
Il
y a tellement d'impairs que de tout il faut une paire. Deux jambes pour marcher
au pas. Deux yeux pour jeter un coup d'oeil. Nos deux yeux, à nous autres,
louchent. Résultat, on a peiné pour construire la maison. Une fois finie, on a
habité à côté. Deux oreilles pour se les faire tirer. Deux poumons pour pouvoir
parler de pollution. Il faut être deux pour discuter. Il est vrai qu'il se
trouve des types qui parlent seuls. Ceux-là pensent que tous ceux qui les
entourent sont trop peu intelligents pour tenir une discussion. Il y a deux
sortes de globules dans le sang. S'il en manque une, c'est du mauvais sang. Bon
ou mauvais, il n'a pas arrêté de couler. Deux narines bla nif. Deux ventricules
pour un coeur et avec ça, ma dernèche el galb. Deux reins pour pouvoir en
vendre un, en cas de nécessité. Deux mains pour applaudir aujourd'hui comme
demain. Deux syndicats qui défendent les travailleurs des sociétés qu'on a
fermées. Deux associations de parents d'élèves-cobayes. Deux chambres. Celle
des sénateurs et l'autre des députés. Chut... Silence, on dort. Deux
associations pour défendre l'étudiant, futur diplômé-chômeur. Deux histoires.
Celle qui nous est racontée et celle qui divise le pays en deux. Celui «qui
d'or» et l'autre qui ne trouve pas le sommeil. Deux Algériens. Celui qui vit en
majuscules et l'autre avec deux fois rien. Avec tout cela, goulna maâlich. Mais
deux poids deux mesures, alors là
question: dans une société normale, une
société qui n'est pas par action, qui est plus utile ? qui doit être prioritaire,
un enseignant ou un député ? Si un député fait la grève, nuira-t-il lel bled ?
Quel impact aurait l'arrêt de travail d'un sénateur, par rapport à celui d'un
instituteur ? Vous avez déjà la réponse ? Alors, envoyez-la à qui de droit, à
qui de droite, à qui de gauche, à tous ces sénateurs et députés qui n'ont pas
encore reçu un seul citoyen dans leurs permanences
qui n'existent pas