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Bourde ou provocation ?

par Mohamed Arabdiou

Suite a la publication dans votre journal, de la lettre de S.A. Ghozali envoyée à quelques autorités américaines, j'avais cru à un canular de mauvais goût. La lettre de soutien émanant d'un ancien flic français se prétendant ‘ami' de l'Algérie me révolta et ce n'est qu'après la réponse cinglante de K. Selim, que je félicite au passage, que je fus soulagé.

 Comme le laissait entendre votre talentueux commentateur, votre journal n'avait pas besoin d'intermédiaires fussent-ils des ‘amis' pour ouvrir ses colonnes à un ancien ministre de notre pays que fut M. Ghozali. Cette affirmation se confirma par les deux pages permettant à cet ex-jeune ingénieur, hissé jadis aux hautes responsabilités politiques par le vieux militant qu'est Belaïd Abdeslam, aujourd'hui plongé dans l'anonymat par l'embryon d'un lobbysme malfaisant qui se dessine chez nous.

‘Le Quotidien' nous révéla ce qu'est devenu l'ancien patron de Sonatrach après une éclipse qui, apparemment, aurait mieux valu qu'elle s'éternise.

Notre pays est loin d'être bien gouverné, de là à ce qu'un ancien membre de la nomenklatura, disparu depuis les deux décennies noires, débarque subitement pour jouer au Zorro justicier, usant du terme ‘harkis', c'est dur à avaler. Mais il y a plus grave, lorsqu'il s'en prend à l'Iran et à Ahmadinejad au moment même où ce pays est menacé d'agression par le pire ennemi des Arabes en général et de la Palestine en particulier.

Alors que l'Egypte de Moubarak comme la Jordanie et plus discrètement l'Arabie dite ‘Saoudite' brillent pour leur tiédeur (pour ne pas dire plus), l'Iran, malgré le blocus et la menace d'agression dont il fait l'objet, apporte un soutien moral et matériel sans faille aux résistants palestiniens et libanais, face à l'arrogance d'Israël et sa colonie US.

Malgré quelques immixtions passagères des Iraniens et des Soudanais dans nos affaires au profit du FIS durant les années 80, nous demeurons solidaires avec ces pays frères, aujourd'hui ciblés par un ennemi commun.(1)

M. Ghozali, malgré vos accointances évidentes avec des milieux yankees des plus influents, nous ne nous permettrons pas de vous traiter de harki des Etats-Unis, mais vos propos décevront, sans aucun doute, la majorité des Algériens qui jusque-là vous estimaient.

(1) A travers l'Iran, c'est tous les pays qui aspirent à maîtriser la recherche en matière nucléaire qui sont visés, y compris l'Algérie.