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![]() L'Algérie a
importé pour 1,17 milliard de dollars de produits pharmaceutiques depuis le
début de l'année jusqu'au mois de juin. Une hausse de 33,47% par rapport au 1er
semestre 2011, année où l'Algérie a importé 1,95 milliard de dollars,
enregistrant un + 16,86% par rapport à 2010, selon les chiffres du Centre
national de l'informatique et des statistiques (Cnis) des douanes algériennes.
Une courbe ascendante attendue depuis que le gouvernement a décidé d'en finir
avec la grave pénurie en médicaments qui avait touché le pays en 2011.
L'Algérie avait vécu une terrible et inexplicable pénurie de médicaments qui
avait déchainé les passions et mis à mal les malades. Il aura fallu le début de
cette année pour que le gouvernement se décide à remettre de l'ordre dans un
secteur à milliards de dollars. Ainsi, et en droite ligne du nouveau statut des
pharmacies centrales des hôpitaux, dont la principale «révolution» reste la
passation de marchés en procédure de gré à gré simple entre les PCH et les
établissements de santé, dans le but évident d'éviter les ruptures de stocks,
le ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, avait
annoncé l'annulation du crédit documentaire (Credoc) pour ce qui est des
médicaments essentiels ainsi que certains équipements médicaux d'urgence. Cette
tendance à la hausse a également concerné le tonnage des médicaments importés
avec une augmentation de 47,9%, passant de 10.951 tonnes le premier semestre
2011 à 16.208 tonnes à la même période en 2012.
Pour plus de détails, la facture des médicaments à usage humain vient en première place avec 1,12 milliard de dollars contre 842,6 millions pour le premier semestre de l'année écoulée, toujours selon le Cnis. Les produits parapharmaceutiques ont connu une hausse de 57,8 % passant de 25,55 à 40,33 millions de dollars, durant le six premiers mois de 2012. Quant à la quantité importée des produits parapharmaceutiques, elle a reculé de plus de 9%, passant de 704,4 tonnes durant le 1er semestre 2011 à 640,4 tonnes à la même période en 2012. Pour les médicaments à usage vétérinaire, une hausse de 21,33% les a caractérisés. Pourtant et malgré cette facture à la hausse, le marché du médicament continue d'enregistrer des pénuries périodiques dont l'explication divise les syndicats des blouses blanches, les malades et la tutelle. Pour Djamel Ould Abbès, le ministre de la Santé, le problème du médicament réside dans les dysfonctionnements que connaît le circuit de la distribution, ce qui a amené son département à mettre en place un nouveau dispositif d'approvisionnement en produits pharmaceutiques des établissements publics pour assurer une disponibilité des médicaments. Rappelons que l'importation des produits pharmaceutiques est soumise dès 2012 à un contrôle «rigoureux», selon le secrétaire général du ministère de la Santé, Abdallah Bouchnak. « Nous sommes en train de mettre toutes les balises pour réguler le marché du médicament, dont un contrôle rigoureux au niveau des ports et aéroports par des pharmaciens formés en la matière », avait-il déclaré. Le ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, Djamel Ould Abbès, et après avoir mis en garde, en mars dernier, les opérateurs privés qui ne respectent pas leurs engagements avec le ministère en matière d'application du programme d'importation de médicaments 2012, a décidé de retirer officiellement et définitivement leurs agréments à quatre opérateurs de pharmacie pour des «défaillances tant au niveau de l'importation que du stockage », selon le ministre qui avait fixé au 20 avril dernier le dernier délai pour la mise en œuvre du programme arrêté par les deux parties le 15 novembre 2011. Le ministre estime que sur les 208 importateurs au niveau national, 50 seulement activent selon les normes alors que, pour l'année en cours, les programmes d'importation ont été déjà délivrés à 69 opérateurs. Les médicaments qui devaient être importés par les opérateurs défaillants sont surtout « essentiels », et ne sont pas soumis au Credoc et représentent 1% du programme d'importation alors que 619 produits seulement ont été importés sur 2966, soit 20% des produits inscrits au programme prévisionnel arrêté par le ministère et les importateurs privés pour 2012. Certains importateurs de produits pharmaceutiques pensent que l'assainissement de la situation permettra de pallier définitivement la pénurie des médicaments, rejoignant ainsi les déclarations de M. Ould Abbès qui voit dans la libération des programmes d'importation, une «réussite» ayant permis d'éviter une nouvelle pénurie de médicaments sur le marché. Quant aux programmes pour 2013, ils seront libérés en octobre prochain pour «pallier définitivement la pénurie de médicaments sur le marché national». Et pour réduire la facture des importations, le gouvernement a consacré en 2011, 17 milliards de DA au groupe pharmaceutique public, Saidal, dans l'objectif de doubler sa production dans les cinq prochaines années, l'objectif étant de diminuer progressivement les importations pour arriver, en 2014, à une production nationale couvrant 70% des besoins contre seulement 37% actuellement. Selon l'Union nationale des opérateurs de la pharmacie (UNOP), la taille du marché national des médicaments a atteint 2,9 milliards de dollars en 2011, dont 1,85 milliard de dollars d'importation et 1,05. Ainsi, selon Mohamed Hacène Tiouririne, responsable à l'UNOP, le marché algérien du médicament a avoisiné les 3 milliards de dollars en 2011 qui fait que l'Algérie dépense, en médicament, 79 dollars par an et par habitant contre une moyenne mondiale estimée à 127 dollars par an et par habitant. |
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