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Les harraga du web

par Hamid Dahmani

La mélancolie est la proie idéale de l'irréparable. Cette douloureuse tristesse concentre en elle-même tous les synonymes de l'amertume et de la misère qui poussent des jeunes à quitter le pays un par un en empruntant la voie maritime clandestine.

Ces jeunes au courage du lion, sont les dignes fils des grands navigateurs arabes qui dans un temps passé lointain sont partis de ces mêmes cotes pour la conquête de nouvelles terres dans des bateaux solidement armés pour faire parvenir la civilisation arabo-musulmane en Europe et ailleurs. Embarqués dans la nuit dans l'obscurité dans des embarcations hasardeuses, ils prennent tous les risques de futurs naufragés. En pleine mer ils n'ont que leurs prières et leurs grand courage pour les accompagnés.

Et dans le noir de la nuit et au milieu des vagues qui viennent secouer la barque chargée de désespoir, chaque « Harrag » doit sûrement se dire dans la tête que la misère est dorénavant derrière moi et que bientôt la liberté et la chance me souriront.

Et comme chaque jour qui passe aujourd'hui, le nombre des malheureux « Harraga » augmente et la mer méditerranée surprend et emporte chaque jour de nouvelles victimes des aventuriers maritimes, qu'on surnomme les « Harraga » (clandestins à l'émigration).

Utilisant des moyens de transports vétustes, ces voyageurs d'infortunes sont des jeunes algériens sans travail qui rêvent du bien être de l'occident.

Ces candidats face au désespoir montent à l'assaut des côtes européennes dans de petites embarcations fragiles et usées, défiants la mort et obstines par un seul objectif, se sauver ou périr pour échapper à la misère qui leurs colle à la peau. Des misérables qui aspirent à une vie meilleure proche de la dignité humaine.

Des jeunes, des adultes, des femmes et des enfants qui ont investi tous leurs biens font partis de ces voyages périlleux et risqués à la recherche d'une nouvelle patrie plus généreuse.

Ces voyageurs mal-aimés, sont des sans papiers, lorsqu'ils ont la chance d'accoster sur la rive européenne ces « Harraga » sollicitent la solidarité, le travail ou l'asile.

En parallèle ont se souvient d'une époque chargée d'histoires pas très lointaine que le même scénario, s'était déroulé de l'autre côté de la rive méditerranéenne ou des « Harraga » bien préparés a l'occupation ont utilisés la même procédure et le même chemin que les « Harraga » modernes », par la mer pour venir accoster et conquérir nos terres.

Violant nos frontières avec des bateaux armés et remplis de soldats, ils ont débarqués contre notre volonté et par la force des armes , nous ont occupés et pillés durant plusieurs décennies et dépouillés de nos richesses en déportant nos parents vers des territoires inconnus et nous privant de notre bien le plus précieux, notre liberté .

Aujourd'hui que ces « Harraga » sont dans le besoin et dont l'avenir est très incertain dans leurs états par la faute des ex- colonisateurs qui n'ont semés que le désespoir et la dévastation parmi ces peuples fragiles et abandonnés qui souffrent de ces terribles conséquences à ce jour.

L'Europe oubli son devoir de repentance et de réparation envers ces malheureuses victimes en manque d'assistance. Pire, cette dernière ferme ses portes et reste intransigeante sur le sujet et demeure indifférente à l'appel de détresse de ces émigrants indésirables qui n'ont de solution qu' »El Harga » au risque de courir tous les grands dangers…

« Ya el bahri dini maak le bled enour, rani fi bledi ghir mahgour »

Entretemps, une nouvelle vague de harraga virtuel sans flouka est apparue avec l'ère de l'électronique, c'est celle du web. Une route clandestine empruntée sans risques majeurs pour l'existence des nouveaux harraga qui préparent leur futur émigration pour s'installer du coté la rive sans dommages. Ils farfouillent partout sur internet jusqu'au petit matin et lancent des messages, font des annonces, communiquent sur des espacent pour chercher l'âme sœur qui les aidera à obtenir le visa salvateur.

Pour cela les guetteurs virtuels de web sont sur le qui vive sur la toile. Ces nouveaux harraga embarqués sur le net sont à la recherche de chattes abandonnées. Ils tchattent et chouf pendant des heures sur Internet pour attraper des « chattes » miauleuses et gourmandes. Ils fouillent les forums traversent les frontières et bavardent sur des espaces pendant des nuits blanches sans visa pour trouver une petite chatte grâce à la tchatche. Sur le web toutes les chattes sont blondes lorsqu' on les caresse dans le sens du poil nordique. L'Internet c'est la fourrière des chattes universelles abandonnées.

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