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La lutte contre le terrorisme doit être totale,
durable et ne pas s'accommoder d'interférences étrangères de nature à freiner
l'essence même de cette lutte. C'est, en filigrane, le cœur du débat prévu aujourd'hui
à Alger entre les chefs de la diplomatie des pays de la zone sahélo-sahélienne.
Les ministres des Affaires étrangères des six pays riverains de cette vaste région d'Afrique, hantée par la présence dangereuse de bandes terroristes, doivent ainsi discuter des moyens de renforcer la lutte contre ce fléau transnational. Le thème de cette rencontre est d'autant d'actualité qu'il intervient au lendemain d'une autre rencontre importante organisée à Alger sur les moyens de lutte contre les réseaux de financement des groupes terroristes. Et, à ce niveau, le message délivré à Alger est on ne peut plus clair : la guerre contre cette gangrène qui mange beaucoup de régions du monde ne saurait se concevoir avec des ingérences dangereuses et intempestives de nations plus soucieuses de la vie de leurs ressortissants que de celle de milliers de personnes, voire de la sécurité et de la stabilité de régions entières. Les exemples de cette déviance dans la lutte contre le terrorisme sont proches dans le temps et dans l'espace pour marquer les lignes rouges à ne pas franchir par certains Etats, eux-mêmes menacés et en prise avec le danger terroriste. Le conclave d'Alger sur la lutte contre le terrorisme dans la bande sahélienne doit ainsi ne plus faire l'objet de sentiments nationalistes étroits ni de concessions de nature à compromettre des stratégies coûteuses, élaborées dans la douleur. L'exemple de l'élargissement par le Mali de terroristes d'Al-Qaïda au Maghreb contre la libération d'un ressortissant français est de ceux qui sapent dangereusement les efforts de pays dans leur lutte contre l'éradication du terrorisme, et, plus, affaiblit leurs capacités psychologiques de défense contre cet ennemi insidieux. En réalité, il est attendu des pays dont les ressortissants sont de la monnaie d'échange pour les groupes terroristes qui écument la zone sahélo-sahélienne, qu'ils s'adaptent à la stratégie mise en place par les pays de la région pour combattre le terrorisme, les assister et leur fournir l'aide nécessaire, au lieu de gérer eux-mêmes par une intolérable ingérence une situation de crise en faisant d'inadmissibles concessions financières aux groupes terroristes. Combattre l'ingérence des pays occidentaux dans la gestion des affaires de terrorisme est devenu pour les pays qui font face au fléau une pénible punition, car, selon un spécialiste algérien, cette ingérence étrangère «complique l'équation sécuritaire». Les données du problème sont simples : comment faire comprendre aux pays du Nord de cesser leurs ingérences et collaborer plus efficacement avec les pays en lutte contre le terrorisme. Pour qu'il n'y ait plus de rançons à payer, plus d'otages à libérer et plus de groupes terroristes à combattre. |
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