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LE PARFUM DES ROSES

par Ali Brahimi

A la suite d’une longue maladie, la chanteuse Warda El Djazaïria (la rose d’Algérie) est décédée dans son pays d’adoption, l’Egypte, et enterrée chez elle en Algérie d’où elle est originaire. Un souvenir d’un parfum partagé entre les deux peuples.

Selon les proches de sa famille, en Algérie et l’Egypte, elle n’avait jamais refusée une invitation de l’Algérie afin qu’elle vienne animer et fêter les dates commémoratives symbolisant le combat pour la liberté du pays. Une rose qu’elle était, c’est au mois des roses qu’elle disparaît. Un destin hors du commun.
Son long parcours artistique, l’érudition et sa remarquable modestie, ainsi que la renommée de ses chansons sont au dessus des protocoles liés au transfert de son cercueil dans son pays natal. C’est, à l’évidence, une habitude de faire un tel gâchis en de telles occasions. En plus, ce tapage médiatique ne diminue en rien, nous semble-t-il, l’auréole de la défunte cantatrice qui a chanté les deux pays
Cependant, il serait malheureux de le dire, l’incident est la faute de quelques responsables égyptiens de la navigation aérienne, d’autant plus qu’il s’agit de la princesse de la chanson arabe ainsi qualifiée par des experts, en la matière, qui ont témoigné de l’aura qu’elle a auprès du public.

La défunte a eue l’honneur et le privilège de participer au célèbre orchestre panarabe, des années 1950, sous la conduite du défunt Maestro Mohamed Abdelouahab considère comme un monument de l’Egypte. (1) Cette pléiade d’artistes de renom à chanter, entre autres, Watani el Arabi, Watani el Akbar (notre grande nation). À l’époque, cet hymne a été dédié à la nation renaissante du Golfe à l’Atlantique. Hélas, ça n’avait duré que le temps de l’éclosion des roses du printemps. Ainsi, au fil des années, tant d’espoirs se sont fanées.

Aux temps actuels, il existe d’autres sérénades différentes de celles d’avant genre Roméo et Juliette ainsi définies par les amoureux des affaires douteuses combinées a la puissance de l’argent mal acquis. En effet, il y a beaucoup de confusions sciemment entretenues durant toute l’année et qui sont en train d’empester l’existence des gens et, surtout, celle de tous les artistes de moins en moins épris de leurs arts puisque ils sont a la merci des tracas et les aléas de la vie et, surtout, l’ambiance actuelle chargée de mensonge et d’hypocrisie, incohérence, impolitesse, incompétence, etc.

Heureusement, cette atmosphère serait apurée par la force des innombrables enjeux et défis du 1er siècle de ce 3é millénaire exigeant en vertus liées a la bonne gouvernance (socioéconomique et politico culturelle…) de la jeunesse, chez quelques pays arabes, exigeante et magnétisée par d’autres passions existentielles dont la liberté de vivre son printemps : la Démocratie.
Celle-ci est présente dans la toile informatique, du fait qu’elle est bafouée dans les anciens réseaux d’informations voire dans la réalité, englobant tous les arts et cultures dont les musiques syncrétiques à la disposition de tout le monde. Un plaisant rossignol captivant, constamment présent, et disponible a qui veut se cultiver, s’éveiller, et se distraire autrement.

Donc, de tout temps, les roses se fanent et les printemps se renouvellent, avec toutes les subtiles senteurs des roses, par la force de l’évolution des choses. Ainsi va la vie !

NOTE
1- Le défunt Mohamed Abdelwahab a été violemment critiqué par des intégristes extrémistes qui lui reprocheraient d’avoir chanté la dernière mélodie de sa vie : «min oua rayhin fine» D’où nous venons et où nous allons. Il exprimait une angoisse existentielle en termes de temps et d’espace. Autrefois, dans les années 1960, il chantait dans le même registre : je pense à celui qui m’a oublié, je cherche qui m’avait sacrifié et je fuis qui m’achèterait. Bafakar fili nassini, ouadaouar Alibeaini, oua bahrab mini charini