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Réchauffement climatique, dites-vous ?

par Hassini Tsaki *

1ère partie

LE RECHAUFFEMENT CLIMATIQUE ENTRE MYTHES SCIENTIFIQUES ET ENJEUX ECONOMIQUES ET POLITIQUES

«Alors que notre maison brûle, nous regardons ailleurs» avait prédit, à juste titre, le Président Chirac en s'adressant, en 2002, à une assemblée de plus de 100 chefs d'Etat et de gouvernement réunis au Sommet Mondial sur le Développement Durable de Johannesburg... Et, bien malheureusement, c'est encore le cas en 2012. Nous regardons, encore, ailleurs, et nous oublions de voir et de faire ce qui est, pourtant, impérativement, essentiel !

Et depuis cette époque, l'humanité reste focalisée et obscurément conditionnée par les effets tétanisant du discours édifié sur le Réchauffement Climatique Global (RCG) de la planète. Discours et argumentaire chasse-gardée aux seuls climatologues et représentants gouvernementaux agrées, ou plutôt bénis, car ostensiblement ''crédibilisés'' par les Nations Unies. Il est, pourtant de nos jours, notoire de faire remarquer que l'homme qui ne connaît que le marteau comme outil, ne pourra trouver de solutions que dans l'usage exclusif des clous !

Quelle perte de temps, d'énergie et de moyens dans ces diverses assemblées, sommets et spectaculaires joutes oratoires internationales, bien vaines, étant donné le peu de résultats en termes d'accords internationaux crédibles ou de solutions effectivement efficientes et praticables… Du Vent, seulement ou simple battage médiatique ! Ou peut être, encore, une factice Poudre-aux-yeux en ''savant'' Epouvantail psychologique, nécessaire à masquer les vrais problèmes liés à la véritable détérioration de l'environnement ou à nous en éloigner.

On ne peut occulter, particulièrement dans notre présente époque, la grande solitude de ces multitudes de citoyens lambda de la Terre, ceux du Nord comme ceux du Sud, qui ne cessent d'être ballotés par la surmédiatisation de ces intrigantes prévisions du GIEC. Et qui, bien malheureusement, en parfaits profanes ne disposent pas des quelques éléments et rudiments de base qui puissent leur permettre d'acquérir ou de se faire une opinion juste et indépendante, peut être, et à bon escient, rassurante, en juste réponse à leur préoccupant questionnement, ne serait-ce que pour la préservation légitime de leur droit, comme pour les ''scientifiquement nantis'', à la quiétude et un certain confort mental.

Ces populations laissées-pour-compte, pour la plupart économiquement ou intellectuellement, et qui représentent, pourtant, l'imposante majorité des citoyens du monde se sentent oubliés, délaissés, voire méprisées même, par leurs gouvernants et leurs élites et commencent à réagir par ces nouvelles formes de révolte et de désobéissance civile à l'image de ces multiples rassemblements publics initiés, en 2011, par les jeunes dans diverses places des plus importantes et représentatives villes du monde, à travers ce que l'on désigne, aujourd'hui, par le mouvement des Indignés (Espagne, France, Belgique, Grèce, etc) ou des 99 % (New York, Londres, etc.). Un même état d'esprit et sentiment d'exclusion, et peut être demain de révolte, semble habiter cette majorité silencieuse, faite de millions, voire de milliards de citoyens du monde, mise en marge, par sa condition intellectuelle, économique ou scientifique, de la compréhension et gestion de la Question environnementale et de ses corolaires dans ce qui est appelé le Réchauffement Climatique Global.

Ces personnes, et ils ne sont pas des moindres, sont à longueur de journée pratiquement envahies, sinon assaillies, par des informations qu'ils n'arrivent, pas même, à conceptualiser, ni à comprendre. On leur parle du carbone, des nitrates, de pollution et de contamination, du trou d'ozone, de gaz à effet de serre, de fonte de glaciers et de montée du niveau des mers et océans… de véritables scénarios de fin du monde mais qui concernent, non pas, le monde fantasmagorique du cinéma, mais bien leur propre actualité, avec en prime, de courtes et imminentes projections sur leur proche quotidien. Il y à de quoi faire paniquer, même les plus flegmatiques d'entre-nous, n'est-ce pas !

Devrions-nous laisser en rade, dans le dénuement psychologique et désarroi subséquent, toute cette multitude de citoyens, bien qu'ils représentent l'imposante majorité sur la planète ou faudrait-il, plutôt, rechercher une voie plus juste et plus solidaire en installant avec eux un dialogue simple purgé de toutes formes de complications savantes et pseudo-élitistes afin de les aider, et au mieux, les accompagner vers plus de compréhension de ces phénomènes et enjeux liés au Réchauffement Climatique Global et à la problématique environnementale en général (ce serait, finalement, que justice rendue que se doit, moralement, observer tout universitaire et université publique en retour de ces milliards de contributeurs anonymes, restés quant à eux en marge des savoirs !). Pour cela, rien n'est vraiment impossible, puisqu'on a pu alphabétiser des personnes même dans leur vieillesse. Le tout est de bien prospecter et de trouver les outils et modèle pédagogiques idoines pour le faire et le réussir:

Tenter une analyse des différentes atteintes perpétrées sur la qualité de l'environnement d'une manière simplifiée, compréhensible et accessible à tout un chacun et, particulièrement, aux profanes, consisterait à prendre en compte et à vulgariser leurs influences sur les éléments constitutifs de base de la matière vivante. D'une manière générale, cette dernière, qu'elle soit d'origine animale ou végétale, se trouve constituée essentiellement (au-delà de 85 %) d'eau, d'hydrates de carbone et d'acides aminés (carbone : C ; Hydrogène : H ; Oxygène : O ; et Azote : N) et organisée, par différentes combinaisons biochimiques sous, essentiellement, trois formes principales : Glucides (soit, C, H, O) ; Lipides (soit, C, H,O) ; et Protides ou chaines aminées (soit C, H, O + N).

Enfin, et à titre illustratif pour finir de poser, en utilité à notre exposé, le décor et les outils de compréhension, les deux molécules naturelles, d'importance fondamentale pour l'édification et le fonctionnement de l'ensemble des matières vivantes, qu'elles soient d'origine animale ou végétale, n'en contiennent que des combinaisons plus ou moins proches de ces différents corps chimiques naturels - incluant, entre autres, des atomes de fer (Fe) et de magnésium (Mg) - (Hémoglobine : C, H, O + 4N + Fe; Chlorophylle, essentielle à la photosynthèse et la fonction métabolique du carbone : C, H, O + 4N + Mg ).

Premier fragment : Le constat sur l'eau, première molécule regroupant les métabolites de base, Oxygène et Hydrogène, à l'origine de la vie sur Terre (H+O).

Ce que nous savons, et dont nous en sommes pour la plupart témoins, sont ces constatations si élémentaires mais suffisamment symboliques, qui concernent ces multitudes de paysans et de terriens, dans les Pays du Sud comme ceux du Nord, qui ne boivent plus l'eau de leur puits ou sources artésiennes … alors que celles-ci ont désaltéré et abreuvé hommes et animaux depuis des siècles, sinon des millénaires… Mais ce genre d'informations, ne rentrent pas dans le canevas, ni priorité du GIEC et de ses politiques et décideurs inspirés. Alors que ce problème pourrait (ou se doit !) trouver, rapidement, des solutions par la décontamination de ces nappes phréatiques ; et surtout par la prise de dispositions de prévention préalable de l'ensemble des ressources en eau si stratégiques et si indispensables aux hommes par l'adoption, aux plans nationaux et internationaux, de mesures d'information, de législation et de coercition responsables en utilité à la parfaite conservation de ces biens de l'humanité.

De nos jours, 31 pays comptant 8% de la population mondiale, font face à des pénuries chroniques en eau potable. En 2025, on s'attend à ce que ce chiffre atteigne 48 pays1. Selon les prévisions des Nations Unies, l'eau potable renouvelable sera une ressource très limitée d'ici 2025, et le nombre de personnes souffrant de problèmes d'eau atteindra les 817 millions (selon des projections à accroissement démographique faible) ou 1,079 milliard (selon des projections à accroissement démographique fort). L'eau souterraine, la plus grande source d'eau sur Terre, constitue plus de 90% des réserves d'eau utilisable disponibles2 et représente par conséquent une importance vitale pour répondre aux besoins en eau de 2 milliards de personnes3.

Ce genre de pénurie existe toujours, puisque plus d'un milliard de personnes n'a pas accès à de l'eau potable, et 2,4 milliards de personnes n'ont pas de systèmes d'épuration. Selon des études prospectives, en 2025, près de 5 milliards de personnes n'accèderont pas à des quantités suffisantes en eau4. Chaque année, 12 millions de personnes meurent à cause de la pénurie en eau, dont 3 millions d'enfants par maladies liées à une eau contaminée5.

Après la mode des eaux gazeuses, la consommation d'eau embouteillée, soutenue par une publicité importante, a beaucoup augmenté, d'abord en Europe, puis aux États-Unis où les ventes ont triplé en 10 ans, avec une augmentation de 9,7 % en 2006 (1/3 des nord-américains en boivent régulièrement, alimentant un marché de près de 11 milliards de dollars, rien que pour ce pays6).

En 2004, la consommation mondiale d'eau en bouteille en plastique représentait 154 milliards de litres. Cette consommation a augmenté de 57 % en 5 ans7. En 2008, les 200 milliards de litres ont été atteint, le chiffre d'affaires de l'eau en bouteille représente environ 100 milliards de dollars.

Ainsi, l'eau, cette première ressource naturelle et renouvelable de la Terre, si abondante et si nécessaire aux hommes et à la vie, est devenue une denrée précieuse, rare et donc une marchandise ordinaire et ''capitalisable'' avec ses lots d'investisseurs, de rentiers et son marketing et arsenaux publicitaires auxquels les citoyens doivent consentir désormais une petite, certes, mais une régulière et obligatoire, part de leur budget quotidien! Activité respectable et louable ou racket sournois ? Ira-t-on, un jour, jusqu'à rendre plus rare encore cette ressource indispensable pour booster davantage la demande et protéger ainsi ce nouveau et juteux marché et, par la même, les dividendes de ses multiples investisseurs… Une question qui reste, raisonnablement, plausible et qui nécessite d'être âprement méditée en appréhension de futurs pas si lointains.

Chez les habitants du Sahara, dans ce pays où il ne pleut presque pas, comme aurait pu dire le Poète, l'eau est une ressource plus précieuse que l'or ou les perles. Et à ce titre, elle reste considérée comme un bien inaliénable, donc non ''thésaurisable'' ou commercialisable. Elle est gérée collectivement et distribuée à la communauté par, entre autres, le système des Foggaras de la manière la plus transparente, la plus équitable, sans aucune contrepartie financière… Car, peut-on, réellement et aisément, fixer un prix à l'eau ? La rareté ou le manque, de ce produit, si vital, ne peut dispenser de l'éthique acquise par des vocations et dispositions parfois millénaires en termes de savoirs traditionnels et de rapports de parfaite adéquation des besoins objectifs de l'homme à la disponibilité des ressources renouvelables de la biosphère. A suivre

*Professeur habilité en direction de recherches, Faculté des Sciences, Université d'Oran