Envoyer à un ami | Version à imprimer | Version en PDF

L'hépatite et les malades qui s'ignorent

par J. Boukraâ

Quelque 1,5 million de personnes sont infectées par le virus de l'hépatite, en Algérie. Le plus grave est que ces personnes ignorent en général qu'elles portent le virus et le découvrent par hasard, à un stade avancé.

Le 19 mai prochain et comme chaque année, sera célébrée la Journée mondiale de lutte contre cette maladie. A Oran, une centaine de nouveaux cas d'hépatite, tous types confondus, a été enregistré en 2011. Des chiffres qui ne reflètent pas la réalité, puisque nombreux sont les gens qui ne savent pas qu'ils en sont atteints, notamment dans ses formes B et C. Une hépatite B ou C non diagnostiquée et non soignée, peut se transformer en cancer du foie.

Pendant que les hépatites B et C continuent à faire des ravages parmi la population algérienne, l'on déplore encore le manque de moyens, que ce soit pour la prévention ou pour le traitement contre cette pathologie. Les professionnels de la Santé ont lancé un cri d'alerte pour contrôler davantage les structures de santé, notamment les centres d'hémodialyse qu'ils soient publics ou privés, sachant que la transmission des hépatites virales est plus fréquente dans ces lieux. L'association ‘SOS-Hépatite' a tiré, à maintes fois, la sonnette d'alarme en annonçant qu'en Algérie, la première cause de contamination pour les hépatites B et C, est la visite chez le dentiste. Des professionnels de la chirurgie dentaire tiennent à dénoncer les pratiques dangereuses de certains «pseudo» chirurgiens-dentistes. Des cabinets et cliniques privées spécialisées abandonnent la tâche de la stérilisation du matériel médical aux femmes de ménage. Pire encore, ces employés utilisent de l'eau de javel pour la stérilisation de ce matériel, ce qui provoque sa corrosion, synonyme de danger pour la santé publique.

Dans ce contexte, des efforts considérables sont mis en œuvre par la DSP d'Oran pour éviter toute apparition de ce genre de maladies. Une circulaire ministérielle de 2010 oblige les cabinets médicaux pratiquant des actes chirurgicaux à s'équiper d'autoclaves, pour une meilleure stérilisation des instruments.

L'évolution silencieuse de la maladie et la fréquence élevée de passage à la chronicité expliquent l'existence d'un grand réservoir de sujets infectés. Il est à préciser qu'il existe actuellement près d'un million de personnes atteintes de l'hépatite B en Algérie mais seulement 10 % peuvent évoluer vers la chronicité. Pour l'hépatite C, officiellement l'Algérie compterait plus de 320.000 personnes qui en sont atteintes ; le dépistage demeurant la principale solution.