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Le poids des mots, le choc des vidéos d'Aljazeera à Internet

par Mohammed Beghdad *

«Bien informés, les hommes sont des citoyens; mal informés ils deviennent des sujets».
[Alfred Sauvy]

Depuis l'invasion de la bande de Ghaza par l'armée israélienne en cette journée du samedi 27 décembre 2008 et jusqu'à son retrait, les informations sur les évènements fusent de partout mais celles qui ont le plus retenues l'attention, émanent de canaux disposant d'un large réseau de correspondants sur le terrain et partout ailleurs dans le monde.

Sur ce registre, Aljazeera et Internet sortent largement du lot, à eux deux, ils ont bouleversé l'ordre établi depuis des lustres par les médiaux occidentaux gardiens du temple à savoir leurs télévisions, radios et presse écrite.

Qu'elle semble lointaine l�'époque où Peter Arnett, correspondant vedette de la chaîne CNN, annonçait dans la nuit du 17 Janvier 1991 au monde entier le début de la première guerre du golfe à partir de sa chambre d'hôtel d'Al-Rachid de la capitale Irakienne Baghdad avec en exclusivité mondiale la diffusion en direct d'images en vert fluo des premiers bombardements de l'aviation américaine. C'était une ère où CNN, pionnière en la matière, faisait et défaisait les lois selon son bon vouloir et de ses parrains.

Par la primauté de ces scoops, la télévision Américaine d'information avait transformé la guerre du Golfe en un véritable show médiatique, surtout avec le spectacle flagrant de ses correspondants à Tel-Aviv effectuant leur intervention avec des masques à gaz pour susciter la peur et tenir en émoi et en haleine le monde occidental qui soutient massivement le petit peuple d'israël menacé par des armes chimiques et de destructions massives de l'ogre irakien.

Tous les scénarios catastrophes et d'horreur des films hollywoodiens ont été subtilement utilisés alors par CNN devant des téléspectateurs de la planète entière complètement médusés et fascinés tout en retenant péniblement le souffle.

Tout le monde connaît la suite de la sensationnelle participation de CNN à la machination préfabriquée et le véritable bluff qui s�'en est suivi. CNN a converti la virtualité en réalité au service de la propagande de Bush père et de tous les faucons occidentaux de la guerre.

Depuis l'arrivée sur le marché médiatique d'Aljazeera et la formidable extension d'Internet, les choses ont depuis évolué en cassant superbement cette suprématie de CNN et consorts comme on va essayer de le voir ci-après juste par un petit aperçu de cette extraordinaire progression dans la façon de concevoir et de diffuser l'information sous d'autres angles autrement que ceux des yeux de CNN et de ses semblables.



La bataille d'Aljazeera



L'ascension d'Aljazeera, depuis son lancement un certain 1er Novembre 1996, n'est nullement le fruit du hasard mais c'est un travail de longue haleine animé par de véritables stratèges de l'information. Elle est devenue la star incontestable et incontestée dont les images crues diffusées en boucle et sans censure sur Ghaza, ont enragé la rue arabe et ont scandalisé l'opinion publique mondiale.

La chaîne d'information qatarie Aljazeera a focalisé et continue d'attirer l'attention des millions et des millions de téléspectateurs du monde entier. Pour ceux du monde arabe, elle constitue la première source d'information même pour des faits intérieurs propres à leurs pays où la touche labellisée d'Aljazeera, et il ne faut pas avoir peur des mots, est devenue indispensable. N'est-il pas visible que tous les états arabes souhaitaient que les images de leurs manifestations en soutien à Ghaza, passent sur la chaîne Eldjazeera pour échapper à la vindicte populaire ?

Aljazeera a changé la face de la communication surtout dans le monde arabe où chaque sujet traité est décortiqué de fond en comble. Tous les débats inimaginables et antinomiques sont abordés avec un professionnalisme sans faille de ses affirmés journalistes.

Que l'on ne veuille ou non, nous sommes en face d'une véritable institution qui a acquis sa notoriété en un temps record dans un espace impitoyable, jusque là, dominé par les super puissances de l'occident.

De plus, l'avènement d'Aljazeera dans un monde arabe hostile à tout changement rapide a dérogé aux règles régnantes. Toutes les chaînes de télévision arabes tentent en vain de rattraper le retard mais pour atteindre cette apologie, il faut une vraisemblable révolution de palais qui n'est pas prête de se réaliser.

Puisque la nature a horreur du vide alors la machine télévisuelle Aljazeera, arrosant toute la terre en général et le monde arabe en particulier, en profite allégrement. La belle part lui a été donnée lors de ce massacre de Ghaza surtout en l'absence des médias occidentaux, apparemment non autorisés par israël.

Il fallait être là où il le faut au moment où il le faut. Effectivement, Aljazeera avait occupé le terrain depuis longtemps à Ghaza avec ses nombreux correspondants permanents contrairement aux médias occidentaux. Ils ont vécu au jour le jour tous les malheurs du blocus inhumain sur les Ghazzaouis. Ils se sont préparés aux malheurs de Ghaza avec le déluge de feu qui l'a frappé durant les 22 jours, ébranlant au passage l'image d'israël jusque là présentée comme le rempart à l'axe du mal.

Une véritable aubaine et une occasion inespérée se sont présentées à Ghaza pour soigner l'image des Palestiniens et d'inverser les rôles. Elle l'a fait avec brio les preuves à l'appui en embourbant les sanguinaires sionistes israéliens jusqu'à leur cou. Israël n'a-t-elle pas mis en garde ses hauts gradés désireux de se rendre en Europe contre le risque d'être visés par des mandats d'arrêt internationaux ?

Son audience n'a cessé de s'envoler pendant ces hostilités israéliennes atteignant des chiffres impensables; à tire d'exemple, rien que sa version en langue anglaise a vu sextupler sa fréquentation durant ce génocide de Ghaza.

Jamais les médias occidentaux n'auraient osé exhiber ces images odieuses de ces centaines d'anges enfants défigurés qu'Aljazeera a diffusé en long et en large qui ont mis très mal à l'aise les occidents, soit disant, soucieux des droits de l'homme et des enfants.

Il n'est plus illicite de critiquer et de dénoncer israël, pour la première fois dans l'histoire, en France, en Angleterre et aux Etats Unis d'Amérique. Quel admirable renversement de situation qu'il faut dorénavant fructifier ! En effet; de nombreux intellectuels et beaucoup de juifs non sionistes (Alain Greish, Stephane Hessel, André Nouschi, ...), des politiciens de grandes envergures, des citoyens de la société civile ont pris leurs plumes et en proférant des slogans hostiles à israël pour laisser éclater leur colère et leur impuissance face au massacre de civils palestiniens par l'armée israélienne cajolée sous le nom de tsahal.

Par contre, de sionistes notables « Français », tels que bernard henry lévy, alexandre adler, andré glucksmann, pour ne citer que ceux-là, étaient dans leurs petits souliers. Pour quelqu'un de raisonnable intellectuellement, Ils n'avaient aucune chance de défendre l'indéfendable. Ils ont quand même poussé leur acharnement d'extrémistes jusqu'au bout en essayant sans retenue aucune de protéger les bourreaux israéliens ; ainsi, leur crédibilité face à leurs admirateurs est altérée de façon presque irréversible et c'est tant mieux pour l'avenir.

Nous ne pouvons pas imaginer une seconde l'absence au front d'Aljazeera. Si CNN était présente à sa place à Ghaza, elle aurait présenté cette attaque israélienne comme un fait mineur joué à huis clos sans témoins extérieurs à charge.

L'utilisation d'armes au phosphore et à l'uranium appauvri U238 testées sur un peuple civil désarmé, affamé et emprisonné a obscurci l'image d'israël que le monde occidental arborait à leur peuple comme étant la seule démocratie dans toute la région du proche orient et un paravent pour tout extrémisme.

Jamais la cause Palestinienne n'a sensibilisé autant de peuples que cette fois-ci même à l'intérieur du monde arabe.

Nos enfants et aussi les adultes, qui n'avaient que de vagues informations sur la Palestine, connaissent maintenant la bande de Ghaza sur ses moindres recoins.

Jabalya, Beit lahia, Beit hanoune, Khan younes, Rafah et bien sûr la martyre Ghaza avec ses quartiers hai ezzaitoune et hai toufah sont aujourd'hui des symboles universels de la résistance et de la lutte Palestinienne grâce aux leçons d'histoire et de géographie abondamment répandues par Aljazeera.

Tout le monde connaît maintenant la valeureuse famille Essamouni, celle qui a donné plus d'une trentaine de martyrs composés pour la plupart d'enfants et de femmes. Elle est rentrée par la grande porte de l'histoire alors que perres, olmert, barak et livni iront puer davantage dans ses poubelles à défaut de jugement devant le tribunal pénal international.

Aussi, il est impensable de croire que les défenseurs d'israél aient une moindre lamentation à la vue de ces enfants assassinés car ce sont eux les bras qui ont armé de manière effective et morale l'entité sioniste. Aucune dénonciation ni même de quelconques appels pour sauver la face de la part des pourvoyeurs à leur terrible enfant prodigue israël.

Pire, l'occident ne voulait pas montrer ou s'attarder sur ces atroces photos par peur de leur opinion intérieure et du lobby sioniste de leurs médias mais c'est tout à fait le contraire qu'ils ont récolté grâce à Aljazeera et à internet.



L'ascension d'Aljazeera



Au départ, personne n'avait parié un sou à ces arabes d'Aljazeera, installé dans un lointain minuscule pays dans le golfe persique. Ils ont joué les troubles fêtes durant la seconde guerre du Golfe et actuellement ils sont en train de damer le pion à CNN, Reuters, AFP, BBC, TF1 pour ne citer que ces lourds médias internationaux…. ce n'était même pas un rêve à exaucer, Aljazeera est passé du néant à un fantasme utopique à concrétiser. Quand on veut, on peut, semble l'adage et le leitmotiv qui ont animé de volonté ses fondateurs.

Elle est parvenue là où beaucoup de chaînes de télévision se sont cassées les dents, à savoir implanter dans chaque cœur arabe un défenseur de la cause Palestinienne. Elle a dévoilé au monde le vrai visage d'israël avec ses horreurs quotidiennes sur le peuple Palestinien. Nous pouvons le dire et avec fierté, nous avons, pour la première fois, rivalisé avec le monde occidental et pas dans n'importe quel domaine. C'est dire que tous les rêves sont alors permis. Nous n'avons pas les armes ultramodernes d'israël mais nous avons fait d'Aljazeera un véritable joyau d'arme destructive des opinions adverses anti-arabes.

Les israéliens ont voulu vendre aux médias occidentaux des images filmées par leurs avions sophistiqués d'une guerre chirurgicale propre mais Dieu merci grâce à Aljazeera, le monde a découvert un autre champ de cloche, la vérité rien que la vérité avec des mains israéliennes immaculés du sang de pauvres petits innocents Palestiniens.

Pour une fois, le rôle inaltérable de victime attribué à israël n'a pas bien fonctionné et un air d'éveil venant de l'occident commence à s'entrevoir. Beaucoup de lobbys sionistes commencent à être discrédités par les opinions publiques avides de vérité.

Pour prouver sa crédibilité et afin de montrer son professionnalisme, des responsables israéliens politiques et militaires étaient invités à s'exprimer sur ses antennes au moment même où l'intensité des bombardements sur Ghaza avait atteint son paroxysme et où tous les esprits arabes étaient enflammés par tout ce qui est juif sioniste à cause de ces centaines d'enfants massacrés. Ils ont eu droit à la parole par la chaîne qatarie comme tout le monde pour présenter leurs faibles arguments et les mettre à l'épreuve face à des journalistes qui n'hésitaient pas à leur poser les questions les plus professionnelles.

Ce qui a réjoui ses admirateurs et il fallait le faire, c'est aller interviewer à Caracas le ministre vénézuélien des affaires étrangères juste après que le leader Chavez eut décidé de renvoyer sans aucune hésitation l'ambassadeur israélien. Ceci démontre qu'Aljazeera fait bien les choses en exprimant sur le champ les sentiments des peuples arabes qui voyaient en Chavez un véritable héros dont le portrait et le drapeau flottaient au côté du drapeau palestinien dans les nombreuses manifestations de soutien et de sympathie à la Palestine à travers le monde arabe.



Aljazeera et les pays arabes



Partout où l'on soit, que ce soit en Algérie, dans le monde arabe ou dans le reste du monde, Aljazeera est présente partout avec ses plusieurs variantes.

Dans notre pays l'Algérie, là où se trouve un poste TV allumé dans un lieu public, il est inévitablement ouvert sur Aljazeera.

 Sincèrement et au-delà des divergences dans les pays arabes que suscite Aljazeera dans ses débats contradictoires et les polémiques provoquées, il faut reconnaître que cette chaîne a réincarné la manière d'informer et a joué un rôle central néfaste aux offenseurs de Ghaza. Ses responsables ont compris qu'il n'y a qu'avec la critique constructive qu'on peut avancer. Les chaînes locales de télévision arabes sont-elles condamnées soit à changer de style ou à disparaître devant le rouleau compresseur Aljazeera ?

Par ailleurs, Aljazeera dérange beaucoup les visées de USA et de l'europe au point où ses locaux, en Afghanistan et en Irak, ont été considérés comme une cible potentielle de la guerre et ont été ainsi bombardés par l'armée de l'oncle Sam.

D'après, le « Daily mirror» en date du 22 novembre 2005, george w. bush fils aurait voulu bombarder les locaux centraux de la chaîne à Doha, mais le premier ministre du Royaume-Uni de l'époque tony blair l'en aurait dissuadé.

En quelques années, Aljazeera est devenue un vrai empire médiatique avec une audience comprise, en temps normal, entre 35 millions et 40 millions de téléspectateurs quotidiens pour la chaîne en langue arabe durant l'année écoulée 2008.

N'a-t-elle pas recruté et transformé nos journalistes Algériens en de véritables étoiles mondialement connues ? À tel point que l'on ne les reconnaît point ! N'est-il pas croyable que notre Khadidja Bengana n'a rien à envier aux superstars de CNN, BBC, TF1 et j'en passe ? Elle est passée d'une inconnue du bataillon à une sensationnelle icône. Par le miracle de l'effort et de la féroce concurrence médiatique, Aljazeera a métamorphosé le toc en diamant ! Le reste du monde arabe a longtemps à méditer sur cette éblouissante réussite.

Aljazeera est présentement incontournable sur tout ce qui touche non seulement à la politique mais aussi à la culture, à l'histoire, etc… dans le monde arabe. Elle produit et fédère toute une opinion publique très importante au détriment des chaînes locales stagnées dans l'ancien dogme. Si ces dernières continuent à distiller l'information à l'ancienne, elles n'auront plus de téléspectateurs d'ici peu si ce n'est déjà fait pour certaines. Ah ! Si l'audimat existe, elles verront formellement leurs réels échos mais elles ne veulent aucunement regarder la vérité en face, elles continuent donc cette fuite en avant qu'ils les amènera, tôt ou tard, tout droit vers un suicide médiatique.

Une chaîne faiblement regardée ne peut pas être une source de rentabilité, elle est cour le risque de sa disparition, ce n'est qu'une question de temps à moins de salutaires réformes.

Afin de contrer Aljazeera, des chaînes en langue arabe ont été créées par les occidentaux pour être diffusées dans le monde arabe telles qu'El Hurria, France 24 et BBC Arabic mais leurs desseins ont été mis à nues durant ce massacre de Ghaza. Elles ont diffusé autres choses qu'Aljazeera et cela ne pouvait échapper à la vigilance de la rue arabe qui a vu l'indifférence de chaînes pour les sentiments arabes.

Pire encore, la chaîne BBC ne voulait même pas diffuser une affiche publicitaire humanitaire pour récolter des fonds aux habitants de la bande de Ghaza touchés en plein fouet.



Les blogs d'internet



De nos jours, on ne peut plus dissimuler l'information, elle circule vertigineusement grâce aussi au colossal outil qu'est Internet dont l'appétit de cesse de grandir jour après jour au niveau planétaire. Rappelons-le, Internet a été le moteur d'un large mouvement de mobilisation pour l'élection de Barack Hussein Obama à la charge suprême de président des USA.

Cette nouvelle technologie a faussé tous les calculs des lobbys sionistes qui inspectaient et surveillant la circulation de l'information à travers tout le monde occidental par les médias actuels que l'on peut qualifier de classiques devant Internet. Tout le monde le sait et ce n'est point un secret de polichinelle, la majorité des médias de la presse écrite, parlée et visuelle est contrôlée par les finances de juifs sionistes éparpillés à travers le monde dont il en fait une arme redoutable. Le contrôle des cerveaux est plus important pour asseoir la domination du monde qui se mondialise de plus en plus.

Les informations qui s'échangent sur le web n'ont rien à avoir avec celles des médias classiques. Sur la toile, une information est dépassée et devient vieillotte lorsqu'elle atteint déjà quelques trentaines de minutes. Dès qu'elle balancée sur le réseau, elle fait le tour du monde en un quart de tour à la vitesse de la lumière.

Les difficultés pour les sionistes ont commencé avec la popularisation d'Internet qui un véritable labyrinthe où pullulent 1000 milliards d'adresses URL répertoriées par le géant Google, qui génèrent chaque jour 2 milliards de recherches. En une fraction de seconde, une épingle peut être retrouvée dans une botte de foin.

YouTube, avec 70 millions de vidéos est une véritable encyclopédie vidéothèque toujours en croissance exponentielle. Un quelconque évènement se déroulant dans un point du globe, peut-être filmé par un simple téléphone portable et mis en ligne sur le web en quelques secondes.

En outre, chaque internaute peut créer son blog et diffuser de l'information à sa propre guise et il en existe actuellement plus de 133 millions de blogs depuis seulement 2002 d'après les tous derniers chiffres !

Au sein des forums de discussion, s'échangent des informations de toutes natures introuvables sur les médias traditionnels. C'est ce qu'on peut appeler de l'information souterraine, informelle aux yeux des médias classiques.

Justement, l'invasion génocidaire d'israël dans la bande de Ghaza a fait circuler sur le web des images encore plus dures et choquantes que celles d'Aljazeera. C'est ce que les internautes ont cherché, trouvé et fait circulé ces images qui ont fait le tour du monde avec des diaporamas insoutenables sur l'holocauste de Ghaza. De très nombreux blogs ont été créés à l'occasion dans la toile où ces photos sont partout légendaires.

Il existe sur Internet des sites où chaque internaute devient rédacteur et peut publier ses articles impubliables sur la presse écrite version papier. Il peut également écrire sur n'importe quel sujet qui lui tient à cœur et exprimer ainsi pleinement ses idées et ses engagements pour une telle ou telle cause.

Les médias traditionnels sont quelque peu dépassés par Internet, devenu avec une rapidité incommensurable, le moyen idéal pour choisir son information personnelle sans passer par les médias classiques où la censure, exercée par des lobbys sionistes, veille au grain sur tout ce qui va à contre-courant de leur sens.

Les articles et commentaires diffusés sur Internet sont presque en contradiction flagrante avec ceux de la majorité des télévisions officielles européennes à tendance sionistes. Elles sont en train d'enterrer leur crédibilité surtout concernant l'état d'israël qu'elles ont sacralisé par tous les interdits. C'est l'omerta, le dénoncer, c'est passible d'un lynchage public.

Comme le débit d'Internet est de plus en plus élevé, certains pays vont même annoncé leurs adieux aux télévisions traditionnelles avec d'autres plus libres et plus critiques où chaque internaute pourra intervenir. Aucune barrière ne le privera de donner son point de vue et en toute liberté.

Aldjazeera a compris l'enjeu en disposant aussi d'un site Internet qui est l'un les plus visités sur la planète, en tous les cas, il demeure le premier dans le monde arabe.

On a vu comment la parabole avait changé le visage de l'information, Internet le sera plus davantage. Pour étayer ces dires, AlJazeera avait été l'une des premières au monde à signer un accord avec YouTube pour diffuser ses reportages en ligne dans le monde entier. A l'occasion du conflit à Ghaza, la chaîne d'information est allée beaucoup plus loin en offrant des dizaines de reportages sous une licence libre qui autorise tous les internautes et tous les médias du monde à les diffuser ou à les re-monter librement, sans frais.

Comme le souligne fort bien, Lawrence Lessig, le fondateur de la fondation Creative Commons qui a acheté la licence des images d'Aljazeera : «AlJazeera enseigne une leçon importante sur la manière dont la liberté d'expression se construit et se soutient» .

Ce qui s'est passé sur Internet les jours de l'attaque israélienne, a créé une très grande affluence de l'information entre les internautes surtout arabes, musulmans et les tous amoureux de la paix et de la justice à travers le monde.

Par ce mouvement, Internet a déjoué tous les plans de la désinformation sioniste. N'est-ce pas concret que beaucoup de sites soutenant la cause palestinienne ont été la cible d'attaques foudroyantes des Hackers sionistes ?



La guerre numérique d'opinions



La guerre numérique est un affrontement d'idées sans merci, invisible, souterraine et qui fait beaucoup trop mal. Qu'en sera-t-il de l'information lorsque toute la population mondiale sera connectée à la toile ? Ce sera la mondialisation de l'information et là se pose toute la question du futur immédiat du système.

Attention, israël ne perd pas son temps. Une fois son agression achevée contre Ghaza, elle se lance immédiatement dans une autre guerre qui elle a perdue dans ce conflit, à savoir la guerre numérique d'opinions, qui a porté atteinte à sa sacrée image de marque pourtant construite depuis plus d'un siècle en occident. Pour la première fois, cette image vient de subir de grands dégâts.

À juste titre, israël vient de lancer le 18 janvier 2009, le jour même de son retrait de Ghaza, une opération d'envergure planétaire en créant une brigade numérique d'israéliens qui va se lancer à l'assaut du Net pour occuper et inonder en commentaires les sites anti-sionistes qui ont investi la toile. L'opération est tellement cruciale pour l'avenir d'israël qu'elle est conçue en collaboration avec le ministère des affaires étrangères de l'entité sioniste. Israël va donc recruter des Israéliens parlant couramment l'anglais, le français, l'espagnol ou l'allemand qui seront ensuite dirigés vers les sites qui posent de problèmes d'image à israël .

Si israël gagnera cette bataille, ce sera à cause de notre vigilance. Allons-nous rester à la traîne comme d'habitude et sans réactions comme les fois passés, les bras croisés et regarder faire les choses sans nous ?

On ne peut trouver d'excuses sur Internet, pour l'instant, il n'existe ni frontières, ni visas pour défendre Ghaza. On peut porter les meilleurs coups chirurgicaux à distance. Un missile se résume en de belles phrases bien argumentées où la confrontation des idées est plus que capitale.

Les moyens financiers existent chez les arabes. Les Maghrébins peuvent alors se concentrer sur les sites en langue française et quelque peu sur les sites espagnols, ceux du Moyen-Orient sur les sites en anglais, reste les sites allemands où les turcs peuvent s'en occuper superbement. N'oublions pas l'immigration arabo-musulmane, qui connaît fort bien la société occidentale ainsi que sa culture, ont à jouer un grand rôle dans cette nouvelle guerre d'opinions.

Si tous les pays arabes s'y mettent, on pourra gagner cette bataille haut la main puisque c'est une question de nombre de blogueurs et non pas d'armes de dernier cri. Un clavier avec un PC connecté à Internet et le tour sera joué.

Un commentaire d'un sioniste israélien noyé dans de milliers de commentaires amis n'a aucune chance de peser lourd sur les discussions entre blogueurs. A nous de jouer !

Surtout, ne pleurons pas lorsqu'il sera trop tard car israël ne nous perdra jamais de vue où elle nous mène, chaque jour, une guerre cruelle sans aucune concession pour sa survie. Parler d'un état palestinien est vu chez les sionistes comme un blasphème à leurs croyances bibliques contraire à leur projet du grand israël qui va du Nil à l'Euphrate. D'ailleurs, jusqu'à ce jour, aucune reconnaissance du futur état Palestinien par israël, au contraire les colonies en ci-jordanie n'ont jamais cessées, renforcées par des murs de la honte de séparation.

Incontestablement, Internet a permis de dévisager la propagande israélienne relayée par ses lobbys dans un monde obnubilé par ses thèses. Heureusement que les consciences en occident commencent à se réveiller du cauchemar de cet état raciste d'israël qui voit dans l'outil Internet un authentique danger pour ses stratégies futures.

A nous de contrecarrer leur slogan pour cette guerre de claviers : «Toujours en retard d'une guerre mais, mieux vaut tard que jamais !».




* Universitaire, Université de Mostaganem.