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Etre le Roi…  pourquoi ?...   Pourquoi pas ?

par Slemnia Bendaoud

Etre le Roi, entre judicieux choix ou métier de droit, demeure une fonction ardue, pénible et très difficile à accomplir. S'y investir dès sa naissance a de quoi être des plus naturelles pour des êtres promus à la toute logique et honorable succession d'une dynastie donnée ou toute indiquée, trônant l'ampleur de son poids et hégémonie sur toute la région ou contrée.

Y prétendre en dehors de cette antichambre et famille biologique et politique tout à fait désignée, n'est qu'un leurre ou une prétention démesurée, usurpée ou inconséquente avec la nature même de l'individu qui n'y aura pas été pour l'occasion si promptement entrainé et très longtemps préparé pour. Si le premier est tout naturellement et bonnement le Roi, celui tout indiqué, le second cité, veut à contre-courant des choses être ce «Roi des rois» !? C'est de là d'ailleurs qu'est née toute cette différence.

Oui, cette différence de niveau dans la perception du titre, de la noble fonction et de la manière la plus diplomatique d'y accéder. Dans la famille royale, on y accède tout juste en tant que naturel prince héritier, bien ou mal choisi par les siens. Tandis que dans l'autre famille «plus royaliste que le Roi», l'on se fait tout simplement imposer par la grâce du «fait du prince». Dans le premier cas, on est tout à fait le Roi. Par contre dans l'autre cas, on prétend être «le Roi des Rois» sans même passer ou avoir à appartenir à la grande famille royale.

En fait, le titre de Roi, légalement partagé en choix et droit, résulte d'une longue et très ancienne histoire dont ne peuvent malheureusement se prévaloir ces «Rois-républicains» baignant dans les labyrinthes de la périphérie de la vraie monarchie, en raison de leur origine, parfois quelconque, et peu considérable stature. Au travers des grands feuillets de l'histoire, de la plus ancienne à la plus contemporaine, l'on naissait tout juste prince pour devenir tout naturellement après le Roi. Le Vrai !

De nos jours, on le devient par miracle ou par effraction politique ou sociétale. Si autrefois, l'on naquit au sein de la monarchie pour gravir un à un les échelons de la plus ancienne hiérarchie du pouvoir ; à présent, on peut devenir le «Roi» de toute une nation qui se dit pourtant ou par-dessus le marché comme Républicaine, sans être ni une vraie monarchie ni même une véritable démocratie.

Et sans même avoir l'étoffe d'un vrai Seigneur ou faux Roi, l'on commence d'abord par étoffer son staff conçu dans sa dimension la plus étendue, la plus familiale, la plus complice et factice pour bien gérer l'humeur du chef avant même de le faire pour les affaires de la communauté et de l'état, à l'effet de bien cerner et mieux considérer l'informel au dépens du nécessaire et de l'utile.

Afin de prendre tout le temps en considération le temporel au détriment de la chose durable ou évènement continu propres à la nation. En «République familiale» ou «de copinage», le Roi coopté, désigné ou rentré dans le Sérail, de force ou par effraction, a donc plus de prérogatives que le vrai Roi, régnant en véritable faux-Seigneur d'un monde qui ne le reconnait nullement en es-qualité.

Il n'est véritablement le vrai Roi que par et parmi les siens. Dans son royaume restreint et aux yeux de sa cour, non loin de sa tour d'ivoire et son immédiat pourtour. Et plus loin de là, il y a cette hypothétique république où tout le monde espère y vivre ou court à longueur de temps après ! Et si ce beau monde gâté et privilégié vit dans un parfait royaume, l'autre monde, de bas-étage celui-là, n'ouvre même pas droit à une modeste mais honorable vie dans une quelconque république.

La différence entre une bien réelle monarchie et une vraie-fausse république se situe bel et bien à ce niveau-là. Mieux encore, un Roi issu d'une lignée de famille royale, historique et ancestrale, ne gère jamais son pays avec la frousse de cette peur bleue de perdre à tout moment son trône et sa couronne.

Son valetaille, bien rodé aux bons soins de son maitre, assure bonne garde du Souverain et veille bon pied bon œil sur sa gouvernance. Le cas est donc totalement différent pour l'autre «Roi autoproclamé», ni publiquement acclamé ni légitimement réclamé !

Mais… comment devient-on le Roi sans être l'heureux lauréat d'un quelconque royaume ?

A vrai dire, existe-t-il un quelconque Roi du genre ?

Avec nos comportements malsains faits le plus souvent à dessein, nous ne faisons, en fait, que nous éloigner davantage des nobles vertus de l'histoire royale et de la bonne gouvernance !

Grace à son histoire bouleversante mais très féconde, la Grande-Bretagne dispose d'un vrai royaume –d'où son nom de Royaume-Uni - et d'une vraie démocratie en sus ! Au sein des pays Arabes, certains peuples disposent de véritables «Califats» à la place d'un vrai Roi, et peuvent donc aspirer à plus de bien-être social au lieu et place d'une toute modeste vie démocratique.

Ils peuvent tout simplement dire Merci au brut de leur sous-sol ! Tandis que dans le reste des pays musulmans, ces peuples Arabes, Berbères ou autres n'ont vraiment droit ni à ce «mieux-vivre» des premiers pays, ni même à une quelconque simulation d'une «démocratie tirée par les cheveux».

Au royaume des cancres, il n'est parfois jamais aisé d'être un quelconque illuminé ni même bon dernier de sa classe ! Si ailleurs, on se bouscule pour figurer parmi les tout premiers lauréats ou justes nominés, au sein de ces pays tout indiqués, le temps n'a plus aucune valeur pour les décider à presser le pas et augmenter la cadence dans la perspective de complètement changer de mode de vie.

Pire encore, c'est avec l'argent de leur brut qu'ils se font bruler les doigts ou taper dessus !

Que dire encore de nos partis politiques lesquels refusent catégoriquement d'enfanter le Roi ?

Quel sort faut-il maintenant leur réserver à partir du moment où ils refusent tout simplement la compétition ?

Mais pourquoi optent-ils délibérément pour cette fonction de «souteneur» au lieu de dévoiler en public la couleur de leur vraie carte maitresse ou atout ? La tète ou le nom tout désigné de leur véritable Roi ? Pourquoi font-ils ainsi barrière au franc-jeu ou jeu direct, et surtout à la vraie démocratie ?

Pourquoi alors refusent-ils de prendre part à cette compétition apparemment saine et loyale, préférant tous louer pour l'occasion ce cheval de course appartenant à tout le monde –à tout un peuple dont ils se démarquent dans les faits- et qui se dit lui-même «candidat libre» aussi libre que l'est le vent !

Si en football, l'arbitre de la rencontre tout comme la fédération disposent tous les deux de cette latitude à pouvoir sanctionner le refus de se livrer à la pleine compétition ou à la fraude contre des équipes qui «lèvent le pied» ; en politique le peuple électeur n'a que cette école buissonnière des élections pour marquer sa désapprobation au sujet ou à l'égard de cette chronique d'une mascarade électorale à répétition.

Ce statuquo politique qui profite à une génération donnée, toute atteinte par la limite d'âge ou la retraite méritée, peut-il l'être également pour ces futures générations de ce merveilleux peuple vivant paradoxalement de pauvreté dans un pays très riche en ressources naturelles et humaines ? La réponse est plutôt sans commentaire pour une gouvernance qui privilégie plutôt ce riche passé de toute nation que les affres de son présent, pour ne s'intéresser que vaguement au futur du pays, considéré comme éternelle poste restante faute de réflexions fécondes et d'initiatives intelligentes.

En fait, la démocratie Arabe a vraiment la peau dure pour facilement passer du califat à la liberté de choix et de conscience, du «tout acquis» au «tout à partager» avec les autres et autrui. Il est parfois ces mêmes structures qui ne reproduisent plus les mêmes données ou résultats.

En théorie, la démocratie à l'Algérienne n'a rien à envier à celle dite occidentale. C'est d'ailleurs de la pratique des choses qu'apparait leur différence au grand jour. Et comme le texte de droit ou de loi ne porte que sur la chose écrite ou légalement transcrite et non celle tout juste décrite, il y a tout lieu de ne rien déceler de cette différence de niveau entre les deux sociétés considérées. Et lorsque ce sont les partis eux-mêmes qui font barrage à cette très attendue démocratie, il y a comme une maldonne au plan pratique de notre toute jeune démocratie.

Un parti politique est par excellence ce cadre privilégié et tout indiqué pour «fabriquer» ou légalement enfanter le «Roi» incontesté et incontestable de toute une nation. Et lorsque cette usine-là refuse carrément de se plier à sa noble mission ou de s'adonner pleinement à sa fonction tout à fait naturelle, il y a comme un non-sens à toute pratique politique, que l'on condamne irrémédiablement à l'oubli.

Une fois que l'on est incapable de pourvoir aux besoins de sa véritable fonction, l'on perd tout naturellement la qualité et même le titre de parti politique détenu pour l'occasion ! Avec ce qui se passe chez nous actuellement au plan politique, il n'y a rien d'étonnant ! Tout est aberrant …!

Postuler après avoir nourri tant de grands projets pour tout juste se satisfaire de la fonction de simple valet au lieu et place de celle d'un véritable «Roi» respectable et très respecté, est devenu –par l'effet de leur inexplicable fatalité- le propre de nos partis d'aujourd'hui.

Un vrai cheval de trot ne fera jamais sa course à moitié. Un pur-sang-Arabe est né pour aller vite et surtout jusqu'au bout de sa course, quelque soit son trajet. Incontestablement, il est le Roi des près. Il les fait en long et en large, à la chevauchée ! Comme un cheval de course –son véritable champ de bataille-, il est très élégant, agile sur ses belles pates et très adroit pour ne jamais rater son chemin.

Pourquoi alors nos politicards ratent-ils lamentablement le leur ? Pourquoi se contentent-ils toujours de ces strapontins au lieu de postuler pour une place honorable et de choix sur un vrai champ de course où ils doivent mettre à contribution leurs meilleurs étalons ? Sont-ils encore à ce point-là incapables de tenir la comparaison avec leurs pairs venant d'autres horizons et contrées.

Tout porte à le croire lorsque l'on rechigne à faire l'effort de se porter en vrai candidat à une quelconque course de mérite pour n'accepter en fin de compte que ce modeste statut de faire-valoir en louvoyant dans la peau d'un «éternel lièvre de course» pour prétendre vivre après au crochet d'un virtuel champion se portant très bien dans l'habit d'un véritable héros avant même que la course ne soit véritablement lancée !

Bien avant même que le verdict de la course proposée ne soit lui aussi annoncé ! Ces fausses courses à répétition lesquelles nous font l'économie de faire nos pronostics, sont toutes mal lancées pour tout le temps nous lasser !

Etre le Roi, une seule fraction de seconde dans sa maudite vie, pourquoi pas ?!

Le plus difficile à faire est surtout d'essayer ! Le reste ne sera que concours favorable de circonstances ! Si le phénix est doté de cette providence à tout le temps renaitre de ses propres cendres, le vrai héros est, lui, celui qui aura vraiment cru en ses réelles chances et possibilités et surtout compétences avérées.

C'est finalement au pied du mur que l'on reconnait le vrai maçon, et c'est dans notre plein élan que l'on est à l'avance fixé sur notre rang à la ligne d'arrivée. La bonne morale à tirer dans tout cela est de tenter sa chance.

Ne jamais essayer de plutôt bloquer le peloton dans sa lancée ! En politique, on nage toujours dans le sens du courant du fleuve que l'on prend pour se rendre à notre destination finale, avec cette ferme détermination d'aller toujours au fond de son idée et non au bout de la profondeur du cours d'eau emprunté pour l'occasion! Au fond de sa pensée, au moins …