
« Nous avons besoin de 3,5 millions
commerçants dans le pays, alors que seulement 1,5 million sont en activité
actuellement, c'est dire que l'intégration des marchands informels ne dérange
pas l'union, bien au contraire ils sont les bienvenus», ce sont là les
estimations du secrétaire général de l'union des commerçants et des artisans
algériens (UGCAA), Salah Souilah, données hier lors d'un regroupement régional
de 12 wilayas de l'Est du pays, qui s'est tenu à la salle Souilah au niveau de
la zone industrielle de Constantine. Cette rencontre, qui fait suite à une
précédente organisée à Oran, pour la région ouest, sera suivie par une autre
qui concernera les wilayas du centre, vise à faire une première évaluation de l'opération
d'éradication du commerce informel, lancée dernièrement par les pouvoirs
publics. «Opération qui a toute l'adhésion des commerçants et des artisans du
pays et de l'UGCAA», dira M. Souilah. Et d'ajouter, qu'en la matière, l'union a
déjà fait part de ses propositions qui consistent en l'aménagement des anciens
Souks El Fellah et des Galeries algériennes, pour l'accueil des marchands
informels qui acceptent d'être intégrés dans le circuit légal d'activité. Et
l'orateur de poursuivre, que cette opération connaît pour l'instant au niveau
des wilayas des fortunes diverses. Si certaines sont bien avancées, d'autres
par contre traînent le pas. En tout cas, l'éradication du commerce sur les
trottoirs et la régularisation de la situation des jeunes concernés, par le
biais notamment de l'aménagement d'espaces d'activité légale, afin de les y
intégrer, peut réussir et ne pas être une énième campagne à l'instar des
précédentes. «Pour cela, soulignera-t-il, une seule condition selon nous, à
savoir mieux maîtriser l'activité des importations et l'imposition de l'usage
de la facture dans les transactions de vente et d'achat, au moyen de lois
rigoureuses et strictes». Abordant ensuite le problème des boulangeries et de
la pénurie de pain, il dira que «le métier se meurt et beaucoup de boulangers
ferment boutique. Ni le prix très faible du pain ne les arrange, ni les
mécanismes compensatoires et de soutien à la profession promises par l'état,
qui ne sont toujours pas là». Si bien que de 17.000 boulangers dans le pays, il
n'en reste que 14.000 actuellement. Pour sa part le directeur du commerce, M.
Boulaarak, présent à cette rencontre, insistera sur le caractère parasitaire du
commerce informel, soulignant notamment les énormes manques à gagner qu'ils
font subir au trésor public. Aussi l'état a pris la décision de mettre fin à
cette situation en déclenchant une opération pour l'éradiquer et pour ce faire,
il indiquera que 02 milliards de dinars ont été consacrés, pour la construction
de marchés servant à l'accueil des marchands informels. Alors que la wilaya de
Constantine a affecté pour ce qui la concerne 11 milliards de centimes pour
l'aménagement de 12 espaces de commerce, au niveau des communes de Constantine,
de Hamma Bouziane etc.