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Le genre otage de la politique

par Mimi Massiva

«Lorsqu'Adam vit Eve au paradis terrestre, il l'aima parce qu'elle faisait partie de lui-même, qu'elle était une côte de ses côtes...Ce que l'homme éprouve pour ce qui est différent de lui, c'est de la fascination et un intérêt qui s'affaiblit lorsque la nouveauté s'estompe et que l'incompatibilité devient sensible. C'est la situation où se trouvent dans notre société des femmes féminines enchaînées aux hommes. On les a rendues artificiellement différentes et fascinantes et elles finissent par n'être plus que différentes, isolées sous le toit d'un homme ennuyé et hostile…On ne peut aimer qu'un égal, car l'essence de l'amour est d'être mutuel et l'inférieur ne peut pas produire quelque chose de plus grand que lui-même.» (1)

En faisant porter le péché originel exclusivement sur Eve, les religions monothéistes ont mis en évidence la passivité du Premier Homme, un trait de caractère que le père de la psychanalyse, Freud, attribue généralement à la femme. Si au moins Eve était sortie du cerveau, coté négatif bien sûr, on l'aurait compris. Curieusement, plus on s'éloigne de l'Origine, plus le fossé des différences se creuse. Il est loin le temps barbare de la femme-déesse. Certains non seulement reprochent aux religions leur misogynie, mais les accusent d'avoir mis l'homme au centre de l'univers, un dieu à l'image de Dieu qui a pollué la nature dont dépend sa survie. Les croyances païennes étaient plus respectueuses de l'environnement et de l'équité de tous les êtres vivants quelle que soit leur espèce. C'est pour cela sans doute que l'ONU a cédé en 2010 au président bolivien et a déclaré le 22 avril journée internationale de la Terre-Mère (et du Père-Soleil). Depuis 2008, on a plus parlé des problèmes liés aux femmes qu'aux banquiers de l'Amérique à l'Europe sans oublier le printemps arabe qui a remis à l'honneur les houris terrestres, le harem. Dans le pays des Droits de l'Homme, le sultan Hollande répudie en direct sa concubine et en philosophe s'attaque au genre à l'école primaire sous la pression dit-on des Verts et de sa ministre issue de la diversité. Pendant ce temps-là d'après les statistiques, un paysan se suicide tous les deux jours et tous les trois jours, une femme est victime de la violence du conjoint. Le problème n'est pas que papa porte une jupe et que maman un pantalon, mais pourquoi ces deux tissus coupés différemment portent en eux l'alpha et l'oméga de la société humaine au moment où pour basculer d'un sexe à un autre, il suffit de payer des hormones et un bistouri. Avant d'envoyer des hommes sur la lune, les savants de la NASA ont étudié le meilleur vêtement que doit mettre le cosmonaute non pas pour faire beau face à la caméra, mais pour que le corps évolue librement et qu'en cas de problème, le costume ne soit pas un handicap. Résultat : le pantalon. On a demandé à un grand couturier quel est l'habit qui rend plus élégante la femme, il a répliqué celui dans lequel elle se sent à l'aise.

On comprend pourquoi dans son prestigieux métier, il y a surtout des hommes. Pour être à l'aise, une femme n'aurait jamais inventé la jupe serrée, la mini, les talons aiguilles les bas la gaine le soutien-gorge ferré encore moins les bigoudis, le séchoir les faux cils les faux ongles la cire à épiler le masque à momifier… et toute cette dictature du maquillage avec ses 1001crèmes poudres parfums garantis jeunesse et beauté éternelles. Ajoutons à tous ces outils de torture, la dangerosité des routes qui n'épargnent même pas les hommes plus musclés et plus intelligemment habillés. C'est que l'industrie du " beau " a un genre qui rapporte gros. On comprend pourquoi l'Oréal est la première fortune de France et le Qatar wahhabite principal actionnaire du groupe Lagardère qui possède aussi le magazine emblématique des Françaises " Elle ". Quant à l'Espagne, cette Andalousie perdue, laminée par la crise déshonorée par les scandales de la royauté, ne trouve le sésame ouvres-toi qu'en adoptant les lois arabes pour l'avortement. Certes c'est important, Genet écrit : " La sexualité est au cœur de nos problèmes et si nous n'éliminons pas le plus pernicieux de nos systèmes d'oppression, si nous ne creusons pas jusqu'au centre de la politique sexuelle et de son délire malsain de pouvoir et de violence, tous les efforts que nous pourrons faire pour nous libérer nous rejetteront dans le même bouillon de sorcière. " Mais face à un corps qui perd son sang, l'urgence n'est-elle pas de stopper l'hémorragie avant d'étudier la cause ? Quand on lit l'Histoire, les politiciens sont les plus mal placés pour parler d'égalité de justice puisque leur fond de commerce a été est et sera le péché originel qui assure leur pouvoir, cette diversion qui fait leur quiétude, ce petit chromosome Y qui d'après les généticiens à un rôle négligeable, négatif parfois pour le fœtus. Qu'on soit en Algérie ou en France, les femmes servent et desservent la " météo " du Palais Royal. Si les moudjahidate ont été renvoyées à leurs fourneaux à l'Indépendance, les révolutionnaires de la Bastille ont subi le même sort, et certaines ont dû bénir les juges pour avoir échappé à la guillotine. L'empereur Napoléon s'était montré bien ingrat dans son Code civil à l'image du régime algérien qui les a codifiées en 1984 avant de les livrer en pâture aux islamistes après 1988. Un Napoléon qui doit son ascension aux femmes et un FLN au sacrifice des porteuses de bombes. Sans parler des USA où les femmes après avoir bien servi dans les usines au profit de la Seconde Guerre mondiale ont été invitées d'endosser le rôle de la ménagère de moins de 50 ans. Dans son livre la Femme Mystifiée, la grande féministe Betty Fredan écrit : " Tout comme une civilisation de primitifs qui offrirait aux dieux tribaux ses petites filles en sacrifice, nous sacrifions nos filles à la mystique de la femme, nous la dressons davantage par la mystification de son sexe à consommer des produits et nous avons voué notre pays aux bénéfices de ces ventes. " Elle ajoute qu'étant donné que la force la plus puissante aux USA c'est le monde des affaires et que dès 1945 des sommes colossales ont été dépensées pour manipuler grâce à la publicité les femmes au foyer qui représentaient la ruée vers l'or pour le Marché. Puis comme tout évolue, la mode se démode et l'appétit vient en mangeant, vint l'ère où le salaire du mari ne suffit plus, bienvenue au salaire de l'épouse.

Parce que les enquêtes avaient révélé que " les gens savent rarement ce qu'ils veulent, même quand ils prétendent le savoir ", en 1965, 1100 directeurs d'entreprises se réunissent en catastrophe à New-York avec une seule question : comment agir sur le subconscient du consommateur ? Simple, on accapare les pages des journaux, des magazines, la TV la radio pour utiliser la psychologie des masses en faisant la synthèse des travaux des maitres de la pensée et du comportement tel que Freud, Pavlov, Riemann... (2) D'après Wikipedia, le genre est une notion abstraite intuitive. Le genre humain est dit Homo. Si le sexe se réfère aux différences biologiques entre les femmes et les hommes, le genre c'est les différences sociales psychologiques économiques démographiques politiques etc. Pas étonnant qu'il soit né dans les années 50 aux Etats-Unis dans le domaine de la psychiatrie là où on a constaté qu'il y avait dix fois plus de malades femmes que d'hommes. Il fallait attendre les féministes et des lois plus ou moins égalitaires pour " équilibrer " la cervelle féminine. Alain Soral et beaucoup d'autres affirment que même le féminisme a été manipulé et que la haute finance n'a donné son feu vert au vote des femmes qu'après avoir eu l'assurance que les gains y gagneraient avec la libération des mœurs et dislocation du couple. On parle aussi comment la manipulation a fait sauter le tabou social interdisant la cigarette aux femmes pour enrichir le lobby du tabac. Une réussite puisqu'on estime que demain le cancer des poumons tuera plus de femmes en Europe que celui du sein. Plus on parle des droits des femmes, plus elle les perd. Exemple le Parti islamique Ennahda en Tunisie, champion de la parité avec ses femmes députées qui ont remis en question la seule Constitution du monde arabe où les deux genres appartiennent à la même espèce. En Algérie depuis qu'on a parlé de parité, les femmes en politique ont quasiment disparu et nos deux ex féministes (Louisa et Khalida) ne défendent plus que la cause du Père. Quant à l'égalité des salaires, il y a des décennies qu'on en parle, des lois existent. " La parité des salaires n'a pas été réalisé dans les pays où la loi en fait une obligation. En 1957, avant que la loi ne fût promulguée dans le traité de Rome, les différences entre les salaires masculins et féminins se situaient entre 7% et 8%. En 1970, elle est plus près de 25% à 26%. Les statistiques révèlent un autre fait déprimant. Moins les femmes sont nombreuses, mieux elles sont traitées. "(3) Même quand on essaie de rectifier au mieux on paralyse au pire on aggrave. La loi sur l'interdiction du travail de nuit, sur les heures supplémentaires n'a réussi qu'à écarter les femmes des postes les mieux payés sans toucher les plus concernées par exemple les infirmières avec leur boulot de forçat et leur misérable salaire. Partout, les femmes ont les tâches les plus rébarbatives les moins rémunérées. Quant aux avantages du divorce cela ne concerne en réalité que les riches. Après la crise de 2008, on a constaté l'augmentation des divorces chez les banquiers pas chez leurs victimes. Le divorce pour une femme pauvre fait d'elle un cas social puisque à charge d'enfants, il y a que le degré qui change d'un pays à un autre. Des années 1950 à 2000, la différence entre le salaire de l'ouvrier et du patron est passée de 30% à 300%-400% sans parler de la délocalisation et du bonus. Que dire quand s'ajoute la dictature au propre et au figuré. " L'écart entre la Suisse et le Mozambique était en 1800 de 5 à 1 aujourd'hui il est de 400 à 1, ce qui n'a pas été fait en plus de 2 siècles alors que les conditions étaient favorables comment le faire maintenant alors que tout se raréfie (richesses naturelles, sagesse, inventions…) " (4) Mieux avoir une société qui fonctionne à la Zola qu'à la machette. Le président coûte deux fois plus à la France que le roi guillotiné avant l'augmentation. Sarkozy, non réélu, gagne une fortune à chaque conférence, de quelle expérience peut-il s'enorgueillir quand la presse nous affirme que les dossiers étaient traités par la " fourmi "Merkel pendant qu'il se contentait de réveiller les " identités meurtrières ". Toujours d'après la presse française, Sarko-baraka coûte aux contribuables 1,5 à 2 millions d'euros par an en plus des 6000 euros par mois. Ce n'est pas étonnant que les pays scandinaves où les politiciens sont les plus pauvres les plus discrets les moins corrompus les plus compétents, les disparités entre les femmes et les hommes n'existent pratiquement pas. Des études ont révélé que les meilleurs dirigeants sont à l'opposé des énergumènes qui sortent des urnes trafiquées ou honnêtes. C'est-à-dire loin de l'égoïsme, du narcissisme, du m'as-tu-vu, du leader charismatique… enfin les traits dits virils. IL suffit de se souvenir du sourire d'un Gandhi d'un Mandela pour s'en convaincre. On disait de Newton qu'il était tellement timide en public que la reine d'Angleterre par compassion et regret le dégageait des obligations mondaines. Et que la fabrication de la pénicilline a été retardé de plusieurs années parce que Fleming n'arrivait pas à capter l'attention ni de ses confrères ni des financiers avec son aspect fragile rêveur doux en un mot il ressemblait trop à une femme (sans être homo) pour être pris au sérieux... Le meilleur candidat d'après Obama au poste de gouverneur de la Reserve fédérale était Lawrence Summers " symbole des pires errements des milieux financiers durant la dizaine d'années qui a précédé la crise : exécuteur du Glass-Steagall Act, saboteur de toute tentative de réglementation des produits dérivés, utilisant en plus des sarcasmes et l'intimidation contre ses adversaires, jouant la banque contre l'administration… Sans compter qu'il a dû quitter l'université de Haward dont il était président , non pas comme on le dit en raison du fait avéré qu'il ait joué et perdu sur les marchés financiers 1,8 milliards de dollars des fonds de l'université, mais chassé par un vote de ses collègues en raison de sa fameuse allocution en 2005 où il prouvait que " la sous-représentation des femmes dans les carrières scientifiques était due à leur plus faible aptitude intellectuelle " (4) C'est grâce à la sénatrice Elizabeth Waren qu'il a été écarté.

Aujourd'hui, les gens sondés sont de plus en plus conscients qu'il y a un problème et que si les femmes en sont les premières victimes, elles ne sont pas les seules. Elles ne sont pas responsables puisque le système est verrouillé pour elle sauf en tant qu'objets sexuels. Un système verrouillé aux compétences aux bons leaderships à l'humanisme et à la chance pour tous. Un système ouvert aux lobbys en tous genres, aux cooptations aux manipulations à la corruption en un mot à toutes les qualités d'une " mafiocratie ". Qu'elle soit à Alger Paris Dubaï Chicago ou au Togo, dans un harem un bordel une université, derrière un bureau un fourneau un mur ou dans la rue, la femme réalise qu'elle a été bernée. L'homme également est arrivé à la même conclusion, cette prise de conscience les sauvera si la cible n'est pas déviée par les manipulateurs mentaux. Au lieu de l'IVG (interruption volontaire de grossesse) pour toutes dans un pays où il est hallal et payé aux frais de l'Etat où la pilule du lendemain est disponible dans les lycées, n'est-il pas plus urgent d'aider ces filles, souvent issues des couches populaires victimes de la pression familiale de l'ignorance. Les aider à garder leur enfant si elles le désirent, de leur expliquer la contraception si le religieux interfère. Faciliter l'adoption qui contraint certains à aller ailleurs pour devenir parents. N'est-il pas urgent de s'attaquer aux réseaux maffieux des proxénètes qui aujourd'hui font de l'Europe la plaque tournante de la prostitution mondiale ? N'est-il pas temps que la France s'interroge pourquoi les filles issues d'une immigration 2eme et 3eme génération en banlieue parisienne fréquentant l'école de Jules Ferry se sont voilé en nombre plus vite que les Algériennes de la Casbah soumises pourtant à la double épée du FIS -FLN ? Enfin la France si prodigue en lois sur l'égalité pourquoi n'exporte-t-elle pas quelques-unes en Arabie Saoudite dont Sarkozy en visite avait vanté la sagesse de la monarchie à concilier Islam et modernité.

Un pays où une fille violée n'échappe à la mort que pour être flagellée ou emprisonnée si elle a la chance d'avoir la bonne nationalité. Ou les exporter en Algérie dont Hollande en visite vantait la bonne gouvernance et la sereine démocratie. L'Algérie où les filles violées par les terroristes doivent attendre plus de deux décennies pour être considérées comme victimes si elles sont encore en état d'en profiter. De cette exportation, tout le monde en profitera pas seulement les Saoudiennes et les Algériennes parce que grâce au 11 septembre, les experts américains ont fait le lien entre le fils terroriste et le statut de la mère. Après la mondialisation des marchandises et la traumatisme de la Crise, essayons la mondialisation des droits pour tous les humains, tout le monde y gagnera même les Caïds. À trop vouloir grossir on finira par éclater comme la grenouille de La Fontaine. Le genre otage de la politique se mue automatiquement en sur-genre et en sous-genre pour brouiller toutes les pistes surtout à l'approche des élections. Après avoir tué le " bon curé ", on s'attaque au " bon père de famille " au moment où la famille constitue le seul refuge pour les plus vulnérables. Après le mariage pour tous, on oublie qu'un troisième genre a été légalisé dans la foulée sans être reconnu égal aux deux autres les homos sans parler du tabou des lesbiennes et viendra sans doute le quatrième le " trans-genre ", les caprices de la nature sont infinis. C'est vrai qu'il y a un problème du genre, mais ce n'est pas à ceux qui l'ont fabriqué de jouer à faire semblant de le régler. Pour que le garçon à l'école puisse considérer la fillette à l'abri de la théorie du genre, il faudrait que les medias qui envahissent nos foyers conditionnent notre mental impose la camisole de la pub surveillent les horizontaux et les verticaux de notre quotidien donnent simplement une image féminine plus proche de la femme réelle que de la poupée Barbie. Dans les " lobbycraties " le politicien de passage n'a pas assez d'envergure, n'a rien d'assez pour ambitionner de refaire la civilisation à sa guise. Il faut au moins un minimum de clairvoyance et il en est démuni sauf quand il magouille pour se faire élire et qu'il nous prend pour des cons. À l'image des rats enfermés dans une cage, stressés à l'aide de chocs électriques et qui finissent par se battre jusqu'à la mort. Manipulés on ne peut que conclure : " Comment concilier ce constat " qu'en général ce qui est moral ne paie pas " avec la croyance " que ce qui paie est par définition moral " ? "(5)

Note :

(1) Germaine Greer, La Femme Eunuque

(2) Pascal Hubrecht, primo-europe.org

(3) Pascal Bruckner, Misère de la Prospérité

(4) Paul Jorion.

(5) Lewis Lapham, La Montagne des Vanités