Envoyer à un ami | Version à imprimer | Version en PDF

Pour un nouveau contrat social

par Arezki Derguini

La création de monnaie devrait viser à une réduction du pouvoir d'achat (consommation soutenable) en même temps qu'à une nouvelle structure de la production que devrait sous-tendre une nouvelle conception de la richesse au sens de capacités d'Amartya Sen, plutôt qu'au sens actuel mercantiliste[1]. La transformation de la structure de la production exige une élasticité de substitution des facteurs de production. Une substitution du travail au capital ne signifierait pas tout simplement un retour à un état technologique antérieur, mais devrait être le résultat d'une politique de l'innovation tirant profit des anciens et nouveaux savoir-faire ainsi que des nouvelles technologies de l'information et de la communication pour constituer une alternative à la polarisation des sociétés et du monde qu'impose la compétition économique mondiale actuelle que l'on peut qualifier de poursuite de la guerre par d'autres moyens. L'élasticité de substitution désirée suppose une certaine fluidité de la structure sociale qui ne va pas sans une certaine confiance de la société en elle-même et dans son devenir, dans sa capacité d'apprendre et de désapprendre. Telles sont les idées que je vais essayer de développer ici.

La crise, une opportunité

La nouvelle ordonnance sur le crédit et la monnaie qui va autoriser le gouvernement à faire du quantitative easing[2] va conduire à une certaine contraction et redistribution des pouvoirs de produire, d'acheter et de vendre. Une telle politique est envisagée pour une période de cinq ans. Si au bout de cette période la création monétaire n'est pas compensée par une création de richesses, une émergence de nouveaux pouvoirs de produire, d'acheter et de vendre, c'est à un creusement des inégalités, un appauvrissement à une extrême et un enrichissement à une autre de la structure sociale que l'on s'exposera.

Des économies avancées ayant subi des crises financières ont temporairement recouru à de telles politiques. Il s'en est suivi un semblant de reprise de la croissance. Mais nous ne sommes pas en présence d'une crise de liquidités temporaire que la politique monétaire serait en mesure de résorber. Une telle crise est sous-tendue par une autre économique, un ensemble de rigidités structurelles, objectives et subjectives. Il faut envisager la conjoncture actuelle comme une opportunité pour faire un retour sur nous-mêmes, nos états subjectifs, objectifs et institutionnels, nous défaire de nos diverses addictions (dépendances aliénantes) pour diversifier notre économie en nous dotant des institutions convenables.

Quand la demande précède l'offre et que l'on croit que la dernière peut commander à la première

Il nous faudra bien admettre qu'ayant fonctionné avec de mauvaises habitudes depuis la politique d'industrialisation et son échec, il faille en changer avant qu'elles ne nous abandonnent parce que nous ne seront plus en état de les entretenir. Ne nous précipitons pas pour autant pour nous auto flageller. L'autonomie de toute société dépend largement d'un tel processus d'apprentissage et de désapprentissage, seuls la difficulté, les niveaux de développement diffèrent.

Nous avons appris à « consommer la modernité » et appris à produire une seule marchandise dont le cours nous échappe et que de surcroît nous ne pourrons pas reproduire à un moment ou un autre. Certes, la difficulté n'était pas mince, l'écart des productivités entre l'économie internationale et l'économie nationale était trop grand pour qu'un processus d'imitation, une économie de rattrapage, puissent se mettre en place aisément comme ce fut le cas avec les sociétés d'Extrême-Orient. Nous avons imité le plus facile : la consommation et non la production. L'industrialisation n'a pas consisté en une mécanisation de métiers faisant partie du savoir faire local et répondant à un élargissement du marché. La remontée de filières n'avait pas de point de départ pour avoir un point d'arrivée. On lui donna de surcroît un mauvais point d'arrivée : le marché local qu'il fallait soutenir au lieu du marché mondial existant dont on aurait dû aussi copié les normes de production. A la différence des économies avancées nous avons eu une consommation qui n'a pas suivi notre production mais l'a précédé[3]. Keynes n'aurait jamais pu naître dans nos contrées : on ne soutient pas une demande pour créer un marché à une offre locale qui n'existe pas (c'est notre propension à importer qui s'en est trouvé accrue), et nous avons attendu que la production commande à la consommation par une substitution de productions à des importations pour finalement livrer notre demande à l'offre mondiale. Car tout compte fait, à consommer pour produire ensuite[4], c'est l'offre mondiale qui a commandé à la demande locale (et écrasé l'offre locale) parce qu'en déconnectant la demande de l'offre locale nous l'avons laissée dériver. Alors que les premières économies industrielles étaient victimes de surproduction les nôtres, pour donner aux précédentes un marché, le furent de sous-production et de surconsommation. Maintenant que leur croissance et leur demande de pétrole ne peut plus entretenir notre consommation de masse, elles risquent de vouloir capter la consommation de notre classe moyenne supérieure pour maintenir le même état de dépendance structurelle.

Si donc nous avons encore le temps et d'autres ressources, il conviendrait d'envisager la réforme de nos habitudes en vue de sortir de l'état de dépendance structurelle dans lequel nous a plongé notre aventure industrielle, avant que la conjoncture ne nous impose, comme à la société grecque, de nouvelles habitudes auxquelles nous n'avons pas et ne voudrons pas consentir parce qu'elles ne ferons que mettre à nu notre état de dépendance. Il y aurait là hélas, une espèce de volontarisme social qui ne nous sied pas beaucoup et un autre politique auquel nous avons renoncé. En même temps qu'un triomphe post-mortem des anciens colonisateurs.

Il ne faudrait donc pas que la politique dite de financement non conventionnel consiste à ne rien décider afin d'emporter des élections présidentielles. Il faut déjà se considérer en période pré-électorale et engager le débat politique. Comme pour la révolution, l'implication de la société dans les réformes à venir est seule garante de leurs réussites. Sauf si le gouvernement s'attache à obtenir par les élections une légitimité internationale pour imposer à la société des réformes qui ne conviendraient qu'aux puissances internes et externes. Que Dieu nous en garde.

Par ailleurs, il n'est pas question de douter de nos capacités d'adaptation, de sacrifices en particulier. Il y a plus d'un demi-siècle nous avions de toutes autres habitudes et préférences. Nous avons par contre conservé des comportements qui ressemblent fort à ceux d'une société qui se méfie du temps. C'est comme si nous n'avions pas confiance pour épargner, accumuler et investir, comme si il s'agissait de grappiller constamment [5]. Il faut peut être croire que nous ne voyons pas clair dans notre rapport au temps. De même vis-à-vis du collectif : tout se passe comme si nous avions plus confiance dans nos capacités à faire front individuellement à ce qui nous arrive plutôt que collectivement. L'échec de l'aventure industrielle confirme notre défiance vis-à-vis de l'organisation, du groupe après plus d'un siècle de manipulation coloniale et d'une autre qui se poursuit.

L'offre, sa loi et son élasticité

S'il nous arrivait d'admettre que le problème comporte une question de dispositions, de comportements, d'habitudes, de normes et d'institutions, et que nous nous résolvions à nous réformer, à changer d'habitudes avant d'être abandonnés par elles, par quel bout prendre les choses ? Du point de vue de l'économie du développement, il s'agit de traiter du problème de la rigidité de l'offre [6]. La thèse pourrait être résumée ainsi : nous n'avons pas les habitudes et les institutions adéquates au processus d'ajustement dynamique et vertueux de l'offre et de la demande. L'offre n'étant plus en mesure de répondre à la demande par le moyen des importations, elle ne peut le faire non plus par le moyen d'une production locale. Il résultera un ajustement (à la baisse) de la demande à l'offre (rigide), la hausse des prix enlevant aux uns pour laisser à d'autres le pouvoir d'accéder à cette offre. Le marché-automate soumis aux « lois » de l'offre et de la demande est toujours au service des « riches », de ceux qui peuvent payer. Nous ne lui avons pas préféré longtemps une administration politique de la pénurie pour rien. Le problème est ailleurs : sommes-nous en présence d'une capacité de la société à s'enrichir ou d'une tendance à s'appauvrir ? Cette économie qui voudrait autonomiser le marché, rationaliser les comportements des producteurs et des consommateurs, rééquilibrer les comptes individuels et collectifs, est-elle en voie de contraction temporaire ou durable ? L'Etat va-t-il s'endetter pour transformer la structure de la production ou étendre le pouvoir du marché sur des biens qui lui échappait ? En rétrocédant du pouvoir, aux collectivités locales ou aux particuliers, aux nationaux ou aux étrangers ?

Il est évident que la solution n'est pas à portée de main. La crise des années quatre-vingt/quatre-vingt-dix est passée par là sans résoudre le problème. La rigidité de l'offre a persisté. Les prix sont encore trop loin des conditions de la production pour être une bonne incitation. La surévaluation de la monnaie héritée d'une politique d'industrialisation qui visait à soumettre l'industrialisation à un financement externe, à « minimiser » les coûts de l'urbanisation et de la reproduction de la force de travail, a été une erreur sur laquelle on veut revenir aujourd'hui[7]. On voulait que ce soit l'Etat qui investisse et pas les particuliers et vite tout simplement. C'est en cela que la politique d'industrialisation a réussi : elle a mit hors de portée du particulier l'acte d'épargner et d'investir. La surévaluation a disjoint le prix de la marchandise importée de celle produite localement. Il n'y avait pas de comparaison ou de rattrapages possibles. Leur production a été abandonnée au lieu d'être améliorée. On a perdu le rapport, l'écart qu'il fallait résorber et on a perdu des savoirs-faires sans en acquérir de nouveaux. Les prix avaient beau augmenté, il s'agissait de ceux des marchandises importées et non de ceux de celles produites localement. Une hausse des prix n'avait donc pas d'effet d'entraînement sur la production mais seulement de réduction sur la consommation.

De la substitution du capital par le travail …

Pour que la création monétaire ne soit pas un simple rééquilibrage des comptes publics, un appauvrissement de la société et une consécration du pouvoir d'une minorité de riches sur la majorité, un dépeçage de l'héritage colonial, il faut donner aux consommateurs le pouvoir de se transformer en producteurs et aux producteurs la possibilité de vendre et de se donner un pouvoir d'achat. Il faut établir une division du travail au sein de la société, des interdépendances collectives qui nous permettent de vivre de notre travail et de contenir les échanges extérieurs. Il faudra permettre à beaucoup de producteurs de changer d'activité dans un contexte de renchérissement du facteur capital. Le processus inflationniste devra aller dans le sens d'une transformation de la structure des prix pour inciter à un changement dans la structure de l'activité qui devra être délestée des activités trop dépendantes des importations et accueillir des activités autrefois écrasées par les importations.

Une structure tirée probablement par des activités, anciennes et nouvelles, qui se seront développées dans un nouvel environnement parce qu'elles auront su exploiter toutes les ressources qu'offrent le contexte local et international. C'est une telle vision stratégique qu'il faut opposer à une simple politique de réduction des subventions.

Accepter une substitution du capital par le travail suite à une raréfaction du capital ne signifie pas tout simplement un retour à des techniques antérieures. Même si nous le voulions on se rendrait rapidement compte que de telles techniques ne font plus partie de notre stock de capital. Nous les avons trop longtemps délaissées pour qu'elles aient pu subsister. Il s'agit de faire dans le cadre des nouvelles technologies de la communication et de l'information qui offrent de nouvelles ressources à l'innovation. L'expérience ne se perd plus comme par le passé, elle se partage aussi autrement. La substitution du travail au capital ne sera donc pas un retour pur et simple à une frontière technologique antérieure, il sera question d'innovation dans le nouveau contexte technologique des révolutions de la communication et de l'information. Il sera question d'innover, au sens large et non étroit de l'innovation technologique, pour construire des nouveaux modes de production et de consommation alternatifs à ceux qui animent le processus de polarisation des sociétés auquel expose la compétition économique actuelle la majorité des sociétés dans le monde. Il ne s'agit donc pas non plus d'un projet spécifique, mais d'un autre qui s'inscrit dans celui progressiste du monde à venir. Il est trop tard pour faire simplement dans une économie de rattrapage, comme l'ont fait avec succès les sociétés extrême-orientales. Il faut des comptes équilibrés dans une société non polarisée. Des comptes équilibrés pour faire émerger une société de classes, cela ne passera pas. On ne peut plus dissocier économie de rattrapage et économie d'innovation, se contenter d'imiter et laisser le soin aux autres d'innover, il faut imiter et innover, imiter les bonnes innovations.

… et de ses conditions subjectives

Ce dont nous avons donc besoin, c'est une plus grande élasticité de substitution des facteurs de production en même temps qu'une forte politique d'innovation que permettrait une telle élasticité. L'on admet depuis Keynes en particulier que les salaires sont rigides à la baisse. Ce qui peut faire accepter aux catégories les plus vulnérables une réduction de leur pouvoir d'achat, largement soutenu de manière extérieure et artificielle, c'est la promesse de la construction d'une économie plus résiliente, d'une société toujours solidaire qui puisse engager une transformation dans les valeurs (du travail, d'égalité, d'indépendance), les habitudes (de consommation, de coopération par exemple) et les dispositions sociales (préférences temporelles). Un changement de préférence temporel suppose que s'impose le sentiment que la préférence pour le présent est suicidaire, en même temps qu'il ne s'agit pas de sauter par dessus une expérience historique pour se réclamer d'un âge d'or que nous n'avons pas connu. Il s'agit de faire avec une expérience collective, de bien faire avec. La rupture avec l'expérience collective est ce qui fait rêver d'un grand soir ou du retour à un âge d'or.

Un tel changement de préférence temporelle suppose ensuite une certaine solidarité sociale qui tienne à une certaine fluidité de la structure sociale[8]. Soit une solidarité au service de la performance et une performance au service de la solidarité. Il nous faut une élasticité de substitution des facteurs de production qui permette à la division du travail d'accroître la productivité des facteurs en même temps que la différenciation sociale stimule l'émulation et non les antagonismes. Une division technique du travail qui ne soit pas au service d'une division de classes de la société comme ce fut le cas dans le passé des sociétés avancées et qui ne peut plus être le cas pour les sociétés à venir. Dans notre société, la division sociale de classes n'a pas précédé la division technique du travail[9], il y a là une valeur qui milite en faveur d'une fluidité de la structure sociale à laquelle la société devrait rester attachée, qui fut un handicap il y a quelques siècles[10] mais qui devrait devenir un avantage au temps des droits de l'homme et de l'économie du savoir. Une valeur millénaire de nos villages et douars, une valeur d'égalité, toujours présente dans nos esprits et attitudes mais que la société de classes s'acharne à polluer.

Pour un nouveau contrat social

Je veux soutenir ici l'argument selon lequel la confiance (de la société en elle-même et en son devenir) est ce facteur de production invisible qui rend possible une bonne élasticité de substitution du travail au capital et donc une bonne répartition sociale du capital. Car l'un des facteurs principaux de la rigidité de l'offre réside dans l'inélasticité de substitution du travail au capital (et inversement). Le monde ne peut plus continuer à produire et à consommer comme il l'a fait dans le passé. Le monde se réduisait alors au monde occidental. Pour que la société accepte de revoir ses comptes à la baisse, il ne faut pas qu'une partie d'entre elles se considère comme le dindon de la farce. Il faut que la société fasse l'effort de se projeter dans un futur où chacun puisse se reconnaître. Il faut lever la tête du guidon. Ensuite la confiance se construira, la réussite aidant et l'idée de justice se précisant. Elle s'exprimera dans de nouvelles habitudes, nouvelles institutions. Nous attacher donc à ce que nous pouvons le mieux faire et non nous détacher de la société pour appartenir à une classe moyenne mondiale par la consommation et le style de vie. Il est de notre devoir de faire un certain nombre de choses par nous-mêmes. Celles qui développent nos interdépendances et consacrent notre indépendance dans celles du monde. Il nous reviendra ensuite et non pas avant, le soin de les parfaire. Tout cela suppose un état de la société autrement actif, une société qui innove, apprend les bonnes et désapprend les mauvaises habitudes, s'enrichit au sens large et non étroit.

Résumons nous : le processus de création monétaire doit être pris au sérieux, il doit viser à une création de richesses qui consiste en un double processus objectif de transformation de la structure de l'activité et subjectif de transformation des dispositions et habitudes sociales. Perdre de vue le second aspect c'est continuer à penser que la transformation sociale est l'affaire de l'Etat et non des acteurs sociaux. Cela commence à être acquis, mais pas suffisamment pourtant. On ne permet pas encore vraiment aux individus de « s'enrichir », l'Etat continue de se penser en opposition à la société, il ne fait confiance qu'à ses clientèles. Ceux que les sciences sociales anglo-saxonnes désignent comme des subalternes ne sont pas encore pris en compte. C'est au ras de l'activité sociale qu'il faut encore réformer et accorder un crédit politique. Comme pour la lutte de libération nationale, l'implication de la société dans les réformes à venir est seule garante de leurs réussites. Bref, c'est d'un autre contrat qu'il faut avec la société dont il faut débattre dès à présent et qu'il faut construire rapidement.

[1] Que résume bien l'expression « un Etat ou pays riche et une société pauvre ».

[2] Le Quantitative easing (QE) - assouplissement quantitatif - désigne un type de politique monétaire dit « non conventionnel » consistant pour une banque centrale à racheter massivement des titres de dettes aux acteurs financiers, notamment des bons du trésor ou des obligations d'entreprise, et dans certaines circonstances des titres adossés à des actifs comme des titres hypothécaires.

[3] Ce point à lui tout seul pourrait faire l'objet d'une thèse. Ici je me contenterai de l'admettre. La demande longtemps comprimée, déniée a pris sa revanche.

[4] Principe mis en œuvre par la politique d'import-substitutions qui met en avant une disposition passive de la société et ouvre la voie à une consommation mimétique.

[5] Nos constructions inachevées donnent une certaine idée de notre rapport au temps et à l'argent. Nous ne commençons pas quelque chose que nous pouvons terminer. Nous ne concevons pas d'abord et réalisons ensuite. Nous ne croyons pas qu'il faille épargner pour investir. L'air du temps (le keynésianisme importé par exemple) y est aussi pour quelque chose.

[6] La rigidité de l'offre : la production n'obéit plus à la « loi de l'offre » : une augmentation du prix n'entraîne pas une augmentation de la quantité produite. Autrement dit le producteur ne peut pas apporter au marché ce que l'importateur n'apporte plus, bien que le prix se soit accrut. Il n'y a donc pas de substitution de production à l'importation.

[7] En se justifiant de Ricardo, on a oublié que Ricardo voulait importer du blé pour exporter des produits industriels, accroître les profits plutôt que les rentes, le revenu des investisseurs plutôt que des consommateurs, libérer l'accumulation du capital et non réduire les coûts d'administration de l'industrialisation tout simplement.

[8] La fluidité sociale correspond à une situation dans laquelle la position sociale d'un individu ne dépend pas de son milieu social d'origine. Après l'échec de l'industrialisation, on retient le propos de Chadli successeur de Boumediene, selon lequel le fils de paysan restera paysan, qui manifeste le renoncement à une telle fluidité sociale et la disponibilité de la société dirigeante à une politique de classes.

[9] Autre différence avec les sociétés guerrières européennes, que celle de l'offre qui a précédé la demande.

[10] Nos sociétés furent colonisées par les sociétés guerrières qui avaient adopté la division de classes entre guerriers et paysans.