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Tribunaux, prisons : Les chantiers de la justice

par Houari Saaïdia

Une dynamique sans précédent est enregistrée dans le registre «structures» dans le secteur de la justice local ce dernier quinquennat.

En cinq ans, Oran a été dotée d'un important apport d'équipements, qui représente à peu près 50% du parc existant. En terme de qualité, une nette amélioration est à noter. Le temps des tribunaux en cube, sans le moindre design ni symbole de justice, avec des salles d'audience en mal d'espace, gros piliers en plein centre, semble révolu.

Parmi les structures en projet, les trois tribunaux de Bir El-Djir, Es-Sénia et Gdyel. Ils sont tous calqués sur le modèle du tribunal Yaghmoracen, explique le secrétaire général de la Cour d'Oran, Boumengar Belkheir. Celui de Bir El-Djir en est le plus avancé, avec un taux de 35%. Il est à préciser, par ailleurs, que ces trois équipements relèvent de projets décentralisés, c'est-à-dire pilotés par la wilaya via la Direction du logement et des équipements publics (DLEP) au profit du ministère de la Justice, l'utilisateur. Dans le cas du tribunal d'Es-Sénia, un grand retard est enregistré dans la réalisation : ce chantier, qui a démarré en mai 2011, n'en est qu'à 5%. C'est une contrainte technique majeure qui en est à l'origine, explique le SG de la Cour, en se référant aux rapports de la DLEP. En clair, il s'agit de l'émergence d'une source d'eau douce au cours des travaux de terrassement. La découverte de cette nappe phréatique a failli compromettre le choix du site. Finalement, une solution technique a été appliquée : la pose d'une roche spécifique. Après un long arrêt, le chantier a repris récemment, mais avec quelques réglages opérés, dont l'élimination de la partie sous-sol prévue par l'étude initiale. Après révision donc de l'étude, ce tribunal implanté à l'entrée de la ville d'Es-Sénia, pour un coût global de 361 millions de dinars, aura une structure de R+3, comprenant 5 salles d'audience, 54 bureaux, une salle de réunion et une salle d'archives, notamment.

Pour le futur tribunal de Gdyel, un plan d'adaptation a dû être opéré. En effet, la superficie du terrain ne permettait pas de faire glisser, pour ainsi dire, le prototype du tribunal de Yaghmoracen sur celui de Gdyel et, du coup, il fallait faire quelques correctifs en sacrifiant quelques compartiments. D'un autre côté, le projet du tribunal administratif est encore en cours d'étude, précise le même responsable. Pour un coût global de 18 millions de dinars, ce tribunal projeté à Bir El-Djir, sur le boulevard du Millénium, « libèrera » à son ouverture le tribunal d'Es-Seddikia qui tient lieu, provisoirement, de tribunal administratif d'Oran, après avoir longtemps servi comme tribunal correctionnel puis délocalisé dès la mise en service du tribunal de Cité Djamel.

S'agissant du nouveau palais de justice, le même responsable indique que le taux d'avancement est actuellement de 6%. Appelé à remplacer le Palais de justice du square Maître Thuveny, cette splendide mais néanmoins obsolète bâtisse, datant de l'ère coloniale, le futur siège de la Cour d'Oran, implanté à l'USTO, est doté d'une enveloppe de 1,5 milliard de dinars (étude, réalisation et équipement). Lancé le 29 septembre 2011, lors de la dernière visite à Oran de l'ex-ministre de la Justice, Tayeb Belaïz, le projet est en phase des «gros œuvres». Le délai contractuel initial était de 24 mois avant que cette échéance ne soit réduite à 18 mois sur instruction du ministre de la Justice d'alors, lors d'une visite au site. Le futur Palais de justice d'Oran s'élèvera sur 6 niveaux, sur une emprise de sol de 6.500 m², la surface totale bâtie étant de l'ordre de 32.000 m². Il comprendra six grandes salles d'audience, une salle de conférences, une salle d'honneur, deux grandes salles de réunion, une salle d'archives de 2.000 m², un pavillon de 400 m² pour le bâtonnat, un guichet unique de 137 mètres linéaires, trois halls des pas perdus de 1.500 m², 200 bureaux dont 65 pour le service du greffe, plus de nombreux divers espaces tels une bibliothèque, des chambres d'hôte, magasins, station-lavage, cellules, cafétéria, salle de prière, salle de permanence, infirmerie, postes de police, entre autres, ainsi qu'un grand parking, bien sûr.

Pour des raisons d'accessibilité et de fluidification du trafic routier dans les alentours du siège, l'étude effectuée par le BET spécialisé Benouad a jugé utile d'opter pour une translation, ou un recul, de la structure tout en bloc de 40 mètres vers le fond, et ceci pour mieux sécuriser et désencombrer l'accès du côté de l'axe routier à grand flux automobile, entre le rond-point El-Morchid et le rond-point des trois cliniques, communément appelé « rond-point Nekkache ».

Par ailleurs, le même responsable souligne que les deux nouvelles infrastructures de détention à Bir El-Djir et Oued Tlélat, d'une capacité de 1.000 places chacune, devront atténuer à terme, de manière considérable, la tension enregistrée dans la maison d'arrêt de M'dina Jdida. Ces deux structures pénitentiaires identiques sont composés grosso modo d'un poste de contrôle principal, d'un centre d'accueil des visiteurs, d'un bloc de l'administration générale, d'ateliers d'entretien, de magasins de stockage, de locaux de logistique, d'un bloc de l'administration pénitentiaire, d'une direction transitoire, d'un parloir hommes, d'un parloir femmes et mineurs, d'un bloc médical, d'une direction de détention, d'un restaurant et une boulangerie, d'une blanchisserie, d'un dépôt d'ordures, de salles de détention femmes, détention mineurs, détention normale hommes, détention moyenne sécurité hommes, détention haute sécurité hommes, d'une salle polyvalente, d'un atelier de formation, d'un terrain de sport, d'un mur de ronde…

Cependant, les deux établissements «jumeaux» ne connaissent pas le même taux d'avancement. Alors que la prison de Bir El-Djir est en cours de réalisation (phase gros œuvres, taux d'avancement 88%), celle d'Oued Tlélat est encore au stade des procédures du marché. Même le choix du site n'a pas été arrêté de manière officielle, puisque le choix du premier terrain à Oued Tlélat fait l'objet de réserves émises par la direction des services agricoles (DSA). Pour contourner les difficultés et les longues péripéties des procédures, la wilaya d'Oran a proposé dernièrement un autre site à Tafraoui. La décision finale a été reportée pour après les législatives.