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Le souci d'Obama et Koursi Lefhama

par B. Khelfaoui

Le monde entier suit, émerveillé, la longue marche qu'effectue ingénieusement le locataire noir de la Maison-Blanche, et au cours de laquelle, il a jusqu'à présent, rallumé les torches américaines qui ont pour mission sacrée de mettre en valeur la cité d'Abraham Lincoln, en propageant ses rayons de superpuissance, à l'intérieur comme à l'extérieur de la couche d'ozone…

 Soucieux de sa cote de popularité, donc de l'avis et de l'opinion du citoyen en général et de son potentiel électeur en particulier, il a récemment invité, à un «thé-à-l'américaine» sur la pelouse du bureau ovale, un simple sergent de la police américaine souveraine James Crowley «le Blanc» et un chercheur américain Henry Louis Gates «le Noir», dont l'arrestation de ce dernier par le premier, avait fait couler beaucoup d'encre noire sur les pages blanches des journaux et a risqué d'exhumer le «I have dream» de Martin Luther King !

Voici donc un insignifiant incident, qui aurait pu, par l'effet de la boule de neige, déclencher plus qu'une polémique continentale, qui se trouve être considéré, analysé et géré majestueusement, avec une conscience et un esprit de responsabilité mettant l'intérêt fédéral supérieur la priorité des priorités. Ainsi, président et vice-président en dépit de leur délicate mission de gérer la terre et ses dictateurs, trouvent quand même, dans leur calendrier, le temps nécessaire voire adéquat et opportun pour partager des boissons fraiches avec deux de leurs compatriotes qui étaient piégés par un malentendu miné par des stéréotypes résiduels… ?!

 L'on est en droit de rêver que les tueries de Saba, l'interminable affrontement des Frères Musulmans avec le pharaon, les divisions fratricides de l'Euphrate, les films d'horreur du Darfour, la démocratie royale à Elayoune,… mériteraient un éventuel thé, même sans sucre et sans menthe, au sein de l'Alhambra des harems de nos zaïms ? Aussi, nos petits malentendus, ces «insignifiants» chahuts de gamins à répétition, qui dérangent - tels leurs petits pétards du Mawlid - notre quotidien serein, et indisposent nos statistiques périodiques locales et nationales, et qui peuvent nuire à un éventuel CV exigé, auraient pu être dilués dans des verres de thé, offerts, avec une oreille attentive, périodiquement aux doléances des citoyens et non fixée éternellement sur les résonances des doyens… !?

 L'écart géographique et cet infranchissable Atlantique semblent se dresser, tel un mauvais œil, face aux vents favorables qui peuvent mener à bon port nos voiliers en détresse, habitués aux SOS !

 La lumière de l'après-midi éclaire les bambous, les fontaines babillent délicieusement, le soupir des pins murmure dans notre bouilloire. Rêvons de l'éphémère et laissons-nous errer dans la belle folie des choses. Okakura Kakuzo