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La musique andalouse, pont culturel entre TlEmcen Et Grenade

par Ahmed Abi-Ayad *

Les traditionnelles relations entre l'Espagne et le Monde arabe se développent de manière féconde et utile, au point de nous rappeler parfois la période de l'Espagne musulmane.En effet, des mairies espagnoles se sont jumelées avec celles du Monde arabe pour renforcer les liens historiques et renouer avec les relations séculaires entre leurs peuples.

Ce rapprochement consolide la tradi tionnelle amitié sous de nouvelles perspectives et pour une meilleure compréhension, qui entretiendra et facilitera sans aucun doute une large coopération dans maints domaines. Dans cette perspective, les échanges culturels et sociaux constituent l'essentiel de cette nouvelle relation, qui, d'une part, élimine les préjugés et clichés qui sévissent encore dans les esprits, et, d'autre part, facilite le dialogue, multiplie les contacts et les reconnaissances. Ce jumelage entre villes arabes et espagnoles est nécessaire, voire indispensable aujourd'hui pour établir et asseoir de solides et durables liens de coopération et d'entente.

Le jumelage de la ville de Tlemcen, en Algérie, avec la ville andalouse de Grenade, en Espagne, reflète l'aspiration de nombreux responsables locaux et autorités nationales, qui voient dans ce rapprochement non seulement des retrouvailles d'un passé lointain, parsemé de rapports historiques et culturels, mais aussi, à n'en point douter, de grandes affinités sociogéographiques. Cette ressemblance entre Tlemcen et Grenade saute aux yeux et représente pour tous ceux qui les ont visitées et connues jadis et aujourd'hui une action louable, significative et digne d'intérêt.

Ainsi, la beauté et la magnificence de Grenade sont projetées sur Tlemcen, et notre visite et notre présence aujourd'hui dans cette prestigieuse ville signifie aussi le retour au berceau de notre civilisation, retour qui se traduira par une semaine culturelle, en vue de vous donner un avant-goût et une authentique illustration des incontestables attaches et affinités historiques, sociales et culturelles qui relient Tlemcen et Grenade.

Si mon collègue, le professeur Hadjiat, vous a parlé des relations historiques et culturelles entre Tlemcen et Al-Andalous, c'est pour mieux souligner et mettre en exergue les traditionnels et permanents contacts et échanges qui existaient à cette époque-là et notamment avec Grenade.

Pour cela, mon intervention portera sur la musique andalouse de Tlemcen et ses rapports avec Al-Andalous en général et Grenade en particulier, et même si je ne suis pas spécialiste dans la matière, je vous parlerai de cette musique que nous chérissons et aimons énormément, aussi bien les jeunes que les vieux, puisqu'elle représente une partie de notre histoire, de notre identité et de notre patrimoine culturel.

A Tlemcen, dénommée ville d'Art et d'Histoire, il existe un profond et traditionnel attachement à la musique andalouse. I1 y a plus de dix associations ou groupes musicaux reliés étroitement à cette musique, à tel point que leurs dénominations revêtent une connotation réelle et très significative avec l'Andalousie, Grenade, telles que l'association "Ghernata de Tlemcen", "Nacim Al-Andalous", "Riad Al-Andalous", "El-Cortobeya, etc. La création périodique du Festival national de musique andalouse à Tlemcen, depuis déjà plus d'un quart de siècle, dénote, on ne peut mieux, cet intérêt culturel et artistique des citoyens pour cet héritage andalou. Au Festival de l'an dernier, se sont présentées plus de 27 associations, ce qui prouve clairement l'attachement et l'amour chaque fois plus grands des citoyens pour cette musique classique andalouse, dont l'origine lointaine nous vient de l'Espagne musulmane.

Evidemment, il est nécessaire de rappeler ici que la grande révolution de la musique arabe se produisit en Espagne durant le Califat de Cordoue, avec les théoriciens comme Alfarabi et musiciens tels que Ziryab, auteur, compositeur et probablement le plus célèbre de toute la musique arabe. (1) Le nom de Ziryab apparaît de manière unanime, nous affirmait l'écrivain Felix Grande, tandis que l'érudit et grand arabisant Emilio Garcia Gomez signalait qu'avec ce musicien du Xe siècle, "arrivèrent en bande les chansons orientales aux lointaines origines gréco-persanes, qui ont été la matrice mélodique de notre musique nationale". Dozy, dans son Histoire des Musulmans en Espagne, relate comment Abderrahman II "se complaisait à l'écouter (Ziryab) parler d'histoire, de poésie, de sciences et d'arts, parce que ce musicien extraordinaire possédait de riches connaissances, qui en plus était un excellent poète et connaissait par cœur la lettre de dix milles chansons".

De son côté, le poète et écrivain espagnol Fernando Quinones confirme cet avis et montre clairement le grand apport de ce musicien arabe à Al-Andalus, en écrivant: "Avec les répétitions et ornements des musiques primitives orientales introduites dix siècles avant en Espagne, dans la cour califale de Abderrahman, par le grand chanteur et compositeur irakien Ziryab, "l'oiseau noir", une grande personnalité culturelle et artistique de l'Espagne islamique, et non seulement par son labeur dans le domaine de la poésie et de la musique" (2).

L'enseignement de Ziryab émerveilla ses disciples par son érudisme, sa culture et son originalité. Il développa quelques grandes compositions dénommées "Noubates", qui se sont converties dans ce qu'il y a de plus classique de la musique arabe.

Vous aurez l'occasion d'écouter, durant cet heureux événement, quelques "noubates" exécutées par le fameux orchestre de la musique andalouse de Tlemcen.

On remarque donc que cet extraordinaire musicien arabe, "l'oiseau noir", demeure toujours actuel et très à la mode de nos jours, et aussi bien les Espagnols que les Arabes l'admirent et le considèrent comme le véritable et unique maître de la musique andalouse. Dans son livre « Memoria del Flamenco », Felix Grande pense que Ziryab "fut l'artiste le plus original et le plus instruit que connurent ces époques-là, dont la venue d'Orient fit sensation en Espagne, et pouvant être considéré comme le fondateur de l'école nationale par ses chansons et son enseignement » (3).       

De l'autre coté de la Méditerranée, un citoyen de Tlemcen, Ahmed Triqui, se réfère à Ziryab dans son article "Musique traditionnelle et initiation à la musique » en disant : "Quand il s'agit de musique traditionnelle, c'est une coutume de remonter jusqu'à l'homme qui, à Cordoue, conçut cet édifice fantastique qui devait être la musique andalouse avant le Xe siècle.

Après ce personnage exceptionnel et ses disciples, la musique cordouane irradia, étendit sa seigneurie à toute l'Andalousie, le Maghreb et une partie d'Orient, s'adaptant et se modifiant à son tour au contact des genres locaux ». En effet, depuis la chute de Cordoue, 1'art de la nouba, qui a connu un succès considérable chez les roitelets de l'Espagne méridionale, est passé à Grenade. C'est précisément dans cette capitale des Nasrides que cette musique andalouse connaîtra sa plus haute perfection dans la forme. Plus tard, après la chute de Grenade en 1492, la musique andalouse se propagea sur tout le Maghreb et devient l'expression musicale la plus connue et admirée.

Cette musique d'origine courtisane, autrement dit élitiste, pénètre à Tlemcen sous la dynastie des Beni Hammad et les Almohades, malgré l'hostilité de Ibn Toumert à la musique. Entre le XIIIe et le XVIe siècle, sous le Royaume des Bani Zian, Tlemcen est capitale et centre de grande culture.

Le grand historien et sociologue Ibn Khaldoun l'a décrite ainsi : "Tlemcen, au contraire, a toujours vu sa splendeur augmenter, ses quartiers s'étendre, ses maisons solidement construites en briques et en tuiles s'élever et s'agrandir. Les enfants de Yaghmoracen Beni Zian y bâtirent de beaux palais et des caravansérails pour les voyageurs. Ils y plantèrent des jardins et des parcs où des ruisseaux habilement répartis entretenaient la fraîcheur" (4).

A cette époque, la prospère ville de Tlemcen recevait 50.000 musulmans expulsés d'Espagne qui fomenteront le lieu privilégié de cette capitale marchande. Cet exil massif des Andalous s'étend à d'autres villes comme Mostaganem, Blida, Médéa, Cherchell, Miliana, etc. D'ailleurs, Cervantès lui même, dans ses œuvres de Captivité (5) léguées à Alger, fait allusion à ces localités et aux Morisques expulsés, se lamentant implicitement sur la dramatique situation sociale et économique qu'avait vécue l'Espagne après leur expulsion.

Finalement, cette musique originaire d'Al-Andalous sera appréciée et aimée par les citoyens de Tlemcen, qui ont su la conserver et la préserver, beaucoup plus qu'ailleurs, de toutes les influences locales pour la transmettre ensuite de génération à génération, grâce à une tradition orale, propre aux musulmans, qui ont toujours appris le Coran par cœur.

Cette vertu de mémoriser les chansons andalouses et de les perpétuer de manière presque parfaite pousse Tomas Marco à la réflexion suivante : "La musique arabe est de tradition orale, sans fixation dans la partition». L'origine cordouane de cette musique n'est plus qu'.un souvenir de l'époque de Grenade, car Tunis, Fès et Tlemcen ont pris la relève.

Depuis la chute de Cordoue, l'art hispano-musulman a prospéré conjointement dans ces villes avec l'expulsion des musulmans de leur pays d'origine : l'Espagne. Entre Grenade, Fès et Tlemcen, un courant permanent s'était créé, tantôt de difficultés et de conflits, tantôt de périodes sereines et pacifiques. Mais ce qui est certain, c'est qu'il s'était établi une parenté culturelle entre les trois capitales, et les échanges se réalisaient rapidement. Architectes, artisans, poètes, musiciens, savants, intellectuels se déplacèrent constamment d'une ville à l'autre, transmettant ainsi leurs idées, techniques, savoir et répertoires musicaux. Si les textes poétiques de support n'ont souffert que de légères altérations, la mélodie, quant à elle, transmise oralement sans l'aide de la transcription, s'est montrée plus flexible et perméable aux influences de la zone où elle avait évolué. Sans perdre les caractéristiques essentielles, elle devenait progressivement orientale en Orient, tunisienne à Tunis, marocaine au Maroc, algérienne en Algérie, nous disait Ahmed Triqui.

Le dernier Festival de la musique andalouse, qui a eu lieu à Tlemcen, avait réuni 27 formations musicales et chaque soirée musicale s'exécutait devant 5 mille spectateurs passionnés par cette musique traditionnelle. L'envoyé spécial de Révolution Africaine intitulait son article "La nouba immortelle", ce qui démontre clairement cet attachement de l'Ecole de Tlemcen aux sources musicales les plus originales, traditionnelles et conservatrices.

A ce propos, le Dr Mustapha Yadi, animateur et membre de l'association musicale "Ashab El-Cheikh El-Larbi Ben Sari", affirmait : "Tlemcen est une Ecole rigide qui cherche principalement la perfection dans l'exécution des noubates et sa conservation. Notre ville a un héritage cordouan. Elle a toujours eu des puristes fidèles à cette musique traditionnelle. C'est l'Ecole la plus conservatrice du pays". En réalité, Tlemcen est devenue un pô1e d'attraction où l'on vient recueillir des connaissances, échanger les expériences et innover dans la recherche et le savoir. Ainsi, l'influence de notre Ecole est notable sur le plan de l'exécution, selon l'opinion générale des critiques et musicologues.

Quant aux textes poétiques de cette musique traditionnelle, le Dr M. Yadi ajoute: "Si nous voulons préserver ce riche patrimoine culturel légué par le génie de Ziryab, il est hors de question, alors, de toucher ou d'altérer les textes poétiques, quel que soit leur contenu, car un grand nombre de chansons andalouses sont exclusivement consacrées au plaisir, au bon vin, à l'amour, etc.". Dans la conclusion, apparaît sa grande préoccupation qui se traduit par cette mise en garde : "C'est une très grave erreur sur le plan culturel de réajuster tout message qui porte l'hymne de son poète."

La prestigieuse Ecole de Tlemcen, considérée comme la plus pure et conservatrice quant à sa conception de la musique andalouse, fut marquée et dominée durant presque un siècle par la stature du virtuose et maître El-Hadj El-Larbi Ben Sari, dont la personnalité et le répertoire musical sont restés comme un veritable symbole de la musique andalouse tlemcénienne.

Traiter de la musique andalouse à Tlemcen, sans faire allusion au renom d'El-Hadj Larbi Ben Sari relèverait d'un manque de maîtrise insensé. Dans tous les festivals de musique andalouse organisés en Algérie, les groupes musicaux de Tlemcen sont en général primés et se distinguent avec éclat et admiration. I1 suffit de rappeler que lors de ce dernier festival, l'Ecole de Tlemcen et celle d'Alger ont dominé totalement par leur haute qualité d'interprétation. L'association tlemcénienne de Ghernata se démarque honorablement pour conquérir un public de mélomanes très avisés en musique andalouse.

L'importance et le succès de ce Festival apparaissent dans la commentaire de cet article de presse : "L'antique capitale des Zianides, Tlemcen, a vécu 12 jours durant la grande fête de musique andalouse. La "Perle du Maghreb", qui s'est dressée une place forte pour la sauvegarde et la valorisation du riche héritage culturel et artistique de cette musique, a démontré de nouveau la grande passion du public pour cette expression musicale andalouse". (6)

D'autres commentaires de spécialistes confirment cet impact et le triomphe très révélateurs. Le premier s'exprime en ces termes: "Nous sommes convaincus, une fois de plus, que ces rencontres servent uniquement pour la sauvegarde et le développement du patrimoine culturel. Nos félicitations pour le succès de cet inoubliable Festival et sa parfaite organisation" (7).

Le deuxième affirme que "le Festival de Tlemcen est sans aucun doute une des manifestations culturelles les plus importantes organisées à travers le territoire national. L'ambiance et le site de cette prestigieuse ville, avec ses vestiges et monuments, ont pu remémorer le passé glorieux et mystérieux que vécurent les Arabes". (8)

Comme on peut le remarquer, le Festival de musique andalouse de Tlemcen constitue un lieu privilégié pour le développement d'une des valeurs les plus authentiques de notre patrimoine arabo-musulman.

Cet événement culturel périodique cherche principalement l'enrichissement et la préservation de notre héritage artistique et établit par là même un pont historique direct avec El-Andalous et sa splendeur. Au sujet du développement et de la stimulation de cette tradition artistique de la musique andalouse, les organisateurs et vieux musiciens de Tlemcen manifestent une certaine inquiétude, assez révélatrice d'ailleurs de l'immense passion et l'amour qu'ils portent à ce capital et ce trésor culturels.

Voici leurs propos: "Ce qui est considéré comme l'aspect le plus beau et original de notre culture et de notre civilisation, ne doit pas être maintenant relégué au dernier rang de nos préoccupations». Mais quelle que soit la situation, il existe toujours des hommes et des musiciens comme El-Hadj Larbi Ben Sari et d'autres passionnés pour veiller jalousement sur ces "noubates immortelles", comme on veille sur un être cher.

Ce qui est fondamental, c'est de ne pas perdre de vue le répertoire musical de l'inoubliable Andalousie, jusqu'à la dernière note, jusqu'au dernier son, jusqu'au dernier soupir. A Tlemcen, cette relève musicale, dont la tradition est orale, a toujours continué et les "voix" de Tlemcen apparaissent même au Maroc à travers Redouane, fils d'El-Hadj Larbi Ben Sari, dont la splendide voix et la mémoire sont dotées d'un répertoire de plus de mille morceaux, et évidemment la «voix d'or» de Abdelkrim Dali, dont l'influence artistique s'exerça sur une bonne partie de l'Ecole d'Alger. Lors de ce dernier Festival, beaucoup de mélomanes et de critiques, émerveillés par la fameuse "nouba Mezmoun", sont unanimes à dire qu'actuellement, la "meilleure voix" au niveau de Tlemcen est celle du jeune Fewzi Kalfat.

Par cette intervention, je pense avoir contribué à vous faire connaître ce que représente pour nous la musique andalouse, musique importée de chez vous, avec ses profonds liens artistiques et culturels d'El-Andalous en général et de Grenade en particulier.

La musique andalouse notamment et beaucoup d'autres éléments socioculturels constituent ce Pont qui nous unit plus qu'il nous sépare, et toutes les affinités culturelles, artistiques et relations historiques et humaines entre Grenade et Tlemcen confirment et favorisent d'une manière incontestable ce jumelage, dont l'objectif fondamental consiste à réduire l'éloignement mental et culturel qui existent entre les deux peuples et qui est encore plus grand chez les Espagnols, phénomène assez regrettable d'ailleurs, étant donné les circonstances historiques qui les unissent au Monde arabe, et qu'en réalité, l'Espagne, plus que les autres pays, doit être le bastion et le meilleur représentant et interprète de la Civilisation et de la Culture arabes.

Ceci me fait penser à cette fameuse citation du grand écrivain espagnol Juan Goytisolo (9) qui disait:

"Je lutte déjà depuis plusieurs années pour faire connaître la Culture arabe, parce qu'il me semble impardonnable l'oubli dans lequel elle est soumise en Espagne. On ne peut parler de la Culture espagnole par exemple et ignorer qu'un de ses principaux ingrédients est l'Arabe. Il me paraît honteux la méconnaissance qui existe dans notre pays sur la Culture arabe".

Pour ma part, je continue à croire que la musique adoucit les mœurs et rétablit le Pont de la connaissance mutuelle, des échanges, de la compréhension et de l'amitié ; et par conséquent, cet "Andalucisme" est l'expression de notre identité, d'un legs commun et d'un patrimoine culturel richissime qu'il faudra exploiter conjointement.

Pour terminer, je recours à cette phrase du fameux musicologue Tomas Marco, au sujet de la musique andalouse : "Le Monde arabe peut trouver en elle une partie de son identité culturelle et offrir aux autres Civilisations un trésor artistique très estimable, dont la connaissance et l'estimation sont très bénéfiques. Et pour un futur échange d'idées entre les Civilisations de la terre, il faudra compter avec cette longue et riche tradition ".

NOTES

1. Tomas Marco, "El sonido islamico" in Calamo, n01, Madrid, pag. 44. Il est directeur et gérant des Orchestres et Chorales nationaux.

2. Fernando Quiftones, "Perfiles árabes del Flamenco" in Calamo n°2, pag. 13

3. Felix Grande, Memorias del Flamenco, Selec. Austral, Ed. Espasa Calpe, Madrid, 1979.

4. Georges Marçais, "Tlemcen ville d'art et d'histoire" in Tlemcen d'hier et d'aujourd'hui, Tlemcen, 1952, pag. 21.

5. Miguel de Cervantès, écrivain espagnol des XVIe–XVIIe siècle. Captif à Alger durant 5 ans.

A son hommage était érigé à Alger le buste de Cervantès en 1887, dans la grotte où il s'était refugié lors de sa deuxième tentative d'évasion en 1577. En souvenir de sa captivité à Alger, Cervantès nous a légué des Comédies dramatiques sur Alger :

Les Bagnes d'Alger - Le Traitement d'Alger – Le Vaillant Espagnol (Comédie qui rappelle l'arrivée de Hassan Pacha en 1563 pour libérer la Place d'Oran occupée par les Espagnols depuis 1509).

6. Voir Révolution Africaine n° 1272, 1988.

7. Il s'agit d'un membre de 1'Orchestre de Ghernata d'El- Kolea.

8. Il s'agit d'un membre de 1'Orchestre de Itihad el Fenni de Skikda.

9. Juan Goytisolo dirige une maison d'édition "El Kibla" à Madrid, pour la promotion de la culture arabe et la traduction des œuvres arabes. J.Goytisolo était dernièrement à Oran (1989) et à Ghardaïa pour tourner un documentaire sur la musique raï et sur la culture du Mzab, dans le cadre d'une série d'émissions sur la Culture et la Civilisation du Monde arabe. J. Goytisolo a contribué également à la cause de l'indépendance algérienne. Il transportait des valises d'argent à partir de Paris pour les remettre au FLN.

* Universitaire et chercheur au CRASC