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Les frais de maison et des imprévus

par Ali Brahimi

La locution adjectivale de maison désigne des gens qui ont une rémunération pour effectuer des travaux chez un particulier ou une institution… assumant également les frais imprévus.

Ce qui est en train de se dérouler, dans les institutions du parti du FLN, ressemble à des groupes de tacherons concurrents en désaccord, avec le commissionnaire chargé des travaux, autour des taches assignées dans le cadre des réformes politiques tracées par le /ou les maîtres de la maison Algérie

Ce parti qui se prétend dévolutaire du sigle et de l'auréole (scintillante à l'échelle continentale et internationale) du prestigieux FLN qui a su à l'époque, en tant que maître d'œuvre et de l'ouvrage de la révolution du 1er Novembre, unifier et consolider les rangs des partis politiques, insuffisamment organisés et motivés, au lieu de les complexer et les tromper comme cela se passe actuellement au sein de toutes les tendances d'opposition piégées et minées depuis le début de leur création. En d'autres termes, ils ont d'emblée accepter, pour la plupart, d'exercer en tant qu'ouvriers tacherons à la solde des maîtres de la maison.

A l'image, à quelques exceptions prés, des forces d'attentistes aux aguets qui ont, dés le 19 mars 1962, détourné et dénaturé les nobles objectifs de la révolution du 1er Novembre et ceux de ses glorieux martyrs. A ce sujet, un adage dit : « Il fallait d'abord savoir comment a débuté le mal (la dérivation du fleuve de la révolution) et non de quelle façon il s'est terminé ». (Chouf kifah btet elmoussiba mahich kifah khlasset). La génération née entre 1940-1950 le sait. En effet, elle a vu comment le fleuve de la révolution a été détourné de son cours normal. En fait, le « fleuve détourné » est le titre d'un roman écrit par le défunt Rachid Mimoun qui s'est exilé, à cause du terrorisme notamment intellectuel de la décennie 1990, au Maroc lieu de son enterrement. A l'époque, l'Algérie vivait dans la douleur et le désenchantement.

Ces déceptions font suite au fameux cadeau empoisonné promis par le Général de Gaule qui remontait loin dans le passé colonial et les caractéristiques de quelques couches sociales immobilistes de l'époque. En plus, il aimait offrir des cadeaux à tous les pays colonisés en les termes prémonitoires : « je leur souhaite d'avoir du bon plaisir ». C'est-à-dire, ils vont s'embrouiller et s'entre-déchirer. Et ce serait à la France d'assumer et d'intervenir, de loin ou de prés, voire d'arbitrer et donc de choisir les meilleurs… maçons soumis et poignets liés aux dictats de la maison française et ses somptuosités.

En effet, le plaisirs du pouvoir politique sans partage en vigueur chez ces régimes, qui n'ont pas su suivre le cours normal du fleuve de la révolution libératrice des jougs coloniaux, seraient un jour entraîner bon gré malgré par les débordements des eaux en furie ( les peuples révoltés et leurs impacts) à l'image de ceux du printemps arabe, objet de jugement de valeur hâtif voire infondé afin de le polluer, qui est en réalité un profond et lent changement des mentalités durant toutes les saisons et dans tous les domaines de la vie.

En ce qui concerne l'actuelle pagaille créée, autour du printemps arabe en train certes d'exhaler, des bonnes et mauvaises odeurs, il est en train de façonner opiniâtrement la réalisation de ses objectifs car, en principe, les révolutions qui marchent, sans s'arrêter ni emprunter des détours, s'inscrivent dans le cours de l'Histoire des peuples éveillés et aptes a s'étager et s'étaler dans le temps (davantage maîtrisé) et l'espace (suffisamment protégé).

A l'image de la récente réunion geosécuritaire des chefs de gouvernement Maghrébins, à Ghadamès (Libye), de l'Algérie, Libye et Tunisie (qui a fêter cette semaine le deuxième anniversaire de sa révolution) et probablement demain le Niger (un autre foyer de service), peut-être la future capitale des minéraux rares, formant tous les quatre un bloc de surveillance des frontières. En ce qui concerne le Mauritanie et le Maroc…, c'est une autre histoire en attente des clignotants du golfe.

Entre-temps, chez-nous, des troupes de quelques jeunes gens nés après l'indépendance (40-50 ans) ne mesurent pas assez la portée de ces dangereux événements géo sécuritaires qui pèsent sur la maison Algérie. En revanche, à force de vivre dans l'isolement politique et l'accumulation des frustrations et l'occultation des angoisses, ils sont attirés par l'argent facile et le confort matériel miroité par leurs aînés qui les ont transformés en envieux. Et, donc, ils veulent leur succéder y compris avant l'heure voire par l'entremise de l'intégrisme religieux, sous toutes ses formes violentes, y compris externes à l'Algérie.

Ceux nés au cours des années 1980, dont une importante frange, se perçoivent exclus de la maison Algérie, s'intéresseraient aux divers menus travaux quotidiens payés à la journée (à la tache et à la sauvette) dont coller, en qualité d'ouvriers, des affiches pendant les campagnes électorales , sans vraiment croire à ce racontent ceux qui les payent cash et leur promettent les plaisirs du ventre (bouffetance douteuse) et qui les orientent, aux débats stériles animés par des « leaders », autour des meilleurs pieds du ballon rond qui monopolise excessivement les temps d'antenne de certains TV et radio.

Aussi, ils ne se préoccupent guère ou peu des affaires du cœur (l'amour du pays et celui lié à leur age) ni du nif (personnifiant l'honneur)- encore moins avoir suffisamment dans la tête de la jugeote et l'intelligence de saisir les enjeux et défis liés à leur époque. En clair, ils s'intéressent à la moitié inférieure de leurs corps ! Espérons que les autres franges, de cette génération, sont suffisamment lucides afin d'affronter, plus que les générations précédentes, les réalités existentielles

A propos des anciennes générations aguerries par les choses éprouvantes et les épreuves incessantes, il y a lieu de citer le défunt Chef d'Etat Houari Boumediene qui disait : « Le rôle de l'Armée Nationale Populaire est la défense de l'intégrité territoriale ». M. Abdelaziz Bouteflika, du temps où il était ministre des Affaires Etrangères, renchérit : « Il faut qu'il soit absolument entendu que L'ANP est la fidèle et digne héritière de l'ALN ».

Ces deux déclarations ont été rééditées en boucle, durant plusieurs semaines, par la chaîne télévisuelle Ennahar avec à l'arrière-plan des manœuvres militaires dans le Sahara. En d'autres termes, l'ANP est au seul service de la sécurité territoriale et donc celle du peuple Algérien. Un principe sacro-saint

Au sujet de ce qui est en train de se dérouler et se construire au Mali, au vu et au su de l'Unité Africaine, qui va payer cash l'intervention militaire de la France soutenue, l'ironie de l'histoire et du sort, par le fameux NATO ? Et qui va casquer les pots cassés ? À l'avenir, le Sahel et d'autres pays seraient dans l'œil du cyclone d'autant plus que les dunes de sable sont mouvantes Certes le rapt des otages, notamment des Français puis des Algériens., n'a que trop duré et tourmenter leurs familles et les opinions publiques respectives voire tenir en haleine les gouvernements

Ce pays sahélien risque d'être partagé en deux. Ce genre de séparatisme est le pire des scénarios. Un guêpier aux multiples alvéoles L'avenir est sombre à plus forte raison que l'intervention militaire de la France, soutenue par le NATO (l'épouvantail agité par certains régimes africains, via les informations manipulatrices, incapables de prendre les devants de la scène sécuritaire et d'agir avant que les autres interviennent) risquerait de ternir sérieusement l'image de la France en Afrique, voire chez-elle, surtout en cas d'enlisement. Ce qui n'est pas exclu

Au fait, pourquoi la France est intervenue en faveur de la révolution Libyenne dont une partie, de ses partisans, s'afficher islamiste? Allez comprendre quelques choses dans ce cafouillis. Cela dit, rien ne justifier les excès du défunt guide Libyen qui était un véritable et impénitent dictateur aux frasques et actes insoutenables. En plus, il finançait et contrôlait des chantiers et ouvrages au Sahel Africain considéré comme sa maison privée (en réalité il en avait plusieurs aux plaisirs viveurs), dont le Mali devenu l'objet des convoitises et d'appétits voraces régionaux et internationaux.

Après la chute du guide Libyen, des mercenaires Africains venus du Sud Libyen, avec armes et bagages, ont pris la direction du Nord Mali. Le Sahara et notamment, mine de rien, le Sahel Africain, recèlent des fortunes insoupçonnées du genre la caverne d'Ali Baba et les quarante voleurs. Et aussi des… 40 dangers insoupçonnés !