Envoyer à un ami | Version à imprimer | Version en PDF

Education : Quand les solutions palliatives font des mécontents

par Tahar Mansour

Alors que la rentrée des classes semble s'être passée dans de bonnes conditions dans la plupart des régions malgré le problème de la surcharge des classes dans les lycées causée par l'arrivée de deux promotions en même temps et pour lequel des solutions ont été préconisées, des couacs se font entendre dans certaines communes.  

En effet, depuis avant-hier dimanche, date de la rentrée scolaire, un bras de fer est engagé entre les parents d'élèves de l'école de filles de Meftah, et les responsables locaux et ceux de la direction de l'éducation de la wilaya de Blida. En effet, les deux lycées de la ville, El Kefif et le technicum, sont arrivés à une situation telle qu'il leur a fallu chercher où mettre tous ces élèves qui arrivaient en même temps, et la solution fut trouvée dans l'école de filles qui date de l'époque coloniale, et qui n'est pas loin de ces deux établissements du secondaire. Mais ayant été mis au courant de ce projet, les parents d'élèves (du primaire) de l'école de filles ne l'entendaient pas de cette oreille et ont refusé de voir leurs rejetons être déplacés vers une autre école qui, disent-ils, ne convient pas pour plusieurs raisons, la première étant l'éloignement en plus, deuxième raison invoquée : «les autorités vont créer un autre problème, plus grave, en voulant en résoudre un», nous confie un parent rencontré dans la cour de l'établissement.

Donc, et dès la matinée du 9 septembre, des dizaines de parents d'élèves se sont dirigés vers l'école de filles avec leurs enfants et l'ont occupée en chassant les quelques étudiants et surveillants qui y étaient venus. Les enfants (du primaire) furent mis dans les classes et des parents se sont relayés pour les surveiller, les enseignants et le directeur ayant été affectés vers l'école où les enfants devaient poursuivre leurs études. La cour de l'école est pleine de parents d'élèves qui ont abandonné leur travail ou leur commerce. Sur place, des représentants des parents d'élèves nous ont affirmé qu'ils avaient contacté la direction de l'éducation au mois de juin puis au mois de juillet sans recevoir aucune réponse. Ils se sont même déplacés à Blida mais ils n'ont reçu aucune réponse : «Et ce dimanche, nous avons amené nos enfants le plus normalement du monde pour les accompagner à l'école le premier jour quand nous avons été priés de les emmener ailleurs, loin de chez eux, ce que nous avons catégoriquement refusé. Nous avons trouvé quelques tables ramenées de nuit ainsi que des lycéens et des surveillants que les responsables avaient fait pénétrer par une porte dérobée», ont-ils pour la plupart déclaré.

Devant cet état de fait, des représentants du ministère de l'Education nationale, de l'académie ainsi que le P/APC et le chef de la daïra, en compagnie des services de sécurité, se sont réunis avec les représentants des parents d'élèves qui ont proposé d'accueillir les élèves des deux lycées au niveau du technicum qui dispose de 6 classes vides avec la possibilité de créer deux classes itinérantes et au niveau du lycée El Kefif où il y a la possibilité de créer deux autres classes itinérantes. Le reste des 14 classes nécessaires pour contenir le surplus des deux établissements secondaires pourrait être récupéré au niveau d'un CEM qui dispose de trois dortoirs jamais utilisés et qui pourraient être convertis en 6 classes. Jusqu'à hier après-midi, le statuquo était de mise et les parents attendaient toujours une réponse à leur revendication. Nous avons essayé de joindre le chef de daïra mais il nous répondit par téléphone qu'il se trouvait en réunion et que nous devions plutôt nous adresser au P/APC «qui doit prendre ses responsabilités» dixit le chef de daïra.

Au niveau de l'APC, nous n'avons trouvé aucun responsable bien qu'il était aux environs de 14h30. La seule personne rencontrée était un planton qui nous a rabroué vertement en nous lançant sur le pas de la porte : «il n'y ni P/APC, ni membres de l'APC, ni aucun responsable» avant de s'en aller en nous plantant là. Pour sa part, le chargé de la communication de la direction de l'éducation nous confirma que cette école demeure le choix le meilleur pour contenir les élèves du lycée, en rappelant tout de même que cette situation était conjoncturelle et que les élèves de l'école de filles réintégreraient leur établissement dans les meilleurs délais. De leur côté, les parents d'élèves demeurent sceptiques et rappellent que si les responsables concernés avaient fait correctement leur travail, les choses n'en seraient jamais arrivées là, tout en nous faisant part du projet d'un nouveau lycée dont les travaux auraient dû être lancés en 2006 et qui demeure toujours «à peine sorti du sol». Alors, y a-t-il une solution qui agréerait tout le monde pour le plus grand bénéfice de nos enfants ?