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L'éducation routière à l'école!

par Abdelhamid Benzerari

Chaque jour nous apprenons le nombre effrayant de morts, de blessés et d'handicapés à vie, survenus sur nos routes. C'est une véritable hécatombe qui ne fait que prendre de l'ampleur.

Cela est dû à plusieurs facteurs : vitesse, le nombre de véhicules en augmentation permanente, plaques de signalisations insuffisantes, l'état défectueux de certains véhicules, chaussée défoncée, incivisme, manque de feux de signalisation, conduite sans port de casque pour les deux roues, non respect ou ignorance du code de la circulation routière…plus de 1000 morts sur les routes depuis janvier 2014( le quotidien d'Oran du 21 mai), 22 accidents en 24 heures seulement à travers toute la wilaya de Sétif(El-Watan du 22 mai), et toujours le quotidien d'Oran du 27 mai qui ajoute : 60 personnes ont été tuées et 1478 autres ont été blessées dans 1170 accidents de la circulation survenus sur les routes durant la semaine du 18 au 24 mai . Que dire ? La route devient un danger de plus en plus mortel qui ne va pas s'arrêter de si tôt, malgré les sanctions prises par la gendarmerie nationale envers les chauffards .C'est cauchemardesque !

" S'il y a tant d'accidents sur les routes, c'est parce que nous avons des voitures de demain, conduites par des hommes d'aujourd'hui sur des routes d'hier ". Pierre Vaillard dans le hérisson vert.

Nous interpellons les autorités et principalement le Ministère de l'Education Nationale à s'impliquer davantage dans l'éducation routière qui doit figurer dans les programmes de notre système éducatif du préscolaire au cycle moyen. Car nos enfants, ces citoyens en herbe, futurs conducteurs de voiture, sont confrontés journellement aux grands périls de la route : sa circulation dense et périlleuse .Par des cours théoriques et pratiques, nous les sensibiliserons et inculquerons à ces chauffeurs de demain les règles de la bonne conduite.

En effet le rôle de l'Education nationale n'est pas seulement d'assurer l'instruction, mais bien de participer à la véritable formation d'ensemble des citoyens de demain.

En plus des disciplines fondamentales, l'Ecole doit aujourd'hui inclure dans le système pédagogique, des disciplines d'éveil qui doivent permettre de mieux intégrer dans la formation du citoyen les actions en faveur de l'éducation routière.

Cette éducation doit jouer un rôle déterminant dans la lutte contre l'hécatombe que nous déplorons, et les chiffres sont sur ce point sont effarants.

Il apparaît bien qu'une certaine attitude fondamentale, dans le domaine de la sécurité, doit être acquise très tôt, c'est-à-dire à l'école.

C'est pourquoi l'enseignement du code de la route doit être obligatoire dans tous les établissements scolaires du premier degré et du premier cycle du second degré.

Partagé entre, un enseignement théorique, une demi-heure par mois assurée par l'instituteur et des exercices pratiques une heure et demi par mois, cet enseignement est adapté à l'âge des enfants.

-Dans les classes préscolaires et préparatoires, on inculque à l'élève les notions dont la connaissance est nécessaire au jeune piéton.

-Au cours élémentaire est entreprise l'étude systématique des règles pratiques (précautions à prendre sur les trottoirs, usage des passages réservés aux piétons, signalisations, etc.)

-Dans les classes plus élevées, on procède à une révision des notions acquises. On étudie notamment les notions et les règles dont la connaissance est nécessaire au cycliste : le bon conducteur, le respect des droits d'autrui, l'esprit de courtoisie, équipement du conducteur, voies matérialisées, limitation de vitesse, précautions à prendre en cas de changement de voie,, de direction ou d'allure, discipline à observer dans les sections de route présentant une forte densité de circulation et dans les files de véhicules à l'arrêt, circulation de nuit, dispositions à prendre en cas d'accident…

Pour mener à bien cet apprentissage, l'Education nationale, en liaison avec tous ceux qui travaillent à ces problèmes, qu'il s'agisse de services publics ou d'organismes comme la Prévention routière, doit renforcer ses moyens:

-par la dotation de matériels audiovisuels adaptés à l'âge des élèves. Notre effort doit tendre à traduire davantage le code de la route en langage de pédagogie : " Si l'image pouvait guérir par la seule diffusion des horreurs qu'elle enregistre, il n'y aurait plus d'accidents de la route depuis longtemps. " Yvan Audouard.

-par la formation des maîtres au cours de journées pédagogiques spécialement organisées à cet effet.

En France, dans les années 70, les victimes de l'hécatombe se chiffraient par milliers de victimes. Ce qui avait contraint le gouvernement de l'époque à introduire l'éducation routière dans les programmes de l'école. Cet enseignement était sanctionné par un brevet scolaire lors d'un concours de la prévention routière.

L'examen devait permettre de vérifier les connaissances assimilées par les candidats après sept ans d'enseignement et surtout d'apprécier les tendances que ces candidats auront à se comporter correctement ou non dans la circulation routière.

Ce brevet était délivré par les inspecteurs d'académie. Il ne s'agissait donc pas d'un permis de conduire mais d'un titre scolaire.