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Du printemps arabe à l'hiver occcidental… !

par B. Khelfaoui

« Ne doutez jamais du fait qu'un petit nombre de gens réfléchis et engagés peuvent changer le monde. En réalité, c'est toujours ce qui s'est passé »(1)

Si à travers le sablier des temps l'Arabe fut diabolisé, par son très récent printemps, il en demeure symbolisé ! Du haut de leur perchoir, les seigneurs de l'OTAN ont tenté de nous émouvoir mais pas pour longtemps…Ils multiplièrent, poudrière aérienne en bandoulière, les prêches du pseudo-ghetto libyen et du «sage» veto anti-palestinien ? Convaincus de leur suprématie médiatique, ils nous arnaquèrent par une démocratie «sympathique». Avec une dubitative Jazeera en bon élève, ils reprirent la reconquête des «esclaves».

Nos situations postcoloniales malheureuses et les rapports gouvernants/gouvernés tumultueuses, servirent sur plat à la mafia politico-financière qui vantait une OMC comme appât, les rênes de nos destinées -n'en déplaise à nos obstinés !- ! Anesthésiés, sclérosés, métamorphosés, nous devenions aveugles quand il s'agit d'un «explicite» veto occidental contre la volonté de vivre d'un état palestinien, et nous criâmes au loup lorsqu'il s'agit d'un «implicite» mémento des vandales qui décidèrent de libérer le peuple libyen de son pétrole et geler pour ne plus dégeler ses dollars…

Nos rues, prises de panique, assistèrent à la naissance d'un slogan emblématique, qui éclot de l'œuf de nos misères. On parla, ici et là, sans crier le holà, de démocratie politique «le peuple veut la chute du régime… !». Personne ne se doutait, que derrière ces régimes qui devaient chuter, les seigneurs du veto, en se frottant les mains, se chuchotaient qu'il leur était indifférent que « la plèbe » fusse au ghetto, la seule préoccupation qui les hantait fut ce pétrole qui allait les enchanter…

Arrêt sur image! Ne fallait-il pas plutôt, en consommateurs dociles et sages, évoquer la démocratie économique, voire la gestion et répartition des richesses, dans un monde qui a dépassé la démocratie politique, pour se pencher sur sa bourse en maladresse ? Le déclic qu'a déclenché insoucieusement Bouazizi à partir de Sidi Bouzid, n'a pas tardé, par son effet domino, à atteindre la place d'EL SOL et le Wall Streets de Billy le Kid ! Les peuples des quatre coins du globe manifestèrent en ce 15 octobre contre une économie en lobes…

Et puisque, comme l'expliqua Jean MONNET(2) «les hommes n'acceptent le changement que dans la nécessité et ils ne voient la nécessité que dans la crise», dans presqu'au moins mille et une villes du Pacifique à l'Atlantique, des centaines de milliers du peuple démocratique sortirent pour condamner une politique à la merci des banques spéculatives et d'une économie néolibérale vampirique. La dernière pseudo-crise économique de 2008 causée par des banques insatiables et avides de sang des petites bourses, avait démontré, au commun des petits épargnants, que les gouvernants politiques, soucieux de préserver leurs images voire leurs privilèges auprès de leurs «employeurs» prêts au carnage, ils n'hésitèrent pas un instant de recourir à leurs «électeurs» pour sauver et repêcher des banques voraces englouties sous le poids de leurs faramineuses spéculations caractérisées par cette douteuse ampleur. Peu s'en fallait et le monde aurait succombé dans le malheur !

En effet, depuis l'ère de Reagan et son alliée la femme de fer, qui imposèrent une économie libérale importée de l'enfer, sensée libérer - disaient-ils, dans la foulée, à des émirs pétrolés - l'initiative individuelle d'une «inutile» intervention politique à même de contrôler le pouvoir de l'argent sur les décisions politiques voire sur le sort de toute l'humanité, la mafia politico-financière de l'industrie militaire n'a cessé de décider des chirurgicales guerres contre des pays souverains. Ils anéantirent même des «peuples voulant changer leurs régimes», par une démocratie politique à la Guantanamo et Abou Ghrib, tant pour augmenter leur productivité meurtrière que pour reconstruire, par des marchés bon marché, des décisions à l'arrachée et des gorges tranchées, des civilisations réduites en ruines comme le Tigre et l'Euphrate qui connurent après les Tartares la démocratie des Marines ! Heureusement que la Sandale fut projetée sur leurs narines…

En jetant un petit coup d'œil, à partir de nos fenêtres entrouvertes, on s'aperçoit que de Francfort à Nice - qui abrite le sommet des 20 , de Madrid à New York et de l'Australie au Japon, le mot d'ordre était le même en ce 15 octobre décidé par la toile virtuelle de Facebook et Tweeter. Le choix des gouvernants, ce vieux jeu d'une démocratie qui peine à dissimuler l'argent sale des Betancourt et autres sources de finances pourries qui demeurent la clé miraculeuse dans l'intronisation comme « guide de la démocratie» (3), n'est plus à l'ordre du jour ! Désormais, il est question d'une démocratie économique où les petites bourses auraient la garantie d'un emploi voire celle d'un toit où s'abriter et de quoi subvenir à leurs besoins les plus élémentaires qu'ils soient… !

L'occident qui s'est toujours enorgueilli en voulant défendre les minorités dans les démocraties politiques clé en mains qu'il vendait - et continue à les vanter - ne devrait-il pas, comme premiers pas, commencer par écouter ses petites bourses qui sont engouffrées, sans état d'âme et sans aucune pitié - quoiqu'elle fût importée d'un quelconque «Vas-tu! Quand?» en mal de crédibilité à la pédophilie - par des systèmes économiques affamés et inassouvis.

Va-t-il, cette fois-ci, ce grand sage des orages, faire appel à l'OTAN pour défendre ses seigneurs voire ses « employeurs » et faire barrage, ou chemin faisant leur ratissage, contre ces « Baltagia », qui faussent le décor d'une démocratie florissante et fleurissante… !? Où allons-nous assister à un hiver occidental qui, pour les besoins de la démolition du 2° mur de Berlin(4), adopterait une stratégie ayant pour slogan « LES PEUPLES, VEULENT, LA CHUTE DE LA CATASTROIKA… !»…

«La plus grande difficulté n'est pas de persuader des gens d'accepter de nouvelles idées, mais de les persuader d'abandonner les anciennes»(5)…

Wait and see, Amen !

Notes:

1- Margaret MEAD, Anthropologue américaine «1901-1978»

2- Economiste français «1988-1979»

3- Comme d'autres ont leur «guide de la foi», «guide de la révolution», l'occident a ses «guides de la démocratie»

4- Le 1° mur de Berlin concernait la démocratie politique,

le second doit laisser apparaitre la démocratie économique… ?

5- John Mayard KEYNES, économiste et financier britannique«1883-1946»