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Son coordinateur dans le nord du Mali tué dans un accident : L'Aqmi décapitée au Sahara

par Moncef Wafi

Al-Qaïda au Maghreb Islamique (Aqmi) a perdu, ce dimanche, l'un de ses plus importants émirs dans la région du Sahara.

L'Algérien Nabil Makloufi, alias Nabil Abou Alqama, un ancien du GIA et du GSPC, coordonnait les actions d'Al-Qaïda dans le nord du Mali. Selon le site privé mauritanien d'informations, Sahara Medias, généralement bien sourcé sur les activités des groupes armés dans le nord du Mali, il est mort, dans un accident de voiture à quelque 200 kilomètre à l'ouest de la ville de Gao, en direction de Tombouctou. Moussa Ould Mohamed, un responsable à Gao des jihadistes, a confirmé l'information en précisant qu'il est mort en compagnie d'autres membres de l'organisation alors que le site mauritanien affirme qu'il n'y a eu qu'un seul autre décès dans l'accident, celui d'un Targui dit Abderrazak Al Ansari. Le décès de l'Algérien, âgé d'une quarantaine d'années, a été confirmé à l'AFP par un responsable du groupe Ansar Dine à Tombouctou. Nabil Makloufi était le chef adjoint d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) pour la zone du Sahara, qui s'étend du sud algérien au nord malien, sous l'autorité de Daoud Abou Moussa, a précisé Sahara Medias.

Selon plusieurs services de sécurité au Sahel, Nabil Makloufi était également le gestionnaire du stock de l'armement, notamment des explosifs, de son organisation. Il était aussi le chef au sein d'Aqmi au nord du Mali pour la libération d'otages européens en rapport avec les chefs des katibas (unités combattantes) qui détenaient directement les otages européens. Parfois, il participait directement aux négociations pour fixer le montant de la rançon, d'après un ancien médiateur malien, qui affirme avoir travaillé sur un dossier avec lui. De par son poste, il avait sous son autorité directe, les chefs de 4 katibas comme celle de Tarek Ibn Ziyad sous le commandement de Abou Zeïd et celle des encagoulés sous la férule de Mokhtar Belmokhtar. C'est pratiquement le deuxième coup dur porté à l'Aqmi en l'espace d'un mois puisque le 15 août dernier, Necib Tayeb, dit Abd Arrahmane Abou Ishak, chef de la commission juridique d'Aqmi, a été arrêté par les services de sécurité algériens près de la ville de Berriane dans la wilaya de Ghardaïa. Au moment de son arrestation, il était accompagné de deux hommes à bord d'un 4x4, et se dirigeait vers la zone du Sahel, dans le Sud.

Par ailleurs, la mort de seize prédicateurs musulmans, huit Maliens et huit Mauritaniens tués dans la nuit de samedi à dimanche par une patrouille de l'armée malienne, risque d'embraser un peu plus la région et surtout de brouiller les cartes entre Bamako et Nouakchott. Pour sa part, le gouvernement malien a dit ordonner une enquête après cette fusillade dans la localité de Diabali, environ à 175 km au nord de Ségou, largement au sud de la limite des zones du Nord contrôlées depuis cinq mois par plusieurs groupes islamistes armés, dont Ansar Dine et le Mujao, alliés d'Aqmi. Officiellement, la fusillade a été déclenchée par le refus d'obtempérer, qui a poussé l'armée à traiter les islamistes présumés «comme des ennemis». Selon un responsable au ministère malien de la Sécurité joint par l'AFP, les 16 personnes tuées étaient des membres de la secte Dawa, originaire du Pakistan, et présente dans plusieurs pays du Sahel. D'après des sources concordantes maliennes et mauritaniennes, les victimes étaient dans un seul véhicule et n'étaient pas armées. «Elles avaient pour habitude de se rendre dans les campagnes et les villes pour prêcher la cause de l'islam», selon une source mauritanienne. Nouakchott a condamné fermement «ce crime ignoble» et a demandé la mise sur pied d'une enquête indépendante.

Sur le plan diplomatique, la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest organise le 17 septembre à Abidjan une réunion extraordinaire, consacrée à la situation au Mali dont le Nord est aux mains d'islamistes armés. Cette réunion, qui se tient au niveau des ministres de la Défense, des Affaires étrangères et de l'Intégration africaine, précédée d'une réunion des chefs d'état-major, sera la première depuis la demande formelle d'aide adressée à l'Afrique de l'Ouest par les autorités de transition au Mali. Les pays de la Cédéao tiennent 3.300 militaires à la disposition du gouvernement du Mali pour l'aider à reprendre le contrôle du Nord occupé depuis cinq mois par des groupes islamistes lourdement armés.