdelkrim Medouar qui en a claqué la porte. La transaction pour l'exercice en cours se présente sous de biens meilleures auspices pour les vendeurs des images du championnat de football ligue 1. Le binôme FAF-LNF milite pour une révision à la hausse de la transaction et pense arriver à ses fins. Le partenaire Télévision publique a laissé clairement la porte ouverte, selon des sources proches des présidents de clubs, à une revalorisation conséquente du chèque pour acquérir les droits d'image du football. «Nous avons demandé à l'ENTV de doubler, voire de tripler, le montant de la saison écoulée pour nous permettre de régler ce volet dans la sérénité avec les clubs qui souffrent sur le plan financier» a déclaré Mahfoud Kerbaj le président de la LFP. Un montant de 600 millions de dinars a été même annoncé avant l'entame des négociations prévues ces jours-ci. Dans le milieu du football professionnel «la disponibilité affichée par les responsables de l'EPTV» pour augmenter la valeur des droits TV cette saison a une explication. La saison prochaine l'EPTV ne sera plus seule pour concourir à l'acquisition de ses droits. «Echourouk TV et la prochaine télévision des frères Haddad en cours de lancement seront très certainement candidates pour acheter les droits TV du football professionnel en Algérie. La télévision publique veut s'assurer ce produit et va sans doute négocier en contrepartie de la hausse, un contrat de plusieurs années» explique une source près des télévisions privées. Le produit proposé à la vente par la LFP n'est peut être pas encore très attrayant, mais pour l'EPTV en perte rapide de parts de marchés, ne peut se permettre de perdre le contact hebdomadairement avec le téléspectateur algérien par le biais du football.

OPPOSITION A LA NOUVELLE REPARTITION

La LFP pensait, avec cette perspective de revenus plus conséquents, «pacifier» ses rapports avec les présidents de clubs. Le gonflement du pactole des droits TV ne va pas conduire à la réconciliation attendue. Car en même temps que la hausse des revenus télés, la FAF a introduit une proposition de nouvelle clé de partage de ces revenus. Cette nouvelle formule abolit le partage égalitaire entre les clubs en vigueur jusque là. Elle est conçue sur le modèle français : le club reçoit sa part selon le nombre de ses matchs retransmis et selon sa position au classement. Le président du Forum des clubs professionnels, Abdelkrim Yahla, également président du WAT, n'a pas mis beaucoup de temps pour réagir. «Je suis contre cette formule. Elle est subjective et ne répond pas aux aspirations des clubs. Ce sont des critères purement subjectifs… Ce n'est pas juste. Il faut vite revoir cette répartition aléatoire qui pénaliserait les clubs dont les matchs ont été rarement télévisés». Les présidents des clubs les plus exposées à la télévision ont de leur côté, sans surprise, soutenu l'application de cette nouvelle clé de partage. Il est vrai que le spectacle télévisuel n'est pas le même selon les affiches et les stades d'où s'effectue la retransmission.

Il n'y a pas encore d'outil d'évaluation des revenus publicitaire de l'EPTV selon l'audience par match. Un outil qui rendrait moindre «subjectif» la nouvelle formule de répartition proposée. Une solution intermédiaire, serait de faire passer de deux à cinq le nombre de matchs télévisés par week-end. Une revendication de la LFP qui envisage d'ores et déjà de créer un second lot vendable à la concurrence au cas où la télévision publique ne déploie pas les moyens pour retransmettre plus de matchs.